‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 61 sur 120 · SIR GEORGE PREVOST · texte numérisé non relu

SIR GEORGE PREVOST

Sir George Prévost.-—lLle lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse fut appelé au gouvernement du pays. Sir George Prévost arriva à (Juébec le 13 septembre 1811. D'origine suisse et général dans l’armée anglaise, le nouveau gouverneur était d'un caractère tout différent de celui de son prédécesseur. 11 s‘employa dès le début à calmer les esprits et à faire revivre la confiance mutuelle si fortement ébranlée par Craig. Il fut assez habile pour ne pas heurter de front la parti canadien en Chambre, il réussit même à l’affaiblir en nommant Pierre Bédard, juge aux Trois-Rivières, et Bourdages, colonel de milice. La guerre avec les États-Unis s’annonçant prochaine il était de bonne politique de ramener la concorde et l’harmonie des groupes en vue d’une action commune bientôt nécessaire. Prévost sut comprendre la vé-

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ritable situation créée par Craig et il sut encore mieux en réparer les injustices ; les circonstances lui furent d’ailleurs favorables. Le parti au Pouvoir, toujours inspiré et dirigé par Ryland, n'avait Pourtant pas désarmé et le secrétaire, relégué au second plan par sir George, pour- Suivit dans les couloirs du ministère à Londres sa cam-

pour l'avantage de l'Angleterre. La guerre terminée, Prévost dut se défendre contre les délations de l'amiral sir James Yeo, qui lui attribuait la

Sessions de Buerre. — Dès Ja session de 1812, la législature s’empressa d’amender la loi des suspects de

sinon nécessaire en temps de guerre. Prévost avait cependant mieux que la loi pour amener le peuple canadien à faire tout son devoir, il avait la force de persuasion et la puissance des bons procédés. Tout le temps de la guerre le parlement vota de larges sommes pour la dépense militaire: le numéraire étant devenu rare, les deux Chambres s’entendirent Pour émettre des bons de l’armée, Ce Papier-monnaie fut reçu avec faveur par le peuple, ce qui permit au 8ouvernement d'organiser efficacement la défense du pays. Le Souverneur fut de plus autorisé à lever un Corps de milice et au besoin à appeler Sous les drapeaux tous les hommes d’âge militaire.

En 1812 les juges Sewell et Monk furent mis en accusation à la Chambre basse, pour s'être arrogé les prérogatives des législateurs en établissant, d'autorité, des règles de procédure portant sanction pécuniaire. Dans un long réquisitoire, la Chambre demanda à Londres leur déchéance de la magistrature; on leur reprochait surtout d’avoir poussé l’ancien gouverneur dans la voie de l'arbitraire et du despotisme. Cette affaire demeura en suspens durant la guerre. La Chambre proposa d'imposer une taxe de guerre sur les salaires des employés civils, mais le Conseil législatif naturellement s’y opposa. Comme on le voit les causes de conflit ne manquaient pas, mais la lutte parlementaire fut suspendue pour la durée de la guerre. C'était pourtant simple partie remise.

Les sauvages.—]la division du Canada en deux provinces, avantageuse peut-être au point de vue politique, avait bien ses inconvénients pour les intérêts économiques du pays. Elle n’était pas davantage conforme aux intérêts des nations sauvages que les habitudes de vie nomade avaient dispersées un peu partout sur les vastes territoires de l'Ouest. Les s:uvages échappaient ainsi pratiquement à tout contrôle ues autorités et ceux qui les fréquentaient pour le commerce des pelleteries n'étaient pas davantage soumis aux lois et à la police des provinces.

Sous Prescott, le Haut-Canada fut chargé des intérêts des sauvages et de la surveillance au moins sommaire des territoires occidentaux. Aucun contrôle ne fut jamais bien efficacement exercé, et l'Ouest canadien resta longtemps fermé à tout développement politique, économique et social. A la session de 1801, l’on tenta d’abolir l'esclavage par une loi; mais les Anglais prétendirent qu'il était préférable de ne point légiférer en cette matière et de laisser l'esclavage disparaître par la seule évolution des idées et des habitudes sociales de ce pays.

Emplois publics.—Depuis la conquête les Canadiens avaient souvent été oubliés dans le partage des fonctions publiques. Tant que l’Angleterre supporta à peu près toute la dépense, elle pouvait bien choisir ses

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