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toujours à sa politique du blocus. Les États-Unis avaient alors un prétexte, sinon une bonne raison, de déclarer la guerre, comme d'ailleurs le demandait le parti au pouvoir conduit par Jefferson. La jeune Amérique, à tendances démocratiques, était assez favorable à l'empereur des Français dans sa Campagne de destruction des trônes. Voulut-on participer à cette œuvre ? Quoi qu'il en soit la guerre fut déclarée le 18 juin 1812 et le Congrès résolut d'attaquer l'Angleterre dans sa Colonie d'Amérique. Le Canada, faiblement secouru par la métropole, entreprit Sa propre défense ; ce fut donc vraiment la guerre canadoaméricaine.
Plan de Campagne.-—[l'invasion du Canada. une fois décidée par le Co igrès, fut confiée au général Dearborn. Trois corps d'armée furent vite mobilisés pour faire notre conquête. Le général Hull à la tête de l’armée de l’ouest devait atfaquer par le Détroit ; le général Rensselaer, avec la division du centre. se porterait sur Île Niagara, tandis que le général en chef, à la tête de l’armée du nord, pénétrerait dans le Bas-Canada par le Richetieu, Ce Plan bien concu fut assez mal exécuté, faute d'unité d'action et de va'eur militaire. De son côté le général Prévost organisa la défense du pavs avec que!ques régiments de réguliers et les milices levées par ordre de la législature. Il confia le commandement des armées du Haut-Canada au général Brock, depuis peu lieutenant- Souverneur, homme de décision et de valeur. Prévost prit le commandement des forces bas-canadiennes, composées de régiments écossais, les “Roval Fencibles” et des milices canadiennes, enrôlées volontairement, tels les voltigeurs de Salaberry.
L’invasion dans l’Ouest.—Ies Américains se portèrent d’abord à l’attaque dans le Haut-Canada, estimant sans doute la conquête plus facile de ce côté. Hull. avec 2,000 soldats, entre au Détroit, s'empare de Sandwich le 12 juillet et dévaste le pays jusqu’à Moraviantown, cependant que les petites garnisons anglaises, trop
GUERRE CANADO-AMÉRICAINE 345 in faibles pour résister à l’envahisseur se concentrent à Am- En herstburg. Le général américain lança alors une proclavoir ices
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nombreux colons américains, établis dans la province. Brock avait dû proroger les Chambres à cause du peu d'entente de la députation et la loi martiale avait été proclamée. Brock tenait en défiance législateurs, magistrats et miliciens ; ces derniers montraient beaucoup d’insubordination ; l’action décisive du général anglais ramena bientot toutes les factions au sentiment de la loyauté et du devoir envers le pays.
Aux premières nouvelles de la guerre, Brock se rendit au fort George où il prévint les desseins de Rensselaer, puis atteignit bientôt le Détroit, où, à la tête de 700 soldats tant réguliers que miliciens et de 600 sauvages, il imposa à Hull la capitulation du fort défendu par 2,500 hommes. Le général américain, une trentaine d'officiers et des centaines de soldats furent envoyés prisonniers à Montréal, d’où on les renvoya en leur pays sur parole. Durant ce temps la garnison de Michillimakinac s'était rendue au capitaine Roberts commandant quelques milices canadiennes. L'invasion avait tourné à l'avantage du Canada et agrandi le territoire de l'Ouest. Brock, laissa au colonel Proctor, qui l’avait puissamment aidé, le soin de conserver les territoires des grands Lacs et il revint lui-même faire face aux envahisseurs du centre.
Armistice et préparatifs. Pendant que ces événements se passaient aux frontières de l'Ouest, Prévost reçut la nouvelle que l’Angleterre venait de révoquer ces fameux ordres en conseil, prétendues causes de la guerre : il demanda une suspension d'armes. Le général Dearborn consentit à se tenir sur la défensive en attendant les instructions du Congrès. Le Congrès décida de continuer la guerre quand même et l'armistice prit fin le 30 du mois d'août. Cet arrêt des hostilités avait cependant permis aux Américains d'organiser leur flotte des grands Lacs; car, dès le début, il avait apparu que l'avantage resterait à celui des adversaires qui aurait à sa disposition la plus forte marine sur les lacs Érié et Ontario ; l'avenir démontra qu’il devait en être ainsi.
Victoire de Queenstown.-— À |: reprise de la guerre les Américains ne furent pas heureux sur la