SIR GORDON DRUMMOND
Nouvelles causes de malaise.—]a paix était à peine rétablie avec nos voisins que de nouvelles luttes s’'annonçaient à l’intérieur. Dénoncé par l’amiral Yeo. à la suite des défaites de Sackett’s Harbour et de Plattsburg, sir George Prévost repassa à Londres en 1815 et fut temporairement remplacé par sir Gordon Drummond
canadien de naissance, Le peuple de cette province, très sympathique à Prévost, fit de pressants appels au régent en faveur du gouverneur, que l’on disait plutôt victime des jalouses aber de l'amiral. On profita de l’occasion pour faise connaître au ministère l’état des affaires du pays: “la constitution présente, disait-on, est capable de donner le bonheur à cette province, mais l’administration est mauvaise ; les emplois vont aux seuls Anglais, les Canadiens sont traités en étrangers chez eux : les conseillers ne devraient-ils pas être choisis au sein de l'Assemblée ?—principe du gouvernement responsable. On craint les Canadiens et pourtant leurs intérêts sont les mémes que ceux de la mère patrie pour la défense du pays. Ces adresses restèrent sans réponse satisfaisante. À la reprise des sessions (1816) le gouverneur communiqua à la Chambre la décision du Conseil privé concernant les accusations portées contre les juges Sewell et Monk. On reconnaissait à ceux-ci le droit d'établir des règles de pratique ; quant à l'accusation d’avoir mal avisé l'ancien gouverneur Craig le ministre avait trouvé que les preuves manquaïient. La Chambre voulut en appeler de cette décision des aviseurs royaux au prince régent, mais, sur instruction du ministre Bathurst qui avait prévu cette démarche, elle fut dissoute le même jour et l'appel au peuple proclamé. Le peuple réélut presque tous les mémes hommes, approuvant ainsi la conduite du dernier parlement. Drummond ne put s'empêcher de faire savoir à ses chefs la mauvaise influence qu'avait eue cette dissolution inopportune. Le malaise, qui régnait à la Chambre, se manifestait dans la population et la conduite du ministère n’était pas de nature à calmer les esprits.
Activité en Chambre et au dehors. Sous Drummond la Chambre employa son temps à la discussion de l'affaire Sewell-Mouk. et lorsque le gouverneur Convoqua les députés dans la salle du conseil pour terminer la session, une seule loi fut présentée à sa sanction. JI est vrai que le Conseil législatif avait.par taquinerie plutôt que par conviction, rejeté plusieurs mesures adoptées par la Chambre basse.
En 1816 l'Angleterre rétrocéda aux États-Unis les forts
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