DU RE ET
GUERRE CANADO-AM ÉRICAINÉ
vainqueurs. Drummond tenta de faire le siège du fort Érié mais il fut repoussé vigoureusement par le général Brown, le prétendu vainqueur de Lundy's Lane, qui de nouveau se donna le plaisir d'abandonner lui-même le territoire qu’il défendait et évacua bientôt le fort Érié. Et c’est ainsi que la guerre se termina dans le Haut-Canada, sans cause apparente, sinon que du côté anglais, la maladie, le manque de vivres et de ressources empéchérent la résistance effective. d'autant que Drummond était laissé à lui-même et impuissant à induire les milices de la province à faire de nouveaux sacrifices.
Défaite des Anglais.—]'Angleterre s'était enfin décidée à envoyer du secours à sa colonie fortement menacée et au printemps plusieurs régiments débarquaient à Québec. Prévost, qui ambitionnait, dit-on, de porter la guerre jusqu'à New-York, Organisa son armée en vue d'une première expédition du côté du lac Champlain. Une armée, composée en grande partie des vétérans anglais des guerres de Napoléon, se mit en marche pour Plattsburg. Prévost. qui la commandait, voulut d’abord s'assurer de la suprématie navale sur le lac Champlain et le jeune capitaine Dawnie, nouveau commandant de la flottille anglaise. reçut ordre de livrer bataille à la marine américaine (11 septembre). Ce fut un désastre comp'et pour les Ang'ais. Prévost ne crut pas devoir tenter sur terre une nouvelle attaque contre les forces pourtant bien inférieures du général Macomb et ordonna la retraite des troupes anglaises.
La défense des deux provinces, faite par quelques troupes régulières et des milices du Davs, avait été autrement glorieuse que cette offerisive d’une armée européenne bien disciplinée. Il faut dire que le général Prévost ne montra en cette occasion aucune des qualités militaires de Brock, de Drummond et de Sa'aberrv. La faute cependant réside moins dans sa retraite devant l'ennemi que dans son manqve de Préparation navale sur les lacs. Le duc de Wellington approuva la retraite de Prévost après sa défaite navale : mais il reste vrai ajouta-t-il, que la marine ang'aise avait dü Evrer bataille dans des conditions désavantaseuses et ce'a aurait dû être prévu
sr dope
2H stars gite
| qi
350 CILAPITRÉ XXII
par le général. D'autre part l'offensive dans les circonstances parait avoir été une grave erreur. Il ne s'agissait pas de faire la conquête des États-Unis, mais bien de
défendre le Canada.
Le traité de Gand.—Après ia défaite de Plattsburg, l’Angleterre ne désirait pas moins la paix que les États-Unis. Pour ces deux pays la guerre avait été peu glorieuse et sans résultats appréciables. Le traité de paix, signé à Gand le 24 décembre 1814, fut ratifié à Washington le 18 février de l’année suivante. Il rétablissait le statu quo d'avant la guerre et aucun des casus belli ne fut mentionné au traité. Les États-Unis n'eurent pas beaucoup à se glorifier de leurs armées ni de leurs chefs. Les deux grandes invasions, préparées avec ostentation et des forces bien supérieures, se terminéèrent misérablement. Seuls les quelques régiments de défense, les milices canadiennes et les chefs tels que Brock, Harvey, de Salaberry, Drummond se sont couverts de gloire et ont démontré une fois de plus que le nombre n'est pas le seul facteur de la victoire, que ce n'est même pas le principal.