SIR JOHN COAPE SHERBROOKE
Habile gouverneur.—l)rummond ne fut qu'une année au pouvoir, et lord Middvy ayant décliné la charge de gouverneur, l'administrateur de la Nouvelle-Écosse sir John Sherbrocke fut nommé à cet emploi. À son arrivée (12 juillet 1816) Sherbrooke put constater que la dernière dissolution de la Chambre avait plus soulevé le peuple que fortifié le pouvoir. Son court passage de deux ans aux affaires de l'État a été marqué par un grand sens politique et une parfaite rectitude de jugement. En dépit de l’âge et d’un mauvais état de santé. Sherbrooke déploya beaucoup d'activité, et fit de la bonne besogne. Il sut prévenir les animosités malheureuses et les causes de discussions dangereuses. La récolte ayant manqué en 1816, il organisa des secours pour le peuple ; il demanda à l’évêque de faire enquête sur les besoins des campagnes et donna de l’aide à plus de quarante paroisses éprouvées. Ses instructions lui ordonnaient de soutenir le juge Sewell, mais il avertit le ministère que ce personnage était devenu fort impopulaire ; il fut donc autorisé à tenir une enquête sur la conduite de ce magistrat, si les accusations contre lui étaient renouvelées ; elles ne le furent point. Il suggéra aussi plusieurs mesures de réforme pour calmer l'agitation et faire cesser le mécontentement populaire. Il fit nommer Mgr Octave Plessis au Conseil législatif ; l’évêque de Québec y siégea rarement. Le gouverneur proposa aussi Papineau comme membre de l’exécutif ; il voulait que le président du