PRÉFACE. IX
pouvoirs, pour des droits et pour des priviléges toujours contestés > tout attache dans le spectacle animé de ces joutes paisibles de l'intelligence et de la raison, qui ont pour objet l'amélioration d’un pays et le bien-être de ses habitants. Cette partie de notre tâche ne sera ni la moins difficile ni la moins importante,
(A la cause que nous avons embrassée dans ce livre, la conservation de notre religion, de notre langue et de nos lois, se rattache aujourd’hui notre propre destinée. ) En persévérant dans les croyances et la nationalité de nos pères, nous nous sommes fait peut-être l’ennemi de la politique de l’Angleterre, qui a placé les deux Canadas sous un même gouvernement, pour faire disparaître ces trois grands traits de l’existence des Canadiens, et peutêtre nous sommes-nous attiré aussi par là l’antipathie de nos compatriotes, qui sont devenus les partisans de cette politique. Nous pouvons dire toutefois que dans tout ce que nous avons écrit, nous n’avons été inspiré par aucun motif d’hostilité contre personne. Nous n’avons fait qu'écouter les sympathies profondes de notre cœur pour une cause qui s'appuie sur ce qu’il y a de plus saint aux veux de tous les peuples.
Nous n’ignorons pas les conséquences qui résultent pour nous de cet attachement à des syÿmpathies répudiées. / Nous savons qu’en heurtant de front les décrets d'une Métropole toute puissante, nous allons nous faire regarder par elle comme le propagateur de doctrines funestes et par les Canadiens ralliés au gouvernement qu’elle nous impose, comme le disciple aveugle d’une nationalité qui doit périr. Néanmoins malgré cette répudiation, nous sommes consolé par la conviction que nous suivons une voie honorable, et nous sommes sûr que, quoique nous ne jouissions pas de tout l'éclat de la puissance et de la fortune, le conquérant ne peut s’empêcher de respecter le motif qui nous anime, )