‹ Histoire du Canada [microforme] (volume 5)Chapitre 11 sur 56 · DB O · texte numérisé non relu

DB O

décembre à Boyagoulas. 11 remonta le Mississipi sur des berges et parvint jusque sur la rivière Noire, qui se décharge dans la rivière Rouge à dix lieues de son embouchure, dans le sein même de leur pays. A la première nouvelle de sa marche, la division se mit parmi les malheureux Natchés. Au lieu de réunir leurs guerriers ils les dispersèrent ; une partie alla chez les Chicachas, une autre resta aux environs de leur ancienne bourgade, Quelques-uns se retirèrent chez les Ouatchitas, un plus grand nombie s’éparpilla dans le pays par bandes, ou se tint à quelques journées de distance ; le reste enfin avec le Soleil et les autres principaux chefs se renferma dans le fort devant lequel les Français vinrent asseoir leur camp. Intimidés ‘par les seuls apprêts de l’attaque, ils demandèrent à ouvrir des conférences. Perrier retint prisonniers les chefs qu’on lui députa pour parlementer, et surtout le Soleil, qu’il força d’envoyer un ordre aux siens de sortir de la place sans armes. Les Natchés refusèrent d’abord d’obéir à leur chef privé de sa liberté; mais une partie s’étant ensuite rendue à ses ordres, les autres, voyant tout perdu, ne songèrent pus qu’à saisir Poccasion d'échapper; ce qu’ils effectuèrent en profitant d’une nuit tempêtueuse pour sortir du fort avec les femmes et les enfans et se dérober à la poursuite des Français.

Perrier de retour à la Nouvelle-Orléans, envoya en esclavage à St.-Domingue tous ceux qu’il ramenait prisonniers avec leur grand chef, le Soleil, dont la famille les gouvernait depuis un temps immémorial et qui mourut quelques mois après au cap Français. Cette conduite irrita profondément les restes de cette nation orgueilleuse et cruelle, à qui la haine et le désespoir donnèrent une valeur qu’on ne leur avait point encore connue. Ils coururent aux armes, ils se jetèrent sur les Français avec fu:eur, ils combattirent vaillamment ; mais ce désespoir ne fit qu'honorer leur chute et révéler du moins un nobie cœur. Ils ne purent lutter longtemps contre leurs vainqueurs, et presque toutes leurs bandes furent détruites. - St-Denis leur fit essuyer la plus grande défaite qu’ils eussent éprouvée depuis leur déroute par Lesueur. Tous les chefs y périrent. Après tant de pertes ils disparurent comme nation. Ceux qui avaient échappé à la servitude ou au feu se réfugièrent chez les Chicachas auxquels ils leguërent leur haine

et leur vengeance. Ainsi finit une guerre qui amena une révolution dans les affaires de la compagnie des Indes, et IE! qui fit retrocéder au roi la Louisiane et le pays des Illinois en Il | 1:31.

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