M HISTOIRE DU CANADA
hommes, sortie avec les honneurs de la guerre, était demeurée prisonnière, le vainqueur permettant aux officiers des troupes et aux volontaires canadiens de garder leurs armes comme un témoignage honorable de leur courage.
Les succès inespérés qui couronnaient ainsi la cause des Américains dès son début, leur coûtèrent à peine quelques soldats, en comptant même ceux qu’ils perdirent à la Longue-Pointe près de Montréal, lorsque le colonel Allen et le major Brown voulurent surprendre cette ville à la tête de 300 hommes, en l’attaquant des deux côtés à la fois et en profitant des intelligences qu’ils avaient dans ses murs. Cette entreprise hardie manqua faute de pouvoir coordonner les mouvemens. Allen seul put traverser dans l’île à la tête de 110 hommes. Rencontré par le major Carden, sorti de Montréal avec 300 volontaires canadiens et une soixantaine de soldats et de miliciens anglais, * il fut cerné, battu et fait prisonnier avec une partie de ses gens, et lui-même envoyé en Angleterre chargé de chaînes. Pendant le combat les généraux Carleton et Prescott se tenaient dans la cour des casernes de la ville avec le reste des troupes, le sac sur le dos, prets à s’embarquer pour Québec si les royalistes étaient battus. Cette victoire ne retarda néanmoins la retraite du gouverneur que de quelques jours ; car le général Montgomery n’avait pas été plutôt maître de St.-Jean qu’il avait poussé ses troupes en avant vers Montréal, Sorel et les Trois-Rivières, et ces troupes avaient marché avec tant de rapidité qu’elles avaient failli le surprendre sur plusieurs points de sa route. La défection des habitans et la retraite du colonel McLean l’avaient laissé presque sans défenseurs au milieu de cette ville. $e voyant abandonné, il s’était jeté sur quelques petits bâtimens dans le port avec une centaine d'officiers et soldats et quelques habitans pour descendre à Québec lorsque des vents contraires l’arrêtèrent à La Valtrie, à quelques lieues de Montréal, et le danger augmentant, l’obligèrent à se déguiser en villageois et à monter sur la berge à rames d’un
* Memoir of colonel Ethan Allen.—Une trentaine de marchands anglais seulement voulurent marcher, les autres refusèrent : Mémoires de Sanguinet, — C’est là, dit ce royaliste, où l’on reconnut le plus ouvertement les
traîtres. (Manuscrit).
cabotteur, le capitaine Bouchette, pour continuer rapidement sa route au milieu de la nuit. Il ne s’arrêta que quelques heures en passant aux Trois-Rivières, où il parut en fugitif comme le colonel McLean quelques jours auparavant, et seulement accompagné du chevalier de Niverville et de M. de Lanaudière, et en repartit au moment où les Américains allaient y entrer.*
Pendant que le gouverneur était en fuite, Montréal avait ouvert ses portes au général Montgomery, à qui les faubourgs protestèrent de leur syripathie pour la cause de la révolution.
La ville des Trois-Rivières, dépourvue de soldats, suivit l’exemple de Montréal. Les citoyens envoyèrent des députés demander au général américain de les traiter comme il avait traité ceux de Montréal. Montgomery répondit par écrit qu’il était mortifié qu’ils eussent des craintes pour leurs propriétés ; qu’il était persuadé que les troupes continentales ne se rendraient jamais coupables même d’une imputation d’oppression ; qu’il était venu pour conserver non pour détruire, et que si la Providence continuait à favoriser ses armes, il espérait que cette province heureuse jouirait bientôt d’un gouvernement libre. Une partie de la population anglaise se joignit alors aux insurgés, et les Canadiens, ralliés à la révolution, désarmèrent les royalistes de cette petite ville. Les Américains qui descendaient à Québec dans la flotille qui avait descendu le gouverneur à la Valtrie, et qu’ils avaient enlevée sans coup-férir, rencontrèrent le corps du général Arnold à la Pointe-aux-Trembles. Le colonel Arnold qui trahit ensuite la cause de sa patrie, avait été marchand de chevaux. Il tenait de la nature un corps robuste, un esprit ardent, un cœur inaccessible à la crainte. Dans les circonstances fàächeuses où il s'était souvent trouvé, il avait acquis une assez grande connaissance des hommes, qualité qui compensait chez lui le défaut d'éducation. Une grande réputation Ae courage ct de talens militaires le fit choisir par Washingwon pour commander le corps qui devait se détacher de son armée devant Boston, et pénétrer par la rivière Kénébec et la rivière Chaudière jusqu’à Québec, suivant le plan dont on a parlé plus haut. Ses instructions « comme celles du général Montgomery, étaient
* Journal tenu aux Trois-Rivières en 1775-6 par M.E Badeaux, rotaire et royaliste. —( Manuscrit.)
politiques, péremptoires et pleines d'humanité. On lui défendait de troubler sous aucun prétexte la tranquillité des Canadiens ni de blesser leurs préjugés. On lui ordonnait de respecter leurs observances religieuses, de payer libéralement toutes les choses dont il pourrait avoir besoin, et de punir avec rigueur les soldats qui commettraient des désordres. Il devait poursuivre et harceler les troupes anglaises et prendre garde de faire quelque chose qui pât rendre le peuple hostile à la cause américaine. Il mit six semaines à traverser la chaîne des Alléghanys et à se rendre de Cambridge à Québec. Il traversa le fleuve audessus de cette ville, au Foulon,et parut le 13 novembre, dans les plaines d'Abraham avec 650 hommes seulement sur plus de 1000, infanterie, artillerie et carabiniers, avec lesquels il s’était mis en route. Obligé de traverser un pays complètement sauvage et de suivre des rivières remplies de rapides et de dangers, il n’avait pu surmonter tous ces obstacles qu’en sacrifiant la plus grande partie de ses munitions et de son bagage, et en se réduisant à vivre de fruits sauvages et de feuilles d’arbres. Arrivé à la source de la rivière Kénébec, il renvoya les malades et tous ceux qui ne se sentaent pas la force ou le courage de le suivre plus loin. Trop faible pour attaquer Québec seul, il remonta la rive gauche du St.-Laurent jusqu’à la Pointe-aux-Trembles pour opérer sa jonction avec le général Montgomery qui descendait suivi de quelques centaines d’hommes seulement. Les deux corps réunis ne formant encore qu'environ 1000 à 1200 soldats, se rapprochèrent aussitôt de la capitale canadienne, qu’ils investirent dans les premiers jours de décembre.
Le gouverneur y était rentré le 13 du mois précédent, après avoir manqué une troisième fois d’être pris à la Pointe-aux- Trembles, où il avait voulu mettre pied à terre, et n’avait eu que le temps de se sauver pour échapper aux troupes du colonel Arnold qui pénétraient dans ce village. Il trouva la population de la ville partagée en deux camps, et fort indécise sur le parti qu’elle devait embrasser. Il y avait eu déjà plusieurs assemblées. Le 12 novembre il s’en était tenu une dans la chapelle du palais épiscopal, pour discuter la question de savoir si l’on devait défendre la ville. Le colonel McLean qui arrivait, apprit en débarquant qu’elle délibérait ; il entra dans la chapelle et
trouva un nomme Williams, le premier signataire de la pétition des marchands anglais de 74 au roi, qui tâchait, du haut de la chaire où il était monté, de persuader aux habitans de livrer la ville aux armes du congrès ; le colonel McLean le fit descendre, dissuada l’assemblée de suivre un aussi lâche conseil et la congédia. Le bruit courait alors que les citoyens anglais avaient préparé une capitulation pour l’offrir au colonel Arnold. Aussitôt que le gouverneur fut rentré dans Québec il fit tout ce qu’il put pour mettre cette ville en état de défense, et pour encourager les citoyens à faire leur devoir en restant fidèles au gouvernement. Il assembla la milice bourgeoise et en parcourut les rangs en commençant par les Canadiens qui occupaient la droite, et auxquels il demanda s’ils étaient résolus de se défendre en bons et loyaux sujets ; tous répondirent affirmativement par des acclamations ; les miliciens anglais en firent ensuite autant. Mais comme il restait encore quantité de gens mal affectionnés qui désiraient le succès de la révolution, le gouverneur ordonna, le 22 novembre, à tous ceux qui ne voulaient pas prendre les armes de sortir de la ville, voulant se mettre à l’abri de la trahison et se débarrasser
des bouches inutiles. Quantité de marchands anglais, Adam Lymburner à leur tête, se retirèrent alors à l’île d’Orléans, à Charlebourg et dans d’autres campagnes en attendant, pour crier vive le roi ou vive la ligue, le résultat de la lutte.
APPENDICE
Page 104.—ETAT ABn: -£ du contenu au Rolle des familles de la colonie de la Nouvelle-France.
Québecisssssocoonosnonsononncnoosossocnsosossc ob sos oss Beaupré sssssessessssossosoooosnnescsnnossscssosscessee Beauport TL LILI LIT LL EEE LE ELLE CEE CECI ECC Isle d'Orléans ssssssscsossoosssonossessovsrossosossese St.-Jean, St.-François et St.-Michel. ss Sillery ...sssssonsoonoessoosensnssonesonnencnssossssossesose Nostre Dame-des-Anges, et Rivière de St.-Charles Coste de Lauzon s.sssssssssssonsossonsossoonssssosense Montréal 000000000000 00000000000000008 000000000706
Trois-Rivières CLLELLELEELEEELENTELEEEE EL ELLE ELETTE LT
Total. sossosossooonse Etat du nombre des hommes capables de porter les. …. armes, depuis 16 ans jusques à DO eseuaenanesésatis li, 344 Il y a sans doute quelques omissions dans le rolle des familles, rl seront réformées durant l’hiver de la présente année 1666. (Signé) TALON.