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fureur, ‘ Nous combattrons, écrivait Montcalm au ministre, nous nous ensevelirons, s’il le faut, sous les ruines de la colonie.’ Il faut, ajoutait-on, que tous les hommes agiles marchent au combat : que les officiers civils, les prêtres, les femmes, les enfants, les vieillards, fassent les travaux des champs, et que les femmes des chefs et des officiers donnent l'exemple, Telle était la détermination des habitants et des soldats pour la défense commune.
De son côté, l'Angleterre, avec ses forces nombreuses, que pour cela même elle était obligée de diviser, résolut d'attaquer simultanément Louisbourg, Carillon et le fort Duquesne. La ville de Montréal devait être assiégée après la prise de Carillon. Quatorze mille hommes et une escadre considérable furent chargés de la première entreprise ; 16 à 18 mille hommes reçurent l’ordre d'envabhir le Canada par le lac Saint-Sacrement, et 9,000 hommes furent lancés vers l'Ohio pour en faire la conquéte. On était loin de croire à Québec à des armements aussi formidables, et le pays ne fut sauvé que par la victoire de Carillon, où, comme à Créci, les vainqueurs repoussèrent une armée cinq fois plus nombreuse que la leur.
Dans le printemps, les troupes françaises, après quelque délai causé par le besoin de vivres, allèrent reprendre leurs positions sur les frontières, avec l'ordre de tenir constamment des partis en campagne pour inquiéter l'ennemi, l'obliger à diviser ses forces et pour découvrir quels étaient ses desseins. Trois mille hommes se rassemblèrent ainsi dans le voisinage de Carillon, et à peu près un pareil nombre, sur le lac Ontario et au fort Niagara. Après ces mesures, on attondit les événements, tandis que les habitants jetaient sur les guérets le peu de bled qu'ils avaient pu dérober à la faim.
Dans le même temps les Anglais se mettaient partout en campagne. Ce fut contre Louisbourg qu’ils portèrent leur premier coup.
L'amiral Boscawen fit voile d'Halifax, le 28 mai, à la tête d’une escadre de 24 vaisseaux de ligne, 18 frégates et un grand nombre de transports, portant l’armée de débarquement, sous les ordres du général Amherst, avec un train considérable d’artillerie, La flotte arriva le 2 juin devant Louisbourg. Cette forteresse, outre 5 vaisseaux et 5 frégates, ancrés dans son port,
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avait alors une garnison de 2,100 hommes de troupes régulières et de 600 miliciens, pour résister à des forces de terre et de mer qui formaient réunies plus de 30,000 hommes. Le gouverneur, M. de Drucourt, qui avait remplacé le comte de Raymond au commencement des hostilités, résolut de faire la défense la plus énsrgique, et, s’il n'était pas secouru, la plus longue que permissent l’état de la place et le nombre de ses défenseurs.
Les fortifications de Louisbourg tombaient partout en ruine faute d'argent pour les réparer. Les revêtements de la plupart des courtines étaient entièrement écroulés, et il n’y avait qu’une casemate et une poudrière à l’abri des bombes. La force de la ville consistait principalement dans les difficultés du déburquement et dans le barrage du port, Ce qui restait debout des murailles était d’une construction si défectueuse, parce qu'on s'était servi de mauvais mortier pour les bâtir, qu'on devais craindre l’effet du boulet sur des ouvrages d’une liaison si fragile. Le gouverneur jugea donc à propos de s'opposer au débarquement, plutôt que d'attendre l’ennemi derrière ces ruines, Il fortifis tous les endroits faibles de la côte aux environs de Louisbourg jusqu’à la baie de Gabarus, qui en est éloignée d’une demi-lieue, et où la flotte anglaise avait jeté l'ancre. L'’anse au Cormoran était l'endroit le plus faible de cette ligne. Il la fit border d’un bon parapet garni de canons et de pierriers d’un gros calibre. En avant de ce retranchement il fit faire un abatis si serré qu’on aurait eu bien de la peine à y passer, quand bien même il n’aurait pas été défendu. Ce large amas d'arbres renversés, qui cachait tous les préparatifs de défense, ne paraissait dans l'éloignement qu’une plaine verdoyante.# On avait placé aussi une chaîne de bateaux le long du rivage depuis le cap Noir jusqu’au cap Blanc, et des batteries dans les lieux où la descente était praticable.
En présence de ces obstacles, le débarquement était une opération difficile et remplie de dangers. Mais comme l'ennemi ne pouvait avoir que des soupçons sur les ouvrages de l’anse au Cormoran, ce fut dans cet endroit même qu'il entreprit de mettre pied à terre le 8 juin. Pour tromper la vigilance des Français, il prolongea la ligne de ses vaisseaux de manière à menacer toute la côte, et feignant de débarquer à Laurembec et
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