‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 39 sur 76 · SA · texte numérisé non relu

SA

Ciences

ain <= ee, zu > O en Lu © =— us On «un Z}

Corporation

LA

LA

ES

lea

280 HISTOIRRB DU CANADA.

sur plusieurs autres points du littoral, il se jeta tout à coup à terre, en trois divisions, dans l’anse au Cormoran, tandis que ls général Wolfe faisait gravir, un peu plus loin, un rocher jugé jusqu’alors inaccessible, par une centaine d'hommes, qui s'y maintinrent malgré le feu de quelques habitants et sauvages, accourus pour les attaquer.

Le gouverneur, ne laissant que 300 hommes dans la ville, était sorti avec le reste de la garnison. Deux mille soldats et quelques sauvages garnissaient les retranchements de l’anse au Cormoran, sur lesquels les troupes comptaient beaucoup plus que sur la place. Les Anglais, qui ne voyaient point le piége dans lequel ils allaient tomber, continuaient de descendre à terre. La colonie aurait été sauvée si on leur eût donné le temps d'achever leur débarquement et de s’avancer avec la confiance de ne trouver que peu d'obstacles à forcer. Alors, accablés tout à coup par le feu de l'artillerie et de 1a mousqueterie, ils eussent infailliblement péri sur le rivage ou dans les flots, dans la précipitation du rembarquement, car la mer était alors très-agitée. Mais l’impétuosité française, dit Raynal, fit échouer toutes les précautions de la prudence. À peine les Anglais avaient-ils débarqué une partie de leurs soldats et se préparaient-ils à faire approcher l’autre du rivage, qu’on se hâta de découvrir le piége. Au feu brusque et précipité qu’on fit sur leurs chaloupes, et plus encore à l’empressement qu on eut de déranger les branches d’arbres qui masquaient les forces qu’on avait tant d'intérêt à cacher, ils devinèrent le péril et l’évitèrent. Revenant sur leurs pas, ils ne virent plus d'autre endroit pour descendre que le rocher où le général Wolfe avait placé un détachement. Ce général, occupé du soin de faire rembarquer les troupes et d’éloigner les bateaux, ordonna à un officier de s’y rendre.

Le major Scott s’y porte avec les soldats qu’il commande. Sa chaloupe s'étant enfoncée dans le moment qu’il mettait pied à terre, il grimpe sur les rochers tout seul. Il ne trouve plus que dix hommes des cent qui y avaient été envoyés. Avec ce petit nombre, il ne laisse pas de gagner les hauteurs, A la faveur d’un taillis épais il se maintient avec un courage héroïque dans ce poste important contre un parti de Français et de sauvages sept fois plus nombreux. Les troupes anglaises,

brava qu’on ses du &es Fi nés, d rent u que le allait Les F de ren prison Cap-B Les viile 4 pensais raient etils r'( dans 1 Les néral batteri:

ubando tante ] ville et comme Sept n spaux port D contre avec u Les tions 1 300 to Ja plus tentère terie € vaient feu fut #* Lei

à coup à dis que le cher jugé s, qui s’y sauvages,

s la ville, soldats et l’anse au coup plus t le piége scendre à donné le r avec la r. Alors, mousque- 1 dans les mer était taynal, fit ne les Anse prépa-

se hâta ité qu’on ent qu on aient les nèrent le irent plus e général bé du soin eaux, Ofr-

mmande.

ttait pied uve plus Avec ce s, À la ge héroiais et de nglaises,

HISTOIRE DU CAKADA. 281

bravant le courroux de la mer et le feu des batteries françaises, qu'on dirige aussitôt sur ce rocher, achèvent de se rendre maîtresses du seul point qui pouvait assurer leur descente. La position &es Français sur le rivage n’était plus tenable. Ils furent tournés, débordés par les ennemis, qui les prirent en flanc et enlevèrent une de leurs batteries. Au même instant le bruit courut que le général Whitmore était débarqué au cap Blanc et qu’il «allait couper de la ville les 2,000 soldats de l’anse au Cormoran. Les Français tremblèrent pour Louisbourg, où ils s’'empressèrent de rentrer, après avoir perdu deux cents hommes tués ou faits prisonniers dans cette journée funeste, qui décida du sort du Cap-Breton.

Les Français n’eurent plus alors qu’à se renfermer dans la ville avec peu d'espoir de s’y maintenir longtemps; mais ils pensaient que plus ils feraient de résistance plus ils retarderaient l’attaque que les ennemis projetaient contre le Canada, * et ils refusèrent au commandant des cinq vaisseaux qu’il y avait dans le port la permission de se retirer.

Les Anglais ne perdirent pas un moment. Le 12 juin, le général Wolfe, à la tête de 2,000 hommes, prit possession de la batterie du phare, de la batterie royale et des autres postes abandonnés par les assiégés. La batterie du phare était importante parce qu’elle commandait le port, les fortifications de la ville et la batterie de l’île située en face. Les travaux du siége commencèrent aussitôt. La défense fut soutenue avec courage. Sept mille hommes au plus, en y comptant les matelots des vaisssaux de guerre et le régiment de Cambis, qui débarqua au port Dauphin et pénétra dans la ville pendant le siége, luttèrent contre les forces quadruples de l'ennemi pendant deux mois avec une opiniâtreté et une patience admirables.

Les assiégeants, favorisés par le terrain, qui offrait des protections naturelles à leurs batteries, avaient porté leurs lignes à 300 toises des murailles. Ils poussèrent leurs travaux avec Ja plus grande activité, et firent échouer toutes les sorties que tentèrent les Français, non moins alertes qu’eux. Le 19, la batterie du phare, placée sur une hauteur que les assiégés pouvaient à peine atteindre, commença de tirer. Des deux côtés le feu fut extrêmement vif; mais les Français furent obligés de rap-

# Lettre de M. de Druocourt au ministre, du 23 sept. 1758, LA

procher leurs vaisseaux de 600 verges de la ville pour les soustraire aux projectiles de l’ennemi, qui commençait aussi alors à bombarder la muraille du côté opposé à la batterie du phare. Trois nouvelles batteries furent successivement établies et un épaulement d’un quart de mille de longueur fut élevé, pour faciliter les approches de la place, sur une autre colline qui la commandait. Le 29 juin, les assiégés, craignant que la flotte anglaise ne s’emparât du port, coulèrent deux vaisseaux et deux frégates dans la partie la plus étroite de son entrée. Deux jours après ils y coulèrent deux nouveaux bâtiments, dont les mâts restèrent hors de l’eau. Ils continuaient en même temps de faire des sorties et un feu très-vif de tous les remparts. La femme du gouverneur, Mme. de Drucourt, s’est acquis un nom immortel pendant ce siége par son héroïsme. Pour encourager les soldats, elle parcourait les remparts au milieu du feu, tirait ellemême tous les jours plusieurs coups de canon, donnait des récompenses aux artilleurs les plus adroïits. Elle pansait les blessés, relevait leur courage par des paroles bienveillantes, et se rendait aussi chère aux soldats par son courage que par les vertus plus douces qui appartiennent à son sexe.

Cependant les murailles s’écroulaient de toutes parts sous le feu des Anglais, qui faisaient d'autant plus d’efforts que leurs adversaires mettaient de vigueur à se défendre. Ceux-ci pouvaient à peine suffire à boucher les plus grandes brèches, lorsque, le 21 juillet, un boulet mit le feu à l’un des cinq vaisseaux de guerre qui restaient à flot. C'était un 74; il sauta et alluma l'incendie à bord de deux autres bâtiments, qui étaient auprès et qui furent consumés. Les deux derniers échappèrent ce jour-là aux plus affreux périls, étant obligés de passer entre les batteries ennemies et les canons des vaisseaux embrasés, que le feu faisait partir ; mais ce fut pour tomber quelque temps après entre les mains des assiégeants, qui entrèrent dans le port pendant une nuit fort obscure, les surprirent, en brûlèrent un ct emmenèrent l’autre.

Après ce dernier coup, les Français durent songer à abandonnér la lutte. Le port était partout ouvert et sans défense ; on n’y voyait plus que des débris de vaisséaux. Les fortifications n'étaient plus tenables ; toutes les batteries des remparts étaient rasées ; il restait à peine une douzaine de pièces de canon sur leurs

afûts lemer dans avaie tre à redou Celui les co qu’un îles « terre.

mes, | porté

Cet comb Gran troph l’égli toute:

Acad

sue tobre petits septe bourg

big en (the g certait Was a have, arms.

tr les sousissi alors à du phare.

blies et un ré, pour faui la coma flotte anx et deux Deux jours bs mâts resps de faire La femme om immorger les soltirait ellenait des réait les blesintes, et se ue par les

rts sous le s que leurs UX-Ci pouèches, lors- ] vaisseaux ta et alluétaient au- \ppèrent ce er entre les asés, que le emps après > port penèrent un et

à abandonléfense ; on rtifications arts étaient on sur leurs

HISTOIRE DU CANADA, 2s3

affûts, et la brèche était praticable en beaucoup d’endroits, tellement que les femmes, après le siége, antraient par ces brèches dans la ville. Quinze cents hommes, ou le tiers de la garnison, avaient été tués où blessés. On s’attendait d’une heure à l’autre à voir les ennemis monter à l’assaut. Les habitants, qui en redoutaient les suites, pressèrent le gouverneur de capituler. Celui-ci, n’espérant plus de secours, dut accepter, le 26 juillet, les conditions du vainqueur. Ainsi Louisbourg, qui n’était plus qu’un monceau de ruines, retomba pour la seconde fois, avec les îles du Cap-Breton et de Saint-Jean, au pouvoir de l’Angleterre. La garnison, qui formait avec les matelots 5,600 hommes, resta prisonnière de guerre, et les habitants furent transportés en France.

Cette conquête coûta aux Anglais 400 hommes mis hors de combat. Elle excita des réjouissances extraordinaires dans la Grande-Bretagne et dans ses colonies. A Londres, on porta les trophées de la victoire en triomphe du palais de Kensington à l’église de Saint-Paul; on rendit des actions de grâces dans toutes les églises avec un enthousiasme qui était excité moins pour célébrer une conquête que pour faire oublier la perte de la bataille de Carillon, dont on venait de recevoir la nouvelle ; car Louisbourg n’était après tout qu’une misérable bicoque.*

Après cet exploit, la flotte anglaise alla se mettre en possession de l’île Saint-Jean, et détruire les établissements de Gaspé et de Mont-Louis, formés dans le golfe Saint-Laurent par des Acadiens et de pauvres pêcheurs, qu’elle emmena. Elle fit ensu ie une tentative contre Miramichi, et se retira vers la mi-octobre. Dans le même temps d’autres Anglais construisaient de petits forts, counme pour s’y établir à demeure, dans la partie septentrionale de ia baie de Fondy. La destruction de Louisbourg et la perte du Cap-Breton laissèrent le Canada sans dé-

* 4“ Louisbourg is a little place and has but one casement in it, hardly big enough to hold the women. Our artillery made a havock among them (the garrison) and soon opened the rempart: in two days more we should certainly bave carried it. If this force had been properly managed, there was an eud of the french colony in North America ia one campaign, for we have, exclusive of seamen and mariners, near to forty thousand men in

arms.”—Lettre du général Wolfe à son oncle le major Wolfe 27 juillet 1768,

254 UISTOIRE DU CANADA.

fense du côté de la mer, et ouvrirent le chemin de Québec aux ennemis.

Tandis que le général Amherst et l'amiral Boscawen cueil- Jaient des lauriers dans l’île du Cap-Breton, sur le bord de la mer, le général Abercromby, tapi au fond du lac Saint-Sacrement, sur la frontière centrale du Canada, dévorait dans l'immobilité et le silence la honte de la cruelle défaite qu’il venait d’essuyer.

Ce général s'était réservé le commandement de l’armée qui devait agir sur le lac Champlain, parce que c'était, dans le plan de campagne, la principale opération. Il avait réuni ses forces, composées de 7,000 hommes de troupes réglées et de 9,000 hommes de troupes provinciales, dans les environs du lac Saint-Sacrement, où le colonel Johnson vint le joindre avec quatre à cinq cents sauvages. Cette armée, qui était chargée de franchir tous les obstacles qu’offrait la route de Montréal, faisait ses préparatifs pour attaquer les lignes françaises. M. de Vaudreuil ne doutait point que Carillon ne fût attaqué après le départ du général Amherst pour Louisbourg ; mais, comme il n’avait pas encore reçu de vivres de France, il crut que le meilleur moyen de défendre cette frontière, était de faire une diversion. C’est pourquoi il persista dans le plan qu’il avait formé de jeter un gros corps de troupes sur la rive méridionale du lac Ontario, pour obliger les Iroquois à se prononcer contre l’Angleterre, et pour empêcher le rétablissement d'Oswégo, faire une irruption vers Schenectady et forcer l’ennemi de se retirer du lac Champlain. Cette démonstration, à la fois politique et militaire, était une opération fort délicate. Huit cents soldats et deux mille deux cents Canadiens et sauvages des tribus de l’Ouest, furent donnés au chevalier de Lévis pour l’accomplir; mais au moment où il allait se mettre en chemin, des nouvelles de M. de Bourlamarque, qui commandait sur la frontière du lac Saint-Sacrement, lui apprirent que le général Abercromby, avec une armée nombreuse et déjà rendue au fort Édouard, était sur le point d’envahir le Canada. Le départ du chevalier de Lévis fut aussitôt contremandé, et le général Montcalm, après quelques démêlés avec le gouverneur au sujet de ses instructions, partit de Montréal avec M. de Pontlevoy, ingénieur en chef, le 24 juin,

pour :

va le

parut le lac Jlui-m des 1 mand hâter Cana tout expé marc avan!

atteir Le nant Bain!

déba Le cent dea «6 Le supe d’un lants brill envi dep db

Hox

uébec aux

ven cueilbord de ]x hint-Sacrens l'immoenait d’es-

armée qui t, dans le réuni ses rlées et de ons du luc indre avec ait chargée ) Montréal, aises. M.

aqué après is, comme rut que le aire une diavait formé nale du lac ontre l’Anwégo, faire de se retijs politique cents soldes tribus accomplir ; nouvelles ière du lac mby, avec A, était sur r de Lévis s quelques ons, partit le 24 juin,

pour aller se mettre à la tête des troupes à Carillon, où il arrivale 30. Trois mille soldats s’y trouvaient rassemblés. Il parut surpris que les Anglais fussent déjà prêts à descendre le lac Saint-Sacrement, quoique depuis le printemps il appelât lui-même l'attention sur le fort Édouard, et pressât d'envoyer des troupes à M. de Bourlamarque à tout événement. Il manda sans délai ce qui se passait au gouverneur, qui fit hâter la marche des secours qu’il lui envoyait: c’étaient 1600 Canadiens, un petit nombre de sauvages et 400 réguliers, le tout sous les ordres du chevalier de Lévis. M. de Vaudreuil expédia en même temps l’ordre aux milices de précipiter leur marche ; il était impossible que ces secours pussent arriver avant quelques semaines. Une petite partie seulement purent atteindre Carillon à marches forcées avant la bataille.

Le 1er juillet, le général Montcalm se porta en avant, échelonnant ses troupes depuis le fort Carillon jusqu’au pied du lac Saint-Sacrement, pour imposer aux ennemis et s'opposer à leur débarquement.

Le 5, les Anglais s’embarquèrent à la tête du lac sur neuf cents berges et cent trente bateaux, précédés de nombreux radeaux garnis de canons, nouvelle espèce de batterie flottante. “ Le ciel était extrêmement pur, dit M. Dwight, et le temps superbe ; la flotte avançait avec une exacte régularité au son d’une belle musique guerrière. Les drapeaux flottaient étincelants aux rayons du soleil, et l’anticipation d’un triomphe brillait dans tous les yeux. Le ciel, la terre et tout ce quinous environnait présentaient un spectacle enchanteur. Le soleil, depuis qu’il brillait dans les cieux, avait rarement éclairé tant de beauté et tant de magnificence.'’

L’avant-garde, forte de 6,000 hommes et commandée par lord Hovwe, atteignit le pied du lac le 6 au matin et débarqua au Camp-Brûlé. A son approche M. de Bourlamarque se replia à la Chute, où était le général Montcalm, après avoir attendu vainement M. de Trépézée, qu’il avait envoyé en reconnaissance

sur la montagne Pelée avec 300 hommes. Cet officier, à la vuo des ennemis, voulut rejoindre M. de Bourlamarque, mais il s’égara dans les bois, perdit du temps, et lorsqu'il arriva au lieu où i! avait laissé son commandant, il se vit tout à coup cerné par l'avant-garde ennemie, qui l’attaqua sans lui donner le temps

de se reconnaître et tua, prit ou noya les deux tiers de son détachement. Le reste, qui formait son arrière-garde et qui avait pris une autre route, parvint, le 7, sans mésaventure à la Chute, où M. de Trépézée fut apporté mortellement blessé avec un autre officier. C'est dans cette escarmouche que fut tué lord Howe, jeune officier anglais de belle espérance et dont la perte fut vivement regrettée par ses compatriotes.

Les dessoins et la force de l’ennemi étaient maintenant pleinement connus. Le général Montcalm fit lever le camp de la Chute, et, sous la protection des troupes de la colonie et de quatre à cinq cents Canadiens, qui venaient d'arriver, il défila vers les hauteurs de Carillon, qu’il avait choisies pour livrer bataille ; il était décidé, quelle que fût la disproportion des deux armées, à ne pas abandonner l’entrée du Canada sans combattre. Il avait d'abord paru incliner pour Saint-Frédéric ; mais M. de Lotbinière, qu’il consulta et qui connaissait très-bien le pays, avait recommandé les hauteurs de Carillon ; les ennemis, suivant lui, ne pourraient les passer tant qu’elles seraient occupées, et il était facile de les fortifier par des retranchements sous le canon du fort, tandis que les travaux qu’il faudrait faire pour se couvrir à Saint-Frédéric prendraient deux mois; d’ailleurs, Carillon passé, l’ennemi pouvait descendre le lac Champlain et laisser cette place derrière lui. Le général, sentant la force de ces raisons, fit cesser le mouvement rétrograde des troupes lorsqu'elles furent arrivées sur ces hauteurs devenues si célèbres, et donna l’ordre de prendre position en avant du fort et de s’y retrancher.,

Les hauteurs de Carillon sont situées dans l’angle formé par la décharge du lac Saint-Sacrement, nommée rivière à la Chute, et le lac Champlain, dans leqnel cette rivière répand ses eaux. Ces buttes, du reste peu élevées et qui ont leur point culmi nant au sommet de l’augle même, se terminent en pente douce du côté du lac, et en pente abrupte du côté de la rivière à la Chute, le long de laquelle court une petite grève d'environ vingt-cinq toises de largeur. A l’extrémité de l’angle, sur le bord de l’escarpement, se trouvait une petite redoute, dont le feu rayonnait sur le lac et sur la rivière, et enfilait la pente du terrain le long de ce cours d’eau. Cette redoute se reliait par un parapet au fort Carillon, dont l’on voit encore les ruines. Ce

fort, qui placé dar du plates plain et « 6 au 7 était en angles e continué:

fort, suiv rivière à gle à sa de qui t fond qui verges d formés « placé en coupées frise. ( devait o:

destinée deur inc haches } du côté rent le 1 paraissa ral Mon!

pour vo Ceper son arm retranci vait leu quer M avait e vrages en marc du colo deux c L’arn d'homi

de son dé.

t qui avait à Chute, où c un autre ord Howe, brte fut vi-

enant pleiamp de la onie et de er, il défila r livrer baà des deux 1s combatric; mais rès-bien le s ennemis, aient occu-

ents sous faire pour d’ailleurs, Champlain nt la force les troupes es si célè- 1: fort et de

formé par à la Chute, | ses eaux.

int culmi en pente la rivière d'environ vle, sur le e, dont le , pente du reliait par ines. Ce

fort, qui pouvait contenir trois ou quatre cents hommes, était placé dans le milieu de l'angle et dominait le centre et la droite du plateau, ainsi que la plaine au nied, du côté du lac Champlain et de la rivière Saint-Frédéric. L'armée passa la nuit du 6 au 7 au bivac. Les feux de l’ennemi indiquaient qu'il était en force au portage. Les retranchements, formés par angles entrants et sortants, furent commencés le 6 au soir et continués le 7 avec la plus grande activité; ils prenaient au fort, suivaient quelque temps la crête des hauteurs, du côté de la rivière à la Chute, puis tournaient à droite pour traverser l’angle à sa base, en suivant les sinuosités d’une gorge peu profonde qui traverse le plateau, et enfin descendaient dans le basfond qui s'étend jusqu’au lac. Ils pouvaient avoir six cents verges de développement et cinq pieds de hauteur ; ils étaient formés d’arbres ronds posés les uns sur les autres; on avait placé en avant des arbres renversés, dont les grosses branches coupées en nointe se dressaient en manière de chevaux de frise. Chaque bataillon, ayant pris en arrivant la place qu'il devait occuper dans l’action, élevait la partie du retranchement destinée à le protéger. Tout le monde travaillait avec une ardeur incroyable. Les Canadiens, qui n’avaient pu recevoir de haches plus tôt, ne commencèrent leur abatis, dans le bas-fond du côté du lac Champlain, que dans l’après-midi ; ils l’achevèrent le lendemain au milieu du jour, au moment où les Anglais paraissaient. Le pays en avant étant couvert de bois, le général Montcalm fit abattre les arbres jusqu’à une certaine distance, pour voir déboucher l’ennemi à découvert et de plus loin.

Cependant le général Abercromby était débarqué avec toute son armée. Il apprit par des prisonniers que les Français se retranchaient pour attendre un renfort de 3,000 hommes, que devait leur amener le chevalier de Lévis, ce qui l’engagea à attaquer Montcalm avant l’arrivée de ce corps. L’ingénieur qu’il avait envoyé en reconnaissance lui ayant rapporté que les ouvrages des Français n'étaient pas encore finis, il se mit aussitôt en marche et poussa le 7 au soir son avant-garde, sous les ordres du colonel Bradstreet, jusqu’à 700 toises des Français; des deux côtés on se prépara pour l’affaire du lendemain.

L'armée anglaise, défalcation faite de quelques centaines d'hommes laissés à la Chute et à la garde des bateaux au pied

du lac, était encore composée de plus de 15,000 soldats d'élite commandés par des officiers expérimentés, et elle allait au combat avec toute la confiance que donne une grande supériorité numérique. L'armée française ne comptait que 3,600 hommes, dont 450 Canadiens et soldats de marine : il n’y avait pas de sauvages, Montcalm chargea trois cents hommes de la garde du fort Carillon, et 3,300 de la défense des retranchements, que leur peu d'étendue permit de garnir sur trois hommes de hauteur, L'ordre fut donné à chaque bataillon de tenir en ré. serve sa compagnie de grenadiers avec un piquet de soldats, et de les ranger en arrière afin qu'ils fussent prêts à se porter où le besoin le demanderait. Le chevalier de Lévis, arrivé du matin même, fut chargé du commandement de l'aile droite, ayant sous lui les Canadiens, qui formaient l’extrême droite, sous les ordres de M. de Raymond ; M. de Bourlamarque reçut le commandement de l’aile gauche. Le général Montcalm se réserva celui du centre. Tel fut l’ordre de bataille des Français.

A midi et demi, les gardes avancées rentrèrent dans les lignes en fusillant avec les troupes légères anglaises. Un coup de canon, tiré du fort, donna le signal aux troupes de border les ouvrages,

Le général Abercromby forma son armée en quatre colonnes pour attaquer tous les points à la fois. Les grenadiers et l'élite des soldats, choisis pour composer la tête des colonnes, reçurent l'ordre de s’élancer contre les retranchements, la baïonnette au bout. du fusil, et de ne tirer que quand ils auraient sauté dedans, En même temps, un certain nombre de berges devait descendre la rivière à la Chute pour menacer le flanc gauche des Français. A une heure, les colonnes ennemies se mirent en mouvement ; elles étaient entremêlées de troupes légères, parmi lesquelles il y avait des sauvages. Ces sauvages, couverts par les arbres, ouvrirent en approchant le fer le plus meurtrier. Les colonnes sortirent du bois, descendirent dans la gorge en avant des retranchements, et s’avancèrent avec une assurance et un ordre admirables, les deux premières, contre la gauche des Français, la troisième, contre leur centre, et la dernière, contre leur droite, en suivant le pied du coteau dans le bas-fond où se trouvaient les Canadiens. Le feu commença par les tirailleurs de la-colonne de droite, et s’étendit graduellement d’une colon-

ne à dans Cet c tagni faire sit t batai

sur « flanc.

avan point haute prése des 1 coulè suffire donné pas d Lorsq quete et si en dé néan me d'une longte furent terrai réforn cipitè plus Monte où il pour d efforts

Eto ral Al les f persug

data d'élite ne à l’autre jusqu’à celle de gauche, qui chercha à pénétrer lait au com- | dans les ouvrages var le flanc droit du chevalier de Lévis. supériorité Cet officier, voyant le dessein de cette colonne, composée de mon- 00 hommes, tagnards écossais et de grenadiers, ordonna aux Canadiens de vait pas de faire une sortie et de l’attaquer en flanc. Cette attaque réusde la garde sit tellement que le feu des Canadiens, joint à celui des deux inchements, bataillons placés sur le coteau, obligea la colonne de se jeter hommes de sur celle qui était à sa droite afin d'éviter un double feu de

tenir en ré- flanc. Les quatre colonnes, forcées de converger un peu en oldats, et de avançant, soit pour protéger leurs flancs, soit pour atteindre le porter où le point d'attaque, se trouvèrent réunies en débouchant sur les vé du matin hauteurs. Dans le même moment, une trentaine de berges se , ayant sous présentaient sur Ja rivière à la Chute pour menacer la gauche us les ordres des Français. Quelques coups de canons tirés du fort, qui en commande- coulèrent deux bas, et quelques hommes envoyés sur le rivage, éserva celui suffirent pour les mettre en fuite. Le général Montcalm avait Je donné ordre de laisser les ennemis approcher jusqu’à vingt ns les lignes pas des retranchements. Cet ordre fut ponctuellement exécuté. coup de ca- Lorsque les Anglais arrivèrent à la distance marquée, la mousorder les ou- queterie assaillit leurs masses compactes avec un effet si prompt

et si terrible qu'elles tressaillirent, chancelèrent et tombèrent tre colonnes . en désordre. Forcées de reculer un instant, elles se remirent

ers et l'élite néanmoins aussitôt et revinrent à la charge ; mais, oubliant leur 168, reçurent consigne, elles commencèrent à tirer. Le feu devint alors

onnette au d’une vivacité extrême sur toute la ligne et se prolongea fort auté dedans. longtemps ; mais, après les plus grands efforts, les assaïillants vait descen- furent obligés de lâcher pied une seconde fois, en laissant le gauche des terrain jonché de morts. ‘Ils se rallièrent à quelque distance, se mirent en réformèrent leurs colonnes, et, après quelques instants, se préigères, parmi cipitèrent de nouveau sur les retranchements, malgré:le feu le couverts par plus vif et le plus soutenu qu'on eût jamais vu. Le général s meurtrier. Montcalm s’exposait comme le dernier des soldats. Du centre,

la gorge en où il s'était placé, il se portait sur les points qui périclitaient e assurance pour donner ses ordres ou pour conduire des secours. ‘Après des

a gauche des efforts inouïs, les Anglais furent encore repoussés.

nière, contre Etonné de plus en plus d’une résistance si opiniâtre, le géné-

às-fond où se ral Abercrombyÿ, qui avait cru que rien n’oserait tenir devant es tirailleurs les forces qu’il avait à sa disposition, ne pouvait se

d’une colon- persuader qu’il échouerdit devant un ennemi si inférieur en

290 HISTOIRK DU CANADA.

nombre ; il pensait que, quel que fût le courage de ses adversaires, ils finiraient par se lasser d’une lutte dont la violence et la durée ne feraient qu'empirer leur perte. Il résolut done de continuer ses attaques avec énergie jusqu'à ce qu'il eût triomphé; et, depuis une heure jusqu’à cinq heures, ses troupes revinrent six fois à la charge, et furent repoussées chaque fois avec des pertes considérables, Les fragiles remparts qui protégeaient les Français prirent en feu à diverses reprises dans le cours de l'action.

Les colonnes ennemies, n'ayant pu réussir dans les premières attaques faites simultanément sur le centre et sur les deux ailes de Montcalm, se joignirent pour faire des efforts communs ; elles assaillirent ainsi réunies tantôt la droite, tantôt le centre, tantôt la gauche des Français, sans être plus heureuses. C'est contre la droite qu’elles s’acharnèrent le plus longtemps et où le combat fut le plus meurtrier. Les grenadiers et les montagnards écossais contir..èrent de eharger pendant trois heures consécutives sans se rebuter ni se rompre. Les derniers surtout, commandés par lord John Murray, se couvrirent de gloire. Ils formaient la tête d’une colonne presqu’en face des Canadiens, Leur costume léger et pittoresque se distinguait entre tous les autres au milieu du feu et de la fumée. 1ls perdirent la moitié de leurs soldats et vingt-cinq officiers tués ou grièvement blessés. Mais enfin cette attaque fut repoussée comme les autres, et les efforts des assaillants échouèrent encore une fois devant l’intrépidité calme, mais opiniâtre des troupes françaises, qui se battaient aux cris de, Vive le roi! Vive notre général! Pendant ces différentes charges les Canadiens firent encore plusieurs sorties sur les flancs de l’ennemi et enlevèrent des prisonniers. À

A cinq heures et demie, le général Abercromby, n’osant presque plus conserver d'espérance, fit retirer toutes ses colonnes dans le bois pour qu’elles pussent reprendre haleine ; il voulait faire une dernière tentative avant de donner le signal dela retraite. Une heure après, elles reparurent et commencèrent une attaque générale contre la ligne entière des Français. Toutes les troupes y prirent part, mais elles rencontrèrent la même opposition que dans les autres assauts ; et, après des efforts inutiles, elles durent abandonner définitivement la victoire à leurs adversaires, Les

Angl le fe

se pr Le joie.

et de nom ( rieusé valeu finitiv lo len prêt à positi du jo de de l’autr ne vOy à la quelq que le aband jusqu’ volont la fuit suivi | trogra ble fui partie ramas hâte le ses vit Tel.

victori d'élite ment | couron sa POP tués où vaient

es adversaiolence et la ut donc de e qu'il eût 28, 868 trousées chaque +mparts qui eprises dans

18 premières s deux ailes communs ; Ôt le centre, uses, C'est temps et où ; les monta- ; heures coners surtout, gloire. Ils Canadiens.

entre tous perdirent la grièvement comme les ore une fois s françaises, tre général !

encore pluent des pri-

’osant presses colonnes »; il voulait le la retraite.

une attaque s les troupes position que elles durent saires, Les

Anglais se retirèrent en se couvrant d'unenuée de tirailleurs, dont

le feu avec celui des Canadiens, qui sortirent à leur poursuite, se prolongea jusqu'à la nuit.

Les troupes françaises étaient épuisées de fatigue, mais ivres de joie. Le général Montcalm, accompagné du chevalier de Lévis et de son état-major, en parcourut les rangs, et les remercia an nom du roi de la conduite qu'elles avaient tenue dans cette glorieuse journée, l’une des plus mémorables dans les fastes de la valeur française. Ne pouvant croire cependant à la retraite définitive des Anglais, et s'attendant à un nouveau combat pour le lendemain, il donna ses ordres et fit ses préparatifs pour être prêt à les recevoir. Les troupes passèrent la nuit dans leurs positions ; elles nettoyèrent leurs armes et se mirent dès le point du jour à perfectionner les retranchements, qu’elles renforcèrent de deux batteries, l’une à droite, de quatre pièces de canon, et l’autre à gauche, de six. Au bout de quelques heures d'attente, ne voyant point paraître lesennemis, le général Montcalm envoya à la découverte des détachements, qui gavancèrent jusqu’à quelque distance de la Chute, et brûlèrent un retranchement qne les Anglais avaient commencé à y élever et qu’ils avaient abandonné. Le lendemain, 10, le chevalier Ce Lévis poussa jusqu’au pied du lac Saint-Sacrement avec les grenadiers, les volontaires et des Canadiens ; il ne trouva que des marques de la fuite précipitée d’Abercromby. Dans la nuit même qui avait suivi la bataille, ce général avait continué son mouvement rétrograde vers le lac, et ce mouvement était devenu une véritable fuite. Il avait abandonné sur les chemins ses outils, uno partie de ses bagages, un grand nombre de blessés, qui furent ramassés par le chevalier de Lévis, et il s'était rembarqué à la hâte le lendemain à la première lueur du jour, après avoir jeté ses vivres à l’eau.

Telle fut la bataille de Carillon, où 3,600 hommes luttèrent victorieusement pendant plus de six heures contre 15,000 soldats d'élite. Le gain de cette journée mémorable accrut singulièrement la réputation de Montcalm, que la victoire s'était plu à couronner depuis qu'il était en Amérique, ét augmenta encor:: sa popularité parmi les soldats. Il n’avait eu que 377 br:pourtués ou blessés, dont 38 officiers, au nombre desquels leurs révaient M. de Bourlamarque, qui avait été dangererxe Frontenac ;

Pt :

RE Lo trees

à l'épaule, et M. de Bougainville ; ce dernier venait d’être promu au grade d’aide-maréchal des logis. Le chevalier de Lévis reçut plusieurs baïles dans ses habits et dans son chapeau, Les pertes des Anglais furent considérables. Ils avouèrent eux-mêmes 2,000 hommes tués ou blessés, dont 126 officiers ; toutes les correspondances françaises les portent à 4 ou 5 mille hommes.

Montcalm, dit M. Dussieux, avait arrêté l'invasion par sa brillante victoire de Carillon ; certes, il y avait de quoi s’enorgueillir; Montcalm demeura cependant toujours aussi modeste : “Je n’ai eu, écrivait-il le lendemain à M. de Vaudreuil, que la gloire de me trouver la général de troupes aussi valeureuses .... Le succès de l'affaire est dû à la. valeur incroyable de l'officier et du soldat.”

“ Le soir même de la bataille, l’heureux et brillant général écrivait, sur le champ de bataille même, cette simple et touchante lettre, qu’il adressait à M. de Doreil, son ami. ‘“ L’armée et trop petite armée du roi vient de battre ses ennemis. Quel.e journée pourila France! Si j'avais eu deux cents sauvages pour servir de tête à un détachement de mille hommes d'élite, dont j'aurais confié le commandement au chevalier de Lévis, il n’en serait pas échappé beaucoup dans leur fuite. Ah! quelles troupes, mon cher Doreil, que les nôtres; je n’en ai jamais vu de pareilles.”

Abercromby remonta le lac Saint-Sacrement avec précipitation ; en arrivant à la tête de ce lac, il se retrancha dans le camp qu’il avait occupé avant sa courte campagne, et écrivit au général Amherst à Louisbourg pour lui ordor 2r de revenir sans délai. Celui-ci, de retour à Boston le 13 septembre, se mit en marche pour Albany avec 4,500 hommes. Mais ia saison était trop avancée pour faire une nouvelle tentative cette année, si toutefois le général Abercromby en avait le projet, et l'invasion du Canada fut ajournée à un temps plus propice. Au reste, le passage de Oarillon aurait été plus difficile encore à forcer que la première fois, parce que les retranchements, qui ne consistaient au’en arbres renversés le 8 juillet, avaient été refaits depuis ea

y pret flanqués de redoutes couvertes de canons. Des troupes dans lesliens et de sauvages battaient la campagne, et tenaient abandonner ; AUS \ HET

it d’être prolier de Lévis son chapeau, ls avouèrent 126 officiers ; , 4 ou 5 mille

on par sa brilni s’enorgueilrodeste : “Je que la gloire ureuses ..., e de l'officier

Ilant général imple et touami. ‘“ L’arses ennemis, ux cents saumille hommes chevalier de rfuite. Ah!

8; je n’en ai

vec précipitadans le camp écrivit au gérevenir sans re, se mit en ja saison était ette année, si , et l'invasion Au reste, le

e. à forcer que ne consistaient aits depuis ea Des troupes pe, et tenaient

anglaise ; elles attaquèrent des détachements jusque sous les murs du fort Édouard, dans le voisinage duquel M. de Saint- Luc prit un convoi de 150 voitures.

Cependant la grande supériorité numérique des ennemis faisait que leurs pertes étaient à peine sensibles et qu’ils se relevaient plus forts et plus redou ables après chaque défaite ; tandis que les succès des Français les affaiblissaient réellement, parce que chaque victoire diminuait leurs moyens de résistance et les chances d’un succès définitif.

Aussi, ayant appris que son mouvement sur Carillon avait fait contremander l’ordre qui avait été donné au chevalier de Lévis de se porter à Oswégs, et que le fort Frontenac, entrepôt de la marine française sur le lac Ontario, se trouvait presque abandonné, le généra! Abercromby chargea le colonel Bradstreet d’aller surprendre ce poste important avec 3,000 hom.nes et 11 bouches à feu. Cet officier partit secrètement du camp anglais, descendit la rivière Oswégo, traversa le bas du lac Ontario et parut tout à coup devant la place le 25 août. Elle n’était gardée que par 70 hommes, qui osèrent néanmoins se défendre dans ce méchant poste. M. de Noyan, qui y cummandait, attendit pour se rendre aue les bombes fissent voler le fort en éclats. Outre beaucoup de canons, de petites armes et une grande quantité de vivres et de marchandises, qu’ils trouvèrent dans son enceinte, les vainqueurs prirent dansle port neufbarques armées, reste des trophées de la conquête d'Oswégo. Après avoir chargé tout ce qu’ils purent emporter sur leurs bâtiments, ils renvoyèrent la garnison sur parole, brûlèrent les ouvrages et les barques, à l’exception de deux, et reprirent le chemin de leur pays, où ils rétablirent le fort Bull.

Cette expédition fit honneur au colonel Bradstreet, et jeta un

. moment le Canada dans l'inquiétude pour la sûreté de la partie

supérieure du pays et le commandement du lac Ontario, que les Français croyaient avoir perdu avec l’escadrille de Frontenac. La possession du lac paraissait si importante, que M. de Vaudreuil, à la première nouvelle de l’apparition du colonel Bradstreet, fit battre la générale et ordonna au major de Montréal, M. Duplessis, de se mettre à la tête de tous les sauvages qu’il pourrait rassembler et de 1500 Canadiens, qui laissèrent là leurs récoltes, et d’ailer à marches forcées au secours de Frontenac ;

TR

Fins na Re A

Page 1