MEMOIRE DE LA GUERRE CONTRE LES IROQUOIS
C’est une chose également utile et agréable que de conserver la mémoire des maux passés : c’est ce qui me pousse à la fin de cette année 1698, qui sera probablement la fin de la guerre, d’écrire d’un style simple et raccourcy l’histoire de la dernière guerre que nous avons eue contre les Iroquois.
Il ÿy avoit huit ans que M. le Comte de Frontenac estoit Gouverneur du Canada, où il avoit fait faire le Fort de Katarok8y, par
M. de passé c plus cc déméle Pères Intend.
Ja Con et don traitoit tenac Bizar, M. Pe fut env nac pol révolte diction Les Carhei sions Î et Tsor Ste. M
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HISTOIRE DU CANADA. 13 onsieur D M. de la Salle, à l’entrée du Lac Ontario. Tout ce temps s’estoit fut pris. passé dans une paix profonde avec les Iroquuis et Hollandois ; et les * Réné plus considérables aventures du jaÿs avoient été trois ou quatre Brysat LE démélez domestiques. Le premier, entre Mgr. L’Evesque, les , estant Pères Jésuites et le Clergé d’une part, soutenus par M. Talon, ajor du Intendant ; et de l’autre part, M. de Frontenac, M. De la Salle, mes qu la Compagnie et les Pères Récellets, touchant l’eau-de-vie traitée y Lan- et donnée à emporter aux Sauvages; ce que Mgr. L’Evesque ois, et, traitoit de péché réservé. Le second différent fut entre M. de Fron- M. de tenac et M. Perrot, soutenu de M. Desenclos, au sujet de M. ois. Bizar, lieutenant des gardes de M. de Frontenac, emprisonné par | gt mille M. Perrot, qui, ayant été pris par adresse et tenu un an en prison, e M. de fut envoyé en cour. Le troisième entre M. Talon et M. de Fronte- 6 moyen nac pour la présidence du conseil ; enfin le quatrième fut une petite révolte de la Justice de Montréal qui vouloit se soustraire à la Jurisdiction du Séminaire.
essieurs À | SAR À ; Iroquois Les RR. PP. Jésuites Bruyas, Vaillant, Millet, Lamberville, édité Carheil et Garnier, gouvernoient avec bénédiction les cinq misde Tétr sions Iroquoises d’Agniers, Onneyouths, Onontagués, Oiengouens L, allant et Tsonnontouans, outre celles des Hurons, 8taois, Iinois, du Sault Ste. Marie, et Miamis, des Abénaquis et de lAcadie. Il y avoit deux missions auprès de Montréal ; l’une du Sault, | fondée au commencement du gouvernement de M. le comte de Frontenac en 1672, par°le R. P. Fremin, et une autre à la Mon- " tagne, fondée en 1677. Le gouverneur d'Orange s’appelloit Major Andros ; plusieurs )nserver coureurs de bois avoient découvert aux Flamands les grand profits | fin de qu’il y avoit à faire à aller traiter aux nations. BUPRES) Les Iroquois avoient pour un castor, à Orange, ce que les François lernière leur vendoient pour dix dans les bois ; ainsy ils hayssoient les François et aimoient les Flamands.
it Gou- M. de Frontenac voulant, selon les ordres de la cour, empescher 1680. «8y, par # que les François n’allassent dans les bois et aux nations éloignées
en traite, donna aux Iroquois permission de piller ceux qui n’auroient pas une permission par écrit ; ce qu’ils exécutèrent depuis avec grande licence.
Les Iroquois ayant attaqué le village des Ilinois, au temps que les hommes n’y estoient pas, prirent mille femmes, enfans, ou vieux. M. de Tonty y fut blessé.
Les Iroquois estoient fiers de leurs victoires sur les [linois ; les Anglois de la Vi:ginie hayssoient les François à cause de leur cherté, animez par les Flamands qui envoyoient au sud et au nord du Lac Ontario des canotées de hardes gratuitement, pour les attirer à eux.
Quelques particuliers estant irrités par des querelles particulières, comme La Chaudière Noire qui fut maltraité par M. Perrot à qui il ramenoit 4 8taois. Horchouasse qui avoit pillé le Père Carheil ; Hannonsache, tué par un Ilinois à@Missilimimakina ; pour toutes ces choses, dis-je, les Iroquois cherchoient querelle aux François ; ils ne faisoient autre chose dans leurs festins, danses ou sueries, que de mettre Onontio à la Chaudière, et pour en venir aux effets ils commencèrent cette année à piller, à Tcheyagon, trois Français : Le Duc, Abraham, et Lachapelle ; ensuite, la barque de Katarok8y estant mouillée dans la rivière de Niagara sous la conduite du Sieur Lamarque, les Tsonnonthouans y estant entrés lièrent le pilote, battirent les François, et pillèrent pour 1300 livres de marchandises. Peu après, La Chaudière Noire avec sa bande, au Fort de Katarok8y, se fit donner de force une grande quantité de hardes. Tegannissorens vint faire ici quelques sortes d’excuses à M. le Comte. Sur ces entrefaites M. le Comte est rappelé et a pour successeur M. le Fêvre de la Barre, premier Intendant d'Auvergne, Capitaine de vaisseau, qui avoit donné un beau combat aux Isles, et se fait appeler M. le Général.
M. le Général commence par envoyer trois de ses gardes, avec leurs casaques, aux Iroquois leur ‘lire de le venir voir au printemps à Montréal pour faire conseil.
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Ensuite, il envoyole nommé Salvage aux Fiausands leur dire, de n’assister point les [roquois d’armes.
Les Flamands allèrc :t, nonobstant, en traite aux 8taois avec quatre fugitifs François pour débaucher les dits Staois ; et le nommé Arrathio, frère d’Aria, passa à Katarok8y, descendit les Rapides, vint reconnoistre Montréal, donna un collier aux Sauvages du Sault,
et s’en retourna par le Lac Champlain avec une canotée de pelleteries.
Pour les Iroquois ils avoient résolu de ne point venir; mais on envoya M. Lemoine avec Ondotionnens, capitaine de la Montagne, qui, ayant couru risque d’être tués des séditieux de T'sonontouans, s’estoient réfugiés chez le Père Garnier, firent enfin venir les anciens des Tsonontouans qui se joignirent à ceux des quatre nations et vinrent à Montréal, tenir une diète générale, où se trouvèrent aussi les Hurons, 8taois, Algonquins et les trois missions d’icy bas, assemblés dans la grande Eglise non encore bénite.
Le premier discours fut pour la mort d’Hannonsache ; on essuya les larmes des morts par huit capotes blanches, autant de chemises ; autant pour les Ayandés, et quatre fusils pour les guerriers ; on fit un trou pour enfouir ce discours qu’on couvrit de quatres justes-aucorps galonnés pour chaque cabane ; on fit passer la rivière dessus par ur collier ; on leur osta la hache par un deuxième collier ; on la jetta dans le lac par un troisième collier.
2me. discours. On leur oste le pouvoir de piller les François traitant sans permission, par cinq colliers.
8me. discours. Qu'il punira M. de la Salle d’avoir armé PIlinois.
4me: discours. Il reconnoit pour enfans l’Huron, l’&taois, l’Algonquin, par 5 colliers.
ÿme. discours. Il leur demande quel sujet ils ont de faire la guerre à l’Ilinois et au Miamis.
6me. Le Père Bruyas jette le collier de la Foi.
me. Les Ganna8aques et Gannensatagués, ne faisant qu’une C terre, jettent un collier, puis les Algonquins, enfin les Hurons, chat pour confirmer la parole d’Onontio. Ces présens montèrent à plus d acl de deux mille écus. AAUS
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Teganissorens, orateur, chef et interprète des Iroquois, répondit de le à tous ces colliers par autant d’autres colliers. Pour la question comi de l’Ilinois il dit fièrement : il mérite la mort ; il m’a tué : on n’osa pillé point répondre. C
Le Général envoye en traitte pour 16000 livres de marchandises. lesqt
« Gén 1683. Les vaisseaux nous amenèrent trois compagnies de la Marine : et pe
Novembre. MM. D'Hosta, Chevalier, et Aubry, capitaines. :
Monseigneur de Laval s’en va en France. Fra
M. Perrot s’estant brouillé avec les dits capitaines et fait quelque ie
enve
faux pas dans ce procédé, est interdit.
1684. La maison des Sœurs de la Congrégation fut bruslée, et deux Décembre.
Sœurs dedans.
Teganissorens, estant descendu de Tsonnontouan à Montréal, visite toutes les costes. Cependant le Père Potier descend des Outaois, apporte les nouvelles que les Iroquois avoient pillé les 16,000 livres de M. dela Barre ; de plus, qu’ils avoient assiégé le Fort de Contrecœur où estoit le Chevalier de Baugy, ce qui mit M. de la Barre en fureur et tous les marchands intéressez ; sur ces entrefaites, Teganissorens arrive à Québec ; sa présence irrite les François. On conclut une guerre à la hâte, sans préparatifs ; on assemble 800 hommes des costes ; ceux de Lorette s’y joignyrent, et la nouvelle en estant venue icy, tous les Sauvages se préparent à la guerre. Teganissorens est arrêté.
M. dela Barre fait M. Perrot Maréchal de Camp, mais ayant mis en prison les tambours des capitaines, il est cassé et se bat contre M. de Ste. Hélène.
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répondit question on n’osa
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Marine :
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itréal, vi- Outaois, )00 livres Fort de M. de la trefaites, çois. On ble 800 nouvelle la guerre.
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Cette guerre fut particulièrement excitée par l’avarice des marchands, lesquels avoient, sous M. de la Barre, toute licence d’acheter de luy autant de congez qu’ils vouloient, y ayant cette année icy 150 canots aux 8tacuais. On faisoit encore des desseins de commerce à Niagara, à Toucharenton, aux Ilinois et ailleurs. M. de la Barre et eux vouloient obliger l’Iroquois de laisser paisible le commerce, et, le premier, de se faire rembourser les 16000 livres pillées.
Cependant cette armée part au nombre de 1200 hommes, parmy lesquels estoient 350 Sauvages : elle manquoit de vivres. M. le Général très-embarrassé ne donnoit que peu d’ordres pour la marche, et pour le reste désirant fort la paix.
Les RR. PP. Lamberville et Milet apportèrent dans le Lac St. François trois colliers qui disoient que le Tsonnontouan, guerrier, fesoit le maistre ; que l’Onnontaguë désiroit faire la paix, et qu’on envoya Ok8ouessen. (M. Lemoine.)
Ces colliers furent présentés publiquement à Katarok8y. OkBouessen part après la mi-Août de Katarok8y, et quatre jours après on partit peur la Famine où le mauvais air, le poisson corrompu, et surtout l’infection des ordures du campement qui ne changea point, donnèrent la fièvre à l’armée ; enfin, Ouréouhati y vint faire excuse et la révérence à Unonthio pour le Tsonnontouan qui n’y estoit pas, et il se fit ainsi une satisfaction en effigie.
M. Demeules, intendant, s’en retourne. M. Champigny vient. Au retour de la guerre arrivèrent les vaisseaux, M. de Callières, M. Hénault des Rivaux, gouverneur de Montréal, et trois capitaines de vaisseau. On avoit commencé en May le bastiment du nouveau Séminaire.
Au mois de May nous eûmes nouvelles par l’arrivée des vaisseaux 1°: de l'élection de M. l'Abbé de St. Valier à l’Episcopat de Québec, malgré tous ses parens qui le vouloient retenir, et toute la Cour, où sa sainteté estoit très-distinguée ; 2°: du rappel de M. de la
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Barre, duquel le procédé avec les Iroquois avoit déplu à M. de Seignelay qui Pappela la paix henteuse du Sieur de la Barre ; 80. Que M. le Marquis de Denonville, mestre de camp des dragons de la Reine, luy succède et amène 600 hommes, avec ordre de subjuguer l’Iroquois. Enfin, de la mort du Roy d’Angleterre et de sa conversion.
L’Espérance fut tué le 15e Décembre.
Le Gouvernement de M. de Denonville a duré quatre ans. L’an 1686, il se prépara à la guerre et demanda des troupes. L’an 1687, il alla à Tsonnontouan.
L'an 1688, il fit la paix.
L'an 1689, il fut battu à Lachine, et rappellé.
L’hyver, M. Denonville fit faire des présens aux Sauvages du Sault et de la Montagne ; ils eurent 200 livres pour leur part en couvertes.
Au mois de Février les Tionnontatés furent conduits à la chasse par le traistre Astolach à Katoge ou Saxina, où il avoit donné rendez-vous aux Tsonnontouans qui en enlevèrent, moitié de gré, moitié de force, 120.
Sept Anglois allèrent le printemps en traitte à Missilimakinac, et firent 200 robbes ; ils furent pris des Miamis à leur retour ; lesquels Miamis furent repris par les Iroquois qui ensuite attaquèrent le village des Miamis en l’absence des hommes et y prirent 200 femmes et enfans. Les Iroquois firent leurs cruautés ordinaires, rôtirent les enfans, les firent manger à leurs mères ; bruslèrent une fille à la broche, —sa mère la défendit en désespérée. Les guerriers des Miamis réunis et avertis, poursuivirent les Iroquois, en tuèrent 127, et reprirent partie des captifs.
Cependant Turcot, Rolland et Grandmaison, traitteurs François, soht pillez des Iroquois ; et d’un autre costé trois frères, St, Hélène,
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François, Hélène,
d’Iberville et Maricour, avec leur cousin St. André, prennent deux Forts à la Baye d'Hudson : Kichichouan, et Fort Rupert, assistez de M. de Troyes, commandant un détachement de la marine ; ils dégradent le gouverneur en une Isle.
M. de St. Vallier visite l’Acadie, et estant de retour repasse en France.
On fait l’enceinte de Ville-Marie, de pieux. Cependant Dongan, Gouverneur de Manhatte, catholique, mais très-méchant homme, persuadé par les nommez Du Plessis, Lafontaine, Marion, francs fugitifs du profit qu’il y a à faire à Missilimakinac, y envoye un nommé Grégoire avec un gros party de 60 hommes, et 3000 livres d'effets, et qui ayant eu avis que M. Du Luth gardoit le passage de Toncharontio qui communique du Lac Erie au Lac Huron, passèrent par T'aronte, et estoient conduits par les Lafontaine, Marion, le nommé Gaustassy et Tegannenstet. Ils arrivèrent au voisinage de Missilimakina, vers le mois de May au nombre de 60. M. de la Durantaye, très-brave et très-sage officier qui y commandoit, jugeant qu’il falloit prévenir entrevue des Staouais et des Flamands, sort au devant de luy avec sa compagnie ; tous les Sauvages sortent en mesme temps avec leurs armes, et font un grand party dans les bois à une portée de fusil des François. Chose admirable, tous les Sauvages estoient partis pour favoriser les Flamands à cause de leur bon marché. Cependant, Grégoire crut infailliblement qu’ils venoient escorter et soutenir les François. M. de la Durantaye sans leur donner le temps de s’esclaircir, estant entre les Sauvages et les Flamands, s’avance avec sa compagnie le fusil en joue ; fait mettre bas les armes aux 60 Flamands et les lie, et en même temps donne le pillage de leurs marchandises aux Sauvages et aux François, s’acquérant par là ceux qui se seroient peut-être révoltés.
Cependant, M. le Marquis de Dénonville qui songeoit sérieusement à la guerre avoit, dès l’automne précédente, envoyé des pré sens à toutes les nations des 8taouais, Miamis, Ilinois, et Poux, ayec ordre aux trois capitaines, Du Luth, capitaine de Toncharontio,
Tonti, capitaine des Ilinois, et la Durantaye, capitaine de Missilimakina, comme aussi à tous les chefs des coureurs de bois, comme Nicolas Perrot, chef des Poux, Micheloque, etc., de se trouver à Ganientaragouet au commencement de Juillet.
Rien ne fut mieux et plus secrètement conduit que cetté affaire. Les préparatifs de vivres et les ordres pour les missions d’en haut furent si secrets que ny le Père Lamberville qui vint d’Onontaguez, ni les Sauvages ne s’en doutèrent. Il avoit demandé des troupes ; on lui envoya 1500 hommes des recrues de la marine, sous la conduite de M. de Vaudreuil, Mareschal des Logis des Mousquetaires.
flest vrai que le Roy avoit voulu donner un détachement de vieilles troupes, mais comme elles dépendoient de M. de Louvois, la jalousie de M. de Seignelay fit qu’il aimât mieux cette misérable recrue de milice ; enfin elles arrivèrent à temps, avec la promesse de la Cour d’en donner d’autres. On partit le 11e Juin. L’armée étoit de toutes les quatres missions : 100 hommes du Sault ; 60 de la Montagne ; 40 de Lorette ; 60 Abénaquis et quelques Algonquins, et \800 hommes, troupes et milices, en quatre bataillons, commandés par Dugué, Berthier, Verchères, et Longueuil: M. de Callières, lieutenant-général.
M. l’intendant de Champigny arriva le premier, et ayant fait appeler les Sauvages de Katarok8y, on envoya prendre tous les Ganneyousses et les Kentés qu’on pilla et enchaisna dans le Fort pour n’avoir pas ces Sauvages contre nous dans la campagne. Ily avoit environ 40 hommes et 80 femmes et enfans.
En vérité, cela faisoit pitié que des Sauvages qui estoient comme sous notre protection fussent ainsi pris, pillés et enchaînez, et pris par l’appât d’un festin ; ce qui fut de pis, 1°: c’est qu’on envoya les hommes à la fin de la campagne aux galères en France. 2°. que la pluspart des fermes et enfans moururent de tristesse et de la maladie pestilentielle qui se mit dans l’habitation. Horchouasse, Ouiongouen et Onnonouaragon, Onnontagué, qui venoient au Montréal dans le temps que l’armée montoit, furent aussi pris, et le
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HISTOIRE DU CANADA ol
premier mené en France. Enfin tout ce procédé a esté d’autant plus blâmé qu’on ne Pa point soutenu, et que si on a été trop rude au commencement, on a esté trop mol et trop humble à la fin.
Cependant cette armée florissante, ces troupes venues au premier May si justement ; cette marche si heureuse à ses premiers commencemens, enfin l’abondance générale fesoit concevoir les plus belles espérances du monde. Elles furert augmentées par un canot qui vint du costé de Toncharontio pour dire que les trois capitaines Tonty, Du Luth et la Durantaye venoient par le Lac Erié, amenant les nations et les coureurs de bois, et, en outre, ce dernier capitaine amenant les 60 Flamands prisonniers.
Pour profiter de ces heureuses conjonctures et commencemens, on partit le trois Juillet, ayant envoyé trois barques par le Lac Ontario chargées de vivres, qui devoient mouiller devant Ateniatarontagué. Nous y arrivâmes heuretement en sept jours de marche, et par une aventure et conjoncture qui ne s’est jamais vue, le 10 au soir, comme nous arrivions, arrivoient aussi les secours des nations, et les trois capitaines avec six cents hommes.
Jamais le Canada n’avoit vu et ne verra peut-estre jamais un pareil spectacle : trois barques mouillées vis-à-vis un camp, dans lequel il y avoit un quartier de troupes réglées de France, avec la Cour du général ; le quartier des habitans en quatre bataillons, avec la noblesse du pays ; le quartier des Sauvages chrestiens, et ensuite une cohue de toutes ces nations barbares, nues, mattachées et peintes par le corps de toutes sortes de figures, portant des cornes à la teste, des queues au dos, armées de flèches. On oyait (entendoit) la nuit une infinité de toutes sortes de langues, et des chai. et des danses en toutes sortes de langues. Les Tsonnontouans nous vinrent reconnoistre, et ensnite allèrent brusler leur village et s’enfuirent.
L’on fit entrer et l’on enfonça en l’eau du petit lac d’Aténiatarontagué les bateaux ; on fit un Fort, et l’on partit le 12e Juillet sur le soir.
M, de Callières, lieutenant-général, menoit l'avant-garde composée de 300 Sauvages chrestiens à droite, commandés par M. de Ste. Hélène Les Sauvages ,ayens à gauche, avec trois compagnies. 100 8tois, 5C Poux, 100 Chaouanons ou Ilinois, et 50 Hurons, commandés par les interprètes Nicolas Perrot, Micheloque et Penar, avec les coureurs et volontaires au milieu, faisant huit à neuf cents hommes.
A quelaue distance de l'avant-garde, marchoit le corps de bataille de quatre bataillons de troupes, et de quatre de milices ; M. le Marquis estoit à la teste des troupes, et M. Dugué de la milice.
La marche fut un peu précipitée ; les troupes fatiguées mouraient de soif; le jour fort chaud. Les deux corps se trouvèrent tr ; éloignés l’un de l’autre. Les découvreurs aussy furent trompés, car estant arrivés jusques dang les déserts de Gzensera ils trouvèrent cinq à six femmes qui cercloient dans les champs, ce qui estoit un leurre que les Iroquois donnoient aux François pour leur faire croire qu'ils estoient tous dans le village. En effet, ce fut la cause de la marche précipitée de M. le Marquis qui vouloii faire une circonvallation avant leur départ. Mais ce qui fut la principale cause de tout ce qui arriva ensuite, fut que Garistatsi et Gannagenroguen, Agniers, s’emparèrent la nuit de la barque, et passant aux Tsonnontouans leur dirent notre nombre, notre dessein, et surtout que les Sauvages portoient à la teste des tours de testes rouges.
D'abord, tous les guerriers quittèrent leurs brayets pour passer pour des 8taouais qui n’en portent point, et en firent des tours de testes, ce qui leur réussit, afin d’estre pris pour estre dc nos alliés. Ensuite les femmes et vieillards, chargés de ce qu’ils avoient de meilleur, s’enfuyrent à Ouiongouen. Tous les guerriers au nombre de 800, ayant bruslé leur village, résolurent de dresser une embuscade.
Le territoire de Gaensera est très-montueux. Ce village est sur |
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‘ tomber dans une embuscade.
une haute colline ; on y monte par trois tertres, au bas est une vallée, et vis-à-vis, d’autres grands côteaux, entre lesquels passe un gros ruisseau couvert, pendant et rapide, qui dans la vallée fait un petit marais couvert d’aunages ; c’est là le lieu qu’ils choisirent pour leur embuscade. Ils se séparèrent en deux ; ils postèrent 300 hommes dans le ruisseau pendant entre deux costeaux, dans un gros buisson de hestres, et 500 dans le bas des dits côteaux, dans ce marais, et entre les dits aunages dans la pensée que la première embuscade de 300 hommes laisseroit passer l’armée, et après feroit leur décharge par derrière ; ce qui l’oblige:oit de se jetter dans la deuxième embuscade qui estoit cachée au bas de ces deux costeaux, dans le marais.
Ils se trompèrent pourtant, car comme l’avant-garde que commandoit M. de Callières estoit fort éloignée du corps que commandoit M. le Marquis, ils crurent que c’estoit toute l’armée ; c’est pourquoi comme la dite avant-garde passa près de la hestrière où ils estoient cachés, après avoir fait un horrible sakak8a, (sakaqua) ils firent une décharge.
Inévitablement, il est toujours désavantageux d’estre surpris et Les Staouais et Sauvages nonchrestiens s’enfuirent tous ; ils estoient à la gauche de l’avant-garde françoise, composée des trois compagnies de Du Luth, La Durantaye, et Tonti, laquelle ils laissèrent découverte. Les Sauvages chrestiens de la Montagne et du Sault et les Abénaquis tinrent bon, et firent deux décharges.
M. le Marquis s’avança avec le corps de bataille composé des troupes du Roy, pour occuper le haut du côteau où il y avoit un petit Fort de pieux ; mais la terreur et le désordre de la surprise fit, qu’il n’y eut que M. de Vairenne qui s’y distingua, et M. Dugué qui, menant l’arrière-garde, rallia le bataillon de Berthier qui fuyoit, et estant à la teste de celui de Montréal fit tirer deux cents coups. M. le Marquis, en cheïise, l’épée à la main, fi: tirer le corps de bataille, et battre les caisses lorsqu'on ne voyoit presque plus per-
sonne ; cela épouvanta les 300 Tsonnontouans de l’embuscade qui s’enfuyèrent d’en haut vers les 500 qui estoient embusqués en bas. La crainte que toute la terre estoit là les fit enfuir avec tant de précipitation qu’ils laissèrent leurs couvertes en un monceau, et on ne les vit plus.
On tint conseil ; on résolut, comme il estoit tard, de coucher sur le champ de bataille, de peur d’autre surprise. On alla dans le lieu de l’embuscade ; on trouva 14 Jroquois morts ou mourans ; on coupa les testes qu’on apporta, et un encore en vie dit, qu’ils estoient 800, 300 en haut et 500 en bas, et que les Ouiongouens devoient venir le lendemain ; ce qui fit qu’on #’arrêta où l’on estoit. On a trouvé en divers lieux, les jours suivans des vivres, et d’autres Sauvages morts, ou qu’on tua.
Pour notre perte, le Père Angelran, missionnaire célèbre des 8taouais, eut les hanches percées ; parmi les Fransois furent tués Nantara. Filliatro, et d’autres.
Parmi nos Sauvages fut tué Tégaretouan ; Le Soleil, de la Montagne, brave chrestien en toute façon ; Oyenratarihen ; La Cendre Chaude, du Sault; Gonhiagou ; Le Ciel des Tionnontatés, Huron. On emporta trois Sauvages blessés, et beaucoup de François qui souffrirent beaucoup, portés sur des brancards par quatre hommes qui se relevoient plusieurs fois par jour.
Le lendemain on marcha en bataille, s’attendant à des attaques. On descendit du côteau par une petite vallée pendante, ou gorge, par laquelle couloit un ruisseau bordé de halliers et qui se déchargeoit au bas du côteau, dans un marais plein d’une vase profonde, mais plantée d’aunages si épais qu’on se voyoit à peine ; c'est là où ils avoient posé leurs deux embuscades et où nous aurions peut-etre denné s’ils n’avoient pas pris notre avant-garde pour toute l’armée, et ne se fussent pas tant pressés de tirer. M. le Marquis fit très-prudemmert de ne pas poursuivre ; car c’est une ruse de Plroquois de s'enfuir pour attirer dans une plus grosse embuscade. Le marais qui a vingt arpens environ de large estant
pass cou!
la fa situt tertr cen de h pied:
avoi vâm —le des d laque coins ils ay haut jusqu
cent celui asso
mais des g et all
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cher sur ns le lieu on coupa estoient devoient boit. On d’autres
lèbre des urent tués
il, de la ihen ; La nnontatés, p de Franpar quatre
attaques.
où gorge, se décharprofonde, ; c'est là 18 aurions barde pour er. M.le ar c’est une plus grosse arge estant
passé, nous trouvâmes environ deux ou trois cens méchantes couvertes, plusieurs méchans fusils, et commençames à apercevoir la fameuse Babylonne des Tsonnontouans, ville ou village d’écorce, situé au haut d’une petite montagne de terre où l’on monte par trois tertres ; elle nous parut de loin couronnée de tours rondes ; mois ce n’estoit que des grandes caisses d’écorce ! de quatre pieds environ de haut, enchassées les unes dans les autres, de la largeur de quinze pieds environ de diamêtre où ils mettent leur blé d'Inde. Le village avoit été brulé par eux mesmes, il y avoit huit jours. Nous ne trouvâmes dans le village rien d’entier que le cimetière et des tombeaux —le tout fort peuplé de serpens et d’animaux ; un grand masque avec des dents et des yeux de cuivre jaune, et une peau d’ours dessus avec laquelle ils jonglent dans leurs cabannes ; il y avoit aux quatre coins de grandes caisses de blé qu’ils n’avoient point pu brusler ; ils avoient outre ce poste leur blé d’Inde dans un fort de pieux au haut d’une petite montagne escarpée de tous côtés, où il y en avoit jusqu’au genou j'artout le fort. Les Tsonnontouans avoient quatre grands villages qu’ils changeoient de dix en dix ans pour s’approcher du bois, et lui donner le temps de recroître. Ils s’appelloient Gaensera, Tohaiton, qui estoient les deux plus grands ; Onnontagué, Onnenaba, moindres ; dans ce dernier demeuroit Ganonketahoui, le premier chef. On coupa le blé qui estoit sur pied, déjà bon à manger, et on brusla ie vieux. On fait état qu’on brusla cent mille minots de blé vieux, et cent cinquante m'île minots de celui qui estoit sur terre, sans les fêves, ei les cochons qu’on assomma. Il mourut 60 personnes des coups reçus dans le combat ; mais une infinité périrent de misère ; plusieurs s’enfuyrent au-delà des grandes montagnes d’Onnontagué qui les séparent de la Virginie, et allèrent habiter le pays des Andastoez ; la plupart des esclave : se dispersèrent, et depuis ce temps la nation Tsonnontouanne qui estoit au moins de huit à neuf cens guerriers et dix mille âmes en tout, fut réduite à la moitié.
De là, contre l’attente des Sauvages qui croyoient qu’on iroit à Ouienguien, Onnontagué, et aux autres Iroquois, on alla établir un | D
fort à Niagara où nous fûmes après trois jours de marche. C’est une pointe qui est formée par le Lac Ontario, et la Rivière de Niagara de l’autre pointe, de 60 pieds de haut, à dix lieues de la farneuse chûte du Lac Erie dans cette Rivière, et après dix lieues dans le Lac Ontario.
Désormais, je ne parlerai ni de la description des lieux, ni des actions, mais bien de la chronologie des faits.
MS
M. de Troye y fut laissé commandant ; c’est lui qui avoit été à la Baie d'Hudson avec 60 hommes.
Nous traversâmes le Lac Ontario, du Sud au Nord, qui en cet endroit a quatre lieues de large, avec un petit vent qui fesoit faire des lames comme en mer. Nous trouvâmes en abordant un agréable spectacle qui est, que pendant un quart de lieue tous les arbres du rivage avoient un chevreuil écorché, pendant à leurs branches. Là mourut M. de Troye, de la dissenterie. La nourriture avoit donné à tous la dissenterie, qui s’estoit mise au camp à cause des porcs frais et des fêves qu’on mangea. Après avoir cotoyé T'éhiâägon, et qu’on vint passer à Kenté et Ganeyousse, par la Rivière de Tannahouté on arriva à Katarok8y le lendemain d’une grosse
15 Août, 1687. tempête qui nous fit coucher sur un Rocher ou petit Islet. Nous arrivâmes à Katarok8y, où M. le Marquis estoit en peine de nous, non sans raison, car nous avions esté suivis par des Iroquois. Nous arrivâmes de là à Montréal en quatre jours de marche,
20 Août. Niagara, Katarok8y, et la Rivière, furent le camp de la guerre en 1687.
Cinq cens Iroquois vinrent à Katarok8y, où commandoit M. d’Orvilliers. Quatre cens Iroquois descendirent la Rivière, Dix soldats, de Duclos, capitaine, s’estoient égarés dans les bois à Katarok8y, huit hommes estant allés moissonner de: nois en avertirent le fort; trois soldats furent pris, avec Mademoiselle d’Alonne G& on fit monter sur une souche, avec le chapeau de la Chaudière Noire.
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Deux soldats furent tués dans les guérittes qui étoient de pin.
La barque, chargée de vivres, partit pour Niagara avec le Père Lamberville. Le fort de Katarok8y fut assiégé un mois ; celui de
Niagara fut assiégé par 40 canots, et on coula bas quelques canots.
Des 400 Iroquois qui descendirent la Rivière, 60 prirent à la Galette neuf monteurs,où les eaux estoient basses, avec tous les habitset vivres des soldats. Duclos commandoit ce détache: nt. Les Iroquois tuèrent Vincent au bout de l’Isle, et Fournier dans l’Isle,
Beau combat de l’Evitier, enseigne, qui sauva Amiconti, arracha une épée et tua le Sauvage qui l’avoit, sauva le capitaine Basque, et eut son chapeau percé.
Le 4 Octobre, 150 Agniers assiégent Chambly où commandoit M. Du Plessis. Ils prirent un soldat, sa femme et son enfant.
Les Agniers bruslèrent Verchères, tuèrent 80 bêtes ; et L’Etang, officier, gendre de Verchères, fut tué en la Rivière de Richelieu.
Grégoire qui avoit été pris à Michiiimakina par La Durantaye, puis amené par la barque à Katarok8y, après avoir travaillé à Katarok8y descendit à Montréal et renvoyé, vient en ambassade avec Onnaské, le crapaud. Le Père Vaillant retourne aux lroquois assemblés à Orange pour tenter une négociation, et revient de même sans effet.
Le 16 Février au matin, on apporte pour nouvelle de Katarok8y, que les Tsonnontouans ont jetté des colliers au Père Lamberville à Katarok8y, pour faire la paix à Niagara.
M. de Ste. Hélène va quérir le Père Lamberville qui avoit le scorbut, et avitailler le Fort de Katarok8y. 20 soldats y sont malades. M. de Villeneuve, commandant, y meurt, avssi M. de Troye ; M. de la Durantaye meurt à Niagara, et p'esque toute la garnison, du scorbut qui ne manque point aux garnisons nuurries uniquement de salé, et assiégées sans pouvoir sortir, ni avoir des herbes.
24 Sept .
Décembre,
30 Mars.
2 Juin.
5 Juillet.
Le Père Vaillant revient avec Mademoiselle d’Alonne, et Gastari, Mari d’Aratable de la Montagne. M. de Ste. Hélène, capitaine, en ramenant 80 François ou soldats de Katarok8yÿ, est attaqué à Tonihata. 1l a quatre hommes de tués, et un fait prisonier.
Des Agniers viennent débaucher la mission du Sault, et assurer que les François estoient perdus : trente hommes et vingt femmes quittent la mission du Sault.
Dongan, après le départ du Père Vaillant, assemble les Gouverneurs de Maryland, Boston, Virginie, Baltimore et de Pensylvannie, et les Iroquois à qui il donne des paquets de corde pour lier les François, et se venger de ce que Grégoire avoit été pris et pillé par M. de la Durantaye à Michilimakinac.
Le 2 Juin, le Chevalier d'Eau apporte des nouvelles que plusieurs Sauvages, entre autres la Chaudière Noire, Outréouhati, autrement dit Grand Gueule, et Gagniêgoton, venoient en paix : on verra que c’estoit pour tromper. Combien la crédulité de ce qu’on souhaite aveugle ! Enfin, ils viennent et font un conseil ou négociation de paix sous la direction du Père Lamberville, plénipotentiaire en ce traité.
1er Article. On rase Niagara où il étoit bien morts 100 hommes, et qu’on ne pouvoit avitailler. 2° On ôte la hache aux Outaouais. 80 On rend 91 esclaves que le Sault et la Montagne avoient.
Cette année le scorbut ou autre maladie populaire enleva 100 hommes à Niagara ; autant à Katarok8y ; autant aux Abénaquis, et 1400 au Canada.
Les Abénaquis que nous avions, après avoir bien fait des dettes aux Trois-Rivières, vont s’establir près d'Orange, et viennent brusler un François ; le six et le neuf brûlent Sorel, St. Louis et Boucherville. Le 18, Larivé et Nicolas ramènent treize prisonniers, François ou Sauvages. M. de Callières monte avec mille hommes à Katarok8y.
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Le 15 Août, cinq de nos Sauvages de la Montagne furent attaqués par les Onnontagués à Orakonenton ; deux furent tués, dont un nommé Haratsion, beau jeune homme, fort pleuré.
Les Abénaquis qui étoient dans la Colonie vont contre les Anglois, lèvent dix chevelures Iroquoises et six Angloises.
Le Rat, Huron de Téonontaté, prend Tégannissorens afin d'empêcher la paix. Pionontio traitoit, et dit, J’ai tué la paix. Il avoit intérêt qu’Onnontio ne fit la paix de peur que l’Iroquois ne tombât sur lui.
Monseigneur vient de France.
Onnonchiagon vient épier Onnontouac. Trois grands Chefs viennent nous abandonner et tromper. Ondechio, mari de Sagoguenchon, vient et s’en retourne. ‘l'iontoragué vient aussi assurer la paix et trahir.
Le 14 Juillet, nouvelles de la révolution d'Angleterre, et de la guerre.
Jean-Baptiste Honnentarionni trouva les Iroquois dans l’Isle qui lui prirent sa chemise et son bracelet disant, qu’ils luy rendroient s’il persuadoit au village de venir trouver l’Iroquois, et que nous étions perdus. Honanderon dit que cela estoit vrai ; ni nous, ni personne voulut le croire.
Cependant, Attérihata revint ou s’enfuit du village d’Onnontagué, rapportant que tous étoient partis. En effet, 1400 Iroquois, plusieurs femmes habillées en hommes, estoient partis. La femme de Garatolan donna l’alarme.
Cela fut cause que M. le Marquis ordonna qu’on se retirât dans les forts, et il envoya le Père Lamberville et M. de Longueuil en ambassade pour rencontrer les Iroquois et les adoucir.
Enfin, le 24 Août, au milieu de la nuit, les 1400 Iroquois passèrent le Lac St. Louis dans une tempête de grêle et de pluie. Ils se placèrent par pelotons, en corps de garde à toutes les maisons,
durant sept lieues, et commencèrent un massacre général d'hommes, de femmes et de maisons.
Suit une liste de noms, la plupart indéchiffrubles.
La nouvelle de cet étrange massacre arrive ;—M. le Marquis fait partir M. de Vaudreuil avec 300 hommes qui arrivèrent à leur camp au haut de l’Isle, où on les trouva presque tous saouls. C’étoit là une belle occasion d’en tuer cinq ou six cents, et ravoir les prisonniers ; mais par une conduite dont je laisse le jugement à d’autres, il défendit de tuer, disant qu’il avoit des ordres contraires. On en prit pourtant trois dans le fort de la Présentation, qu’on assomma dans la cave.
Il se sauva un chirurgien du Lac des Iroquois qui dit, que le Père Milet avoit été pris, attiré par les Iroquois pour confesser un chrestien moribond.
M. le Comte ramena le parti au fort Roland. Le lendemain, 5 Août, un gros parti descendit de leur camp au haut de l’Isle, et se vint poster entre le fort Roland et celui de l’Eglise de Lachine, partie dans le bois, partie au bord des bleds qui estoient hauts, s’envoyant du secours selon le besoin par des sentinelles posées sur les arbres.
L’Arabelle, capitaine réformé, fut commandé pour amener 40 hommes de renfort à M. de Vaudreuil ; M. le Marquis restant pour garder la ville où étoit sa femme et sa famille. A L’Arabelle, se joignit une troupe du Sault et de la Montagne ; mais les Iroquois laissant les Sauvages, tirèrent sur le gros des soldats dont ils mirent la plus grande partie par terre, et se jettèrent sur L’Arabelle qu’ils prirent avec La Plante et Villedenné. Sept Sauvages du Sault voyant cette déroute, voulurent gagner le fori de l’Eglise où étoit M. d’Ollier, mais comme ils étnient vieux et lassés, ils furent tous tués à la montée du moulin ; la face de Lahaie eut des coups de sabre, et il fut détruit.
Après cette victoire complette, cette malheureuse troupe de pri sonniers essuya toute la rage que la vengeance la plus cruelle peut
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inspirer à des Sauvages. Elle fut transportée au delà du Lac St. Louis par l’armée victorieuse qui fit, en passant le Lac 90 cris, pour marquer le nombre de prisonniers ou chevelures qu’ils avoient ; disant: on nous a trompés, Ononthio; on te trompes aussy. Etant abordés, d’abord ils allumèrent des feux, plantèrent des poteaux, firent brusler cinq François, firent rôtir six enfans, et d’autres griller sous les cendres et les mangèrent. Ils emmenèrent les autres pour être immolés au gré de leur vengence, à Onnonta-
gué, où on les fit promener longtemps sur un chemin de charbons ardents.
Peu de temps après, la peur s’étant emparée des Sauvages, on fit venir demeurer en ville tout le village du Sault, avec leur blé qu’on mit sous les voûtes de l’Eglise.
On envoya des ordres à Katarok8y que la garnison abandonna ; et l’on fit sauter les bastions et les courtines en partie ; et au commencement d’Octobre, M. de Frontenac vint reprendre le Gouvernement.
MM. Du Luth et Mantet donnèrent le plus beau combat qui se soit donné de cette guerre. Vingt-sept Tsonnontouans contre environ autant de François s’étant découverts et rencontrés dans le Lac des Deux Montagnes, M. Du Luth fit mettre ses canots à la queue l’un de l’autre, et eut l’adresse de mettre le soleil aux yeux des Iroquois et commanda à ses gens d’essuyer le feu ennemi. Ils ne blessèrent personne ; alors M. Du Luth commande de prendre chacun le sien, se mettant en travers et en flanc, —ce qui s’exécuta si heureusement, que tous tombèrent dans le Lac blessés, hors deux, dont un fut bruslé sur le champ par les Algonquins, l’autre à la Montagne par ordre de M. Dénonville.
Le 13 Novembre, les Iroquois firent encore un horrible massacre, dans un jour de poudrerie de neige à Lachenaye, où ils massacrèrent
la nuit vingt François, dont ils dispersèrent les membres et les boyaux sur la neige.
Le 15, Pagnet, marchand, fut assassiné: chez lui.
16 Octobre.
3 Février.
18 Août.
Le 27, le magasin du Séminaire fut bruslé, plein de galettes et de harucs.
MM. d’Iberville et de Ste. Hélène, avec 120 François, et autant de Sauvages, arrivent près de Corlar, trouvent les portes ouvertes, bruslent le fort, pardonnent aux femmes et aux enfans et à trente Iroquois. D’Iberville prend le devant, et le 30 Mars vingt-cinq soldats, menant des chevaux des Flamands, furent coupés par les Iroquois à qui on avoit donné la vie, et qui en prirent 14.
Le 8 Mars, Gagniegoton vint avec des colliers.
Le 2 Juillet, un party d’Iroquois estant descendu par la Rivière des Prairies à Repentigny, fit encore un grand massacre. Il y eut 20 hommes tués, et 30 Iroquois.
Pierre Milet, tué ; sa fille, bruslée. Trois Lajeunessse, bruslés. La fille de la Meunière emmenée. Le sergent Dumoulin, tué. Daillot et Colomb, lieutenants, tués. Charles Pouliot, aussi tué dans l’Isle Ste. Thérèse. Planchau, Gervais, Baudry et Desroches tués, et Lamour pris.
La Gémeraye et d’Hosta tuèrent 10 Iroquois, et perdirent cinq hommes. Le Chevalier de Clermont recouvre cinq garçons. Ensuite, MM. St. Hélène et Valrenne laissent échapper les Iroquois.
Tous les blés furent brumés, et il y eut une famine.
Il y eut un combat à St. François où 20 soldats furent tués ; 30 Iroquois furent aussi tués.
Le Chevalier d'Eau, estant envoyé à Onnontagué, est arrêté. Colin, Pun de ses canoteurs est bruslé, et Bouviat tué.
On eut nouvelles que trente-deux voiles venoient assiéger Québec, commandées par William Phipps. M. Prévost, major, avoit fait g«bionner. M. de Callières amena mille hommes de son gouvernement. M. le comte de Frontenac se trouva avec 3000 hommes. 11 fut sommé par un trompette de se rendre, avec
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espérance de pardon s’il le faisoit dans une heure. La réponse fut fière comme elle le devoit. Les Anglois descendirent à Beauport
On leur fit la guerre à la Sauvage, en chemise, les harcelant sans cesse ; s’enfuyant, ils leur tuèrent 100 hommes et en blessèrent 300. Ils se retirèrent, laissant leurs canons en désordre. Estant rembarqués, on fit eschange de MM. Trouvé, Joliette et Lalande. Les gros vaisseaux qui estoient criblés de coups de canon périrent, avec cinquante hommes qu’on trouva gelés le printemps suivant. Le
pavillon de la Ste. Vierge qui flottoit au clocher de Québec fut victorieux du canon.
Les Agniers prennent vers les montagnes de Chambli 6 Ganneyousses ; puis 13 qui sont ramenés, par Onnonouagaren, pour entretenir l’intelligence secrète.
Le 7 Mai, les Iroquois bruslent le moulin de M. le Bert, à la Rivière des Prairies. La femme de Guillon ; Grégoire, sa femme ; Goulet, le fermier de Lachenaye, et quelques autres défendent une brêche de quarante pieds contre 300 Iroquois. Verchères, et un soldat furent tués.
Le 17 Mai, 70 Iroquois s’embusquent la nuit à la Montagne, en trois bandes, donnent sur les Sauvages qui, à quatre heures du soir, dormoient. Nous perdîmes Tondiharon On tira trente fois, mais on tira trop bas. Ils perdirent sept hommes.
Suivent plusieurs noms, mais qui ne sont pas lisibles.
Le 17 Juin, M. de Bienville commande un party pour poursuivre les Iroquois. On les rencoutre ; on les prend et amène 80 en nombre. On ne leur fait point de mal ; et ils achètent de la poudre et des fusils.
Ayant avis que les Flamands devoient donner à Laprairie, M. de Callières y alla. Les habitans campèrent d’un côté du fort, les soldats de l’autre, au nombre en tout de 1200. La débauche fut extrême en toute manière. Cependant, avant le jour, 80 Loups se glissèrent par le fossé, derrière le moulin, tuèrent la sentinelle
2e Mai.
10e Août.
Février.
endormie, levèrent la chevelure à six Outaouais, et tuèrent vingt habitans. Les capitaines qui estoient au fort accoururent ; trois furent tués à Ja porte, par une embuscade qu’on y avoit dressée exprès, savoir : St. Cirq, Hosta et De Cairac. On envoie L’Evitier et Domergue ; ce dernier fut tué avec douze homines, et trois prisonniers.
Les Flamands commandés par Peter Schuyler n’osèrent pourtant pas s’engager, à la face de tant de monde, à entrer dans le fort, et ils s’en retournoient en victorieux. Mais Valrennes et Demuy, qui avoient été envoyés précédemment pour les chercher avant qu’ils fussent arrivés, rencontrèrent les découvreurs : chacun s’embusqua. Les Agniers de Peter Schuyler, reconnus vis-à-vis de l’embuscade, essuyent le feu des Hurons et des soldats de Valrennes, et les Flamands aussi. Les ennemis eurent cent et un hommes de tués, mais ils enfoncèrent notre embuscade. Les Sauvages qui combattoient de notre côté plioient; M. Guay les rallie et ramène. Les ennemis s’enfuyrent. On manqua, en ne les suivant pas.
Le 12 Octobre, on fit un party sous le commandement de M. de Vaudreuil. M. Guay y alia, mais on relächa à Surel.
Dix-sept hommes du Sault, et leurs femmes, furent attaqués par 30 Agniers derrière St. Michel ; huit se sauvèrent. On trouva deux ennemis morts. On suivit les ennemis, on les joignit ; quinze furent tués. Gaxari et Garistatsi furent pris, on les massacra.
Cent vingt hommes du Sault, 40 de la Montagne, 20 de Lorette, et 100 François firent le party d’Onneyouth : M. Guay, menant les Sauvages ; Beaucourt, Auberville et Beaubassin, commandant les François.
On surprit Tateguenondahi, chef des Tsonnontouans, dans une Isle de la Rivière Keutsagué, au bout du Lac St. François. Il avoit 60 hommes dont 24 furent tués, et 20 pris. Six Sauteurs tués ; trois chefs de la Montagne. M. Guay vint dans l’eau gelée jusqu'aux genoux, couchant sur la neige, jeunant le caresine, avec une grosse fluxion sur les dents et la joue.
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En Mai, huit jours après la Fête-Dieu, nos gens qui avoient quatre heures par jour pour escorter, tardèrent au bas du rapide Bruslé, et furent surpris par les Iroquois. La Valterie fut tué, Ononari pris, Oganontara sauvé et blessé, Ononari fut ensuite délivré par Babouchi qui tua 7 Iroquois à Katarok8y. Il y eut sept François tués au rapide Bruslé.
Six cents hommes, savoir : cinq cents François et cent Sauvages menés par M. Guay, entrent dans les trois villages des Onnontagués qu’on brusla. On prit 150 Agniers ; mais on s'amuse. Les Iroquois assemblés à Onneyouth, joints aux Flamands, poursuivirent l’armée jusqu’au Lac St. Sacrement qu’on passa heureusement, car le lendemain il dégela, sans quoi on se seroit battu désavantageusement Les gens du Sault virent échapper 100 de leurs parens, pris par les Flamands ; on en amena que 50 tout transis de froid.
Trente-six François, accompagnés des T'êtes de Boules, peuple du Long Sault, furent attaqués par soixante Iroquois. Quatorze François pris; entre autres Artel, et huit autres furent tués; Labuissière, sergent, et Lagorgendière se sauvent, sautant le Sault avec la moitié d’un canot.
Sagenouara, Vincent, Faucher, et neuf autres à la Chine, furent tués ; trois enfans de la Montagne furent pris à l’Isle Ste. Thérèse. Villedenné se sauve ; il avoit été pris avec l’Arabelle cinq ans auparant, par la Chaudière Noire qui commandoit 60 Iroquois. On fit un party de 550 hommes commandés par MM. àc Vaudreuil, Crisasy et Mantet. On les conduisit à la Rivière des Outaouais au-dessus du Sault. Quoiqu’on fit bien du bruit, comme ils avoient le soleil aux yeux, ilsne nous virent pas. On les surprit comme ils traversoient. La Chaudière Noire alloit arriver quand nous fondîmes sur eux. Onen prit, outua 40, mais le reste se sauva, Nous perdîmes La Potherie, Montesson, Labrosse, gentilhommes ; ce dernier estoit débauché, et avoit amené une............ Il vouloit lier un Sauvage qui lui donna un coup de sabre au visage. H'estoit parent de M. de Champigny. Outre celui-ci, Joachim
1093, 20 Janvier.
Lavallée, avec deux Sauvas.s, futtué. Le lendemain on alla pour chercher leur cache ; nous alièmes debout dans des canots et à découvert. {ls nous tirèrent une volée de coups de feu qui tua Urbain, et rompit le genou d’un autre. On bantisa un enfant au feu. Taréha ramène St. Amour, pris en 1690.
Orchouche, avec les Ouiengiens, ramêne 13 esclaves ; entre autres, M. de Hertel et M. de Joncaire.
Le party de M. de Louvigny va au Long Sault. M. Guay marche pour la troisième fois. De Louvigny ne voulut pas traverser le bois à Onderakontera ; il revient avec les Sauvages faire un couv de huit tués; ses prisonniers furent bruslés à Montréal. Charleville fut tué.
La Durantaye tue 10 Iroquois à Boucherville.
M. le Comte monte à Onnontagué à l’âge de 7 en, et brusle Onueyouth ; M. Guay menant les Sauvages pour la quatrième fois. Un âne fit peur aux Iroquois, car il se mit à brailler la nuit.
Naissance de StaSennah, nommé Sorel. Retour du Père Milet pris à Katarok8y, en 16€9.
La Chaudière Noire tue trente François. Mort de M. le comte de Frontenac.
M. de Callière succède à M. le comte, et fait la paix.
Nous avons eu six cens personnes de tuées, ou pris ; plusieurs de ces derniers sont revenus.
Les Iroquois en ont eus autant réellement, et tous de bons hommmes.
Les Outaouais, et autres alliés, leur en ont tués autant. Ils sont diminués de moitié.
on alla anots et qui tua 1fant au
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