‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 3 sur 4 · S HISTOIRE DU CANADA · texte numérisé non relu

S HISTOIRE DU CANADA

leurs gens, et qu’on les rendroit s”:ls levoient le siège des Trois- Rivières, et fesoient la paix. Les Iroquois y consentent. Kanontaga faillit être pris luy mesme au Lac St. Pierre.

En 1653 la Sœur Bourgeois arrive ; elle est de Troyes ; elle estoit âgée de 35 ans, Préfete de la Congrégation. M. de St. André, leva 105 hommes que M. de Maisonneuve fit des 22,000 livres de Madame de Bullion, en Poitou, Maine et Bretagne. M. de Lauson, envieux, ne veut pas laisser moater les 105 hommes à Montréal.

Une troupe de François travaillant, avoit posé une sentinelle sur une souche, qui se laisse emporter et prendre par les jambes. Le Major fit courir aux armes; un [roquois nommé La Barrique, commandant la troupe se présente ; on tire dessus avec du plomb à canard, il tombe et est amené vif; son frère vint quelques mois après, donne quatre attaques à Montréal, mais La Barrique l’appelle de dessus les murs, et lui fait promettre de faire faire la paix.

Les Iroquois saccagèrent lIsle aux Oyes à douze lieues de Québec ; tuent toutes les familles de Moyen et de Macart, emmènent les enfans dont Mile. Dugué étoit ; repassent à Montréal, y donnent quelques attaques. La Barrique pourparle ; les dits Iroquois tuent un nommé Daubigeon, puis veulent pourparler. M. Lemoine venoit d’escorter un Ambasssdeur Iroquois, raconte le sac de l’Isle aux Oyes ; on fait dessein de surprendre les pourparleurs. M. Lemoine les prend, allant seul à eux avec ses pistolets, Le Capitaine de la troupe des pourparleurs Iroquois, nommé La Plume, vint le lendemain pour délivrer ses gens, et est encore pris par M. Lemoine avec quatre autres.

Les Agniers, sous la conduite d’un nommé La Grande Armée, vaennent en guerre à Montréal, apprennent la prise de ces six Capitaines [roquois, font faire la paix où l’on rendit Trottier,

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Mademoiselle Moyen a épousé M. Dugué ; Mademoiselle Maur M. de Grandville.

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La paix dura toute cette année, et l'habitation avança. Les Iroquois tuèrent pourtant au dessus de l’Isle, une troupe de Hurons, et parmi eux le Père Gareau qui vient mourir à Montréal, et y est enterré. sé

M. de Maisonneuve va en France demander à M. Ollier, directeur et premier associé de la compagnie, des ecclésiastiques : les Jésuites lui ayant dit plusieurs fois que sans estre fondez ils ne pouvoient venir seryir ce lieu au préjudice des Missions. Madlle. Manse se démit et se rompit un bras.

M. Ollier choisit M. l’Abbé de Kélus, M. Souard, M. Gallinier et M. Dalet qui partirent en caresme ; et M. Ollier mourut à pasques, ces Messieurs estant encore à Nantes.

Le Père de Quen, supérieur des Jésuites, et M. Daillebout viennent au devant à l’Isle d'Orléans. M. d’Argenson est nommé au Gouvernement ; il ne vint que l’année suivante. Cette année M. de Charny commanda à la place de M. de Lauson, son père ; et luÿ sen estant allé, M. Daillebout reprit le Gouvernement. En ce temps le Canada dépendoit pour le spirituel de PArchevêché de Rouen ; M. de Kélus avoit des lettres de Grand-Vicaire ; il en exerça la fonction à Québec.

Les Iroquois commencèrent la guerre le 27 Octobre 1657, par Passassinat d’un menuisier, nommé Nicolas Gode, qui couvroit une maison, et de son gendre nommé Jean St. Pair. On dit que la teste parla estant coupée. Madlle. Manse ayant le bras cassé, et toujours plus mal, demande permission à M. de Kélus de repasser pour aller trouver Made. de Bullion, et faire venir par son moyen des Religieuses de la Flèche. M. de Kélus dit à M. Souard qu’une hospitalière de Québec avait besoin de changer, et de l’amener icy ; elle y vient avec sa compagne, Madille. Manse, et M. de Maisonneuve n’en sachant rien, le trouva mauvais à cause que M. Ollier avoit fait un contrat avec les Hospitalières de la Flèche.

Mlle. Manse part, va à la Flèche. M. de la Doversière entendant dire qu’il y avoit des Religieuses à Montréal, jugea B L

témérairement qu’elle s’opposoit à ce qu’il y vint des Religieuses, et qu’elle venoit rendre compte et se retirer : il s’éclaircit. Madlle, Manse va à Paris, fait faire la fondation pour les Hospitalières de la Flèche, recouvte sa santé sur le tombeau de M. Ollier par miracle, et par un second miracle, estant tombée de cheval sur le bras, à huit lieues de la Rochelle, elle ne fut aucunement incommodée du bras qu’elle avoit eu rompu et disloqué avec une vieille luxation.

La sœur Marguerite Bourgeois avoit accompagné Mlle. Manse en ce voyage, et amena 32 filles pour le Montréal, trois Religieuses de la Flèche, savoir : les sœurs Brussolle, Masse et Moillac. Monseigneur d'Angers refusoit son obédience. M. de la Doversière fut malade à la mort, et le peuple d'Angers se mutina ; M. de St. André les écarta l’épée à la main, et elles partirent. MM. Vigne et Lemaître viennent aussi, mais à la veille de partir ils avoient tant acheté de denrées qu’ils n’avoient pas de quoy payer le fret ; et 110 personnes qui venoient se virent sur le point de rester ; enfin, le capitaine se fia à leurs promesses.

Le navire avoit servi d’hospital à l’armée navale. Dix personnes moururent d’abord de la peste ; les Religieuses s’exposèrent ; deux Huguenots se convertirent à la mort.

M. l'Abbé de Kélus reçut l’ordre de retourner en France, qu’on luy fit signifier à Montréal par un commandant et une escouade de soldats. M. de Bellestre vint cette année.

Il y eut cette année 22 hommes de tués, et huit morts. Le 21 May dix-sept François estant partis furent attaqués par 800 Iroquois. Un nommé Daulac débaucha 17 François pour aller en guerre aux Iroquois ; au pied du Long Sault il trouve un méchant Fort de pieux commandé d’un costeau, il se jette dedans. Onontaga, Huron, ayant fait deffÿ à un Algonquin sur le fait du courage aux Trois-Rivières, vient à Montréal ; on lui dit où étoient les François ; il demande d’y aller aider aux François.

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Ils saccagent d’abord deux canots. Quelques Iroquois vont avertit trois cens guerriers qui voulurent enlever le Fort, qui furent repoussez et perdirent bien du monde ; ils envoyèrent quérir un renfort de 500 hommes de Richelieu qui descendoient pour enlever Québec. Les Iroquois crièrent aux Hurons de se rendre, qu’ils auroient la vie. Les lâches se rendirent, hors Onontaga et 4 Algonquins, et dirent aux Iroquois que les François n’estoient que 17. Les 500 hommes de renfort arrivèrent enfin : les Iroquois, au nombre de 600, durant trois jours, donnèrent de continuels assauts au Fort, abattant les arbres.

Daulac s’avise de charger un mousquet de poudre jusqu’à la gueule, afin de le faire éclater comme une grenade ; mais une branche le fit retomber dans le Fort. Les ennemis perdirent le tiers de leur nombre au rapport de Taondechoren. Les 17 François furent tués, hors 4 dont trois moururent d’abord et le quatrième fut bruslé. Les ennemys furent effrayés de cette résistance et se retirèrent ; sans cela tout estoit perdu. M. Daillebout meurt à Québec, et M. de la Doversière en France.

En 1661, au mois de Février, les Iroquois prirent treize personnes tout d’un coup ; en Mars six, et en tuèrent quatre. En Février, nos gens travailloient sans armes, Mlle. Duclos courut à M. Lemoine toute chargée de fusils, et empescha un plus grand mal, car les Iroquois qui estoient 250 s’enfuyrent. Un nommé Baudoin et Lachapelle furent pris, et Monsieur Lemaître, prestre du Séminaire, fut tué à St. Gabriel par Outréouhati, Onnontagué, le jour de la décollation de St. Jean-Baptiste ; comme il disoit son Bréviaire, il vit les Iroquois venir sur nos gens, et pour leur donner le temps il se mit entre deux avec un coutelas : son image demeura imprimée dans son mouchoir en traits de sang.

En 1662, environ le temps de la mort de Monsieur Lemaître, M. l'Abbé de Kélus revinten Canada incognito, venant de Rome ; ce fut pour lors qu’on l’obligea de repasser. Le 25 Octob'e 1661, M. Vignal fut tué à l’Isle à la Pierre, où étant abordé, les Iroquois

firent une huée ; les François se jettent en canot hors Monsieur Brysat qui, ayant tué le capitaine, et ayant le bras cassé, fut pris. M. Vignal fut blessé ; MM. Moyen et Duchesne tués, et M. Réné pris. M. Vignal, fort blessé, fut bruslé et mangé ; Réné et Brysat menez à Onneyouth, où Brysat fut horriblement bruslé, estant guerry. Le 7 Février 1662, fut tué, Monsieur Closse, major du Fort, abandonné de son valet flamand, avec trois hommes qu furent tuez. Le 6 May, à Ste. Marie, Roulier, Trudeau, Langevin et le soldat, essuyèrent la décharge de 50 Iroquois, et, s’estant jettez dans la redoute, ils furent secourus de M. de Bellestre ; une autre fois, à Ste. Marie, on prit onze Iroquois.

Mademoiselle Manse passe en France pour avoir les vingt mille livres que Madame de Bullion avoit mises entre les mains de M. de la Doversière pour la fondation de l’'Hospital qu’on a trouvé moyen de faire perdre ; elle demeure deux ans en France.

La Compagnie donna cette Isle et la Seigneurie aux Messieurs de St. Sulpice ; on leur voulut ôter la justice. Les Iroquois tuèrent deux hommes aux Isles de St. Thérèse, revenant en canots de bois chargés de viande. M. de Bellestre secourut le reste de leur troupe. Deux François furent tués à la porte de Montréal, allant en canot terre à terre. Un Iroquois fut tué.

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