‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 61 · LES PREMIERS DÉCOUVREURS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS DÉCOUVREURS

SomMarrE:—Connaissances des anciens sur l’Amérique.-—Les Scandinaves.—Christophe Colomb: son projet de découverte.—Ses -voyages.—Epreuves ‘et mort :de -Colomb.—

‘Autres navigateurs.

1Gonnaisssaces desancienssur l'Amérique.— ‘La «question :deitsrres à explorer a toujours :agité :le monde. Platon! parle d'un continent -qu'il nomme

Atlantide, et qu'il place à l'ouest de l’Europe.

1 Célèbre philosophe grec (Ve siècle avant J.-C.)

Plusieurs auteurs anciens, entre autres Aristote, Strabon, Pline, Sénèque, paraissent avoir soupçonné l'existence du nouveau monde.

Les annales de Carthage rapportent aussi qu'un vaisseau carthaginois se rendit dans ce nouveau monde, environ 400 ans avant la naissance de Notre-Seigneur.

Les Scandinaves.—La découverte de l'Zslande est attribuée à un pirate norwégien (861). De leur côté, les chron‘ques islandaïises rapportent qu'’Æric-le- Rouge atteignit le Groënland. en 982 ou 986.1

Si l'on en croit un ouvrage publié à Copenhague (1837), Le, fils d'Eric-le-Rouge, découvrit (en l'an 1000) l'île de Terreneuve, qu'il nomma ZZelluland, la Nouvelle-Ecosse, qu'il appela Markland, puis une contrée toute couverte de vignes, à laquelle il donna le nom de Viniand.3

Les chroniques galloises nous apprennent aussi qu'en 1170, Madoc, fils d'Owen Guyneth, équipa quelques vaisseaux et fit voile vers l'occident, et qu'après être rentré dans son pays, il en partit de nouveau, avec un certain nombre de ses compatriotes, pour aller fonder une colo. 8 dans la contrée qu'il avait découverte. Le sort de Madoc et de ses compagnons est resté ignoré.

Christophe Colomb: son projet de découverte.—Christonhe Colomb naquit de parents pauvres,

1 D'après une bulle de Grégoire IV. publiée en 834, 6tendant la juridiction de l’archevèque de Hambourg sur les habitants du Nord, de l'Est, et uotamment du Groënland, ces deux îles avaient été découvertes avant les dates indiquées.

3 Cette contrée n’était rien autre que le Afassachusetis et le ÆRhode-Iiland,

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dans l'état de Gênes, probablement dans cette ville même, vers 1436. Après avoir étudié les mathématiques, l'astronomie, la géographie, il s'embarqua et parcourut la plus grande partie du monde connu. Pendant qu'on cherchait par l'est le passage de l'Inde, il conçut le projet d'y arriver par l'ouest. D'après ses calculs, on devait, en suivant cette dernière route, ou découvrir de nouvelles terres, ou aborder aux côtes orientales de l’Asie, qu'avait décrites Harco-Polo.1

Colomb soumit successivement ses plans au sénat de Gênes, à la France, à l'Angleterre, au Portugal et à l'Espagne. Rebuté partout, traité de visionnaire, il allait tenter auprès de l'Angleterre un dernier effort, quand la prise de Grenade (1492) permit aux souverains d'Espagne, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, de donner plus d'attention à ses projets. L'ardeur de sa conviction lui avait gagné des partisans à la cour, et, le 17 avril 1492, il obtint enfin trois vaisseaux.

Ses voyages.—Colomb commença son premier voyage le 3 août 1492, avec 120 hommes d'équipage, montés sur trois vaisseaux. Il mit son entreprise sous la protection du ciel et communia avec tous ses compagnons, puis s'embarqua à Palos, en Andalousie. Il relâcha aux îles Canaries et se dirigea ensuite constamment à l'ouest. Quand il fut arrivé à la hauteur des vents alizés, ses vaisseaux étaient emportés avec la rapidité d’une flèche. Ses compagnons, perdant l'espoir de revoir leur patrie, commencèrent à se décourager.

1 Marco-Polo disait qu’il avait visité ia Zurtarie, la Chine, le Japon, une partie du continent africain et l'ile Madagascar. La relation qu’il fit de ses voyages ne fut crue que bien des années

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Ils parlaient de lui ôter le commandement. Colomb eut peine à les réprimer; quelque temps ‘après, iles révoltes se renouvelèrent plus vives et ‘plus ardentes. Plus de deux mois s'étaient écoulés depuis leur départ sans qu'aucun signe de terre eût encore paru ; les provisions s'épuisaient, le désespoir's’emparait des-cœurs, on se croyait perdu pour jamais ‘sur des mers ‘sans rivages. (Colomb lui-même commençait à -douter ‘du succès de son entreprise. Le dépit -croissant autour de lui, on songea à le jeter à la mer. Il demanda encore trois jours, au bont desquels il devait se livrer si l'on ne déconvrait rien. Enfin, le 11 ‘octobre, au milieu de la nuit, du vaisseau le plus avancé, 'on'entendit partir ce cri: Terre! Terre! Un nouveau monde était découvert. Le chagrin se changea en une joie indicible. Le lendemain (12 octobre), on descendit à terre, dans une des îles Lucayes qui portait le nom de Guanahani, et à laquelle Colomb donna celui de San Salvador (Saint-Sauveur), parce qu'elle lui avait sauvé la vie.

Il visita les îles voisines -et.se rendit à Cuba (27 octobre) et à Haïtiou Saint-Domingue! (6 décembre). Il ‘laissa dans cette dernière île, qu'il nomma Hispaniola (petite Espagne), quelques-uns de ses compagnons pour jeter les fondements d’une colonie; jpuisil.fit voile pour l'Espagne (4.janvier 1493), afin de faire connaître les heureux résultats de son voyage :et d'obtenir .des BeCOUTS. |

À son retour, il fut assailli par une si furieuse tempête que, désespérant d'yéchapper, il -écrivit sur un ‘parchemin le détail de son expédition, l'enveloppa dans

1 Où il trouva la pomme de terre et le tabas.

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œne‘toile, enferma le tout dans un baril, ‘et confia aux vagues le:soin de porter le précienx message. Mais le ciel ne voulut pas le priver du bonheur d'annoncer luimême sa glorieuse découverte. Le vent s'apaisa et Colomb arriva heureusement à Palos (15 mars 1493).

L'Espagne l'accueillit avec transport, et son voyage de Palos à Barcelone!, fut un véritable triomphe. Ferdinand et Isabelle le nommèrent vice-roi des,pays qu'il avait découverts.

En-septembre 1493, Colomb entreprit un deuxième voyage, dans lequel il découvrit la Dominique’, la Guadeloupe et la plupart des petites Antilles; puis il revint à Haïti, où il fonda la ville d'Zsabelle.

Dans un troisième voyage (1498), il reconnut le continent américain et fit la découverte de la Trinité et de lembouchure de l'Orénoque.

Enfin dans un quatrième et dernier voyage (1502), il côtoya l'Amérique méridionale, depuis la baie de Honduras jusqu'au golfe. de Darien, et explora le golfe de Daria.

Epreuves et mort de Colomb.—Non seulement Colomb eut plusieurs fois à réprimer des révoltes parmi ses compagnons, mais il eut encore cruellement à souffrir de l'envie. Accusé après son premier voyage par ceux qu'il avait dû châtier à cause de leur mauvaise conduite, il lui fut cependant aisé de les confondre. Toutefois, pendant sa troisième expédition (1498), il.devint victime de la calomnie, fut dépouillé de son commande-

1 Ville du nord de l'Espagne, où la cour se tenait alors. 2 Il nomma ctt: ile ainsi parce qu'il y arriva un dimanche.

ment, et remplacé par Bovadilla?, qui le renvoya en Espagne chargé de fers. I’ obtint facilement sa liberté,

mais il ne put recouvrer son crédit ; et, après la mort

d'Isabelle, sa royale protectrice, il se vit négligé par

Ferdinand.

Colomb mourut à Valladolid (1506), accablé d'infirmités et de chagrins. Ses restes furent portés à Séville

et inhumés avec pompe dans la cathédrale. ?

Autres navigateurs célèbres.—Les découvertes } de Colomb donnèrent l'élan aux nations européennes |

et les engagèrent à aller à la recherche de nouvelles terres.

Jean et Sébastien Cabot® découvrirent ie Labrador et Terreneuve (1497).

Améric Vespucet fit plusieurs voyages en Amérique k

et toucha à ce continent un an après Colomb (1499).5 Yanez Pinçon et Alvarez Cabral abordèrent par hasard au Brésil (1500), à trois mois de distance. La même année, Gaspard de CortéréalS visita les côtes de la Nouvelle-Angleterre, et remonta le Saint- Laurent jusqu'au 50° de latitude nord.

1 Ce despote, qui avait noirci la réputation de Colomb, péril en mer en retournant en Espagne.

2 En 1546, les restes de Colomb et ceux de son fils Fernand, furent transportés à Æisvaniola, dans l'ile Haïti ou Saint-Domin-

gue, et enterrés dans la cathédrale, d'où ils furent exhumés et }

transférés à la Havane, le 15 janvier 1796.

8 C'étaient des Vénitiens au service de l'Angleterre, 4 Marin et cosmographe employé au service de l’Espagne.

5 Le nom du nouveau monde vient de ce que Améric Vespuce fit publier (1507) le récit de ses voyages, et que l’imprimeur de cette relation proposa de le nommer Amérique.

6 Gentilkomme portugais.

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Vers cette époque, on trouve aussi les Basques, les Bretons et les Normands, faisant la pêche de la morue sur les bancs de Terreneuve.

Enfin, le baron de Léry et de Saint-Just vint de France et essaya de fonder un établissement à l’île de Sable: (1518), mais cette entreprise n'eut pas de succès.

Le portugais Magellan, alors au service de l'Espagne, découvrit le détroit qui porte son nom, entre l'Amérique méridionale et la Terre-de-Feu, et entra dans l'océan Pacifique (1520).

DEUXILME LEÇON.

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