LES CONQUÉRANTS DU NOUVEAU-MONDE
SOMMAIRE :—Fernand Cortez : ses premiers exploits au Mexique. —Fondation de Vera-Cruz.—Expédition contre Mexico.— Conquête du Mexique.—Conquête du Pérou.—Civilisation des Aztèques et des Péruviens.
Fernand Cortez : ses premiers exploits au Mexique.—Cortez?, avec dix vaisseaux portant 500 hommes, 18 chevaux et 10 canons, quitta les côtes de Santiago (18 novembre 1518) pour venir faire la conquête du Mexique. Il donna à ses soldats, pour étendard, une croix rouge, et pour devise: “ Amis, suivons la croix, elle nous donnera la victoire si nous
1 Cette île, située près du 44° de latitude nord, est célèbre dans l’histoire des naufrages.
2 Cortez était natif d'Espagne (1485). Dès l’âge de vingt ans, il vint aux Indes occidentales. Son parent Ovando, qui était gouverneur à Saint-Domingue, le reçut fort bien et voulu le garder auprès de lui, mais l’ardeur de Cortez pour les conquêtes le porta à suivre Vélasquez, à Cuba Ce fut aussi Vélasquez qui lui confia une expédition pour le Mexique.
8 DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUEÉ.
avons:la foi.” Cortez toucha les côtes de Cozumel, puis entra ‘dans l'embouchure du Tabasco, où il:mit pied à
terre. Les naturels du pays s’oppcsèrent à sa descente ln
en ‘entourant les vaisseaux d’une multitude de canots, qui langaient une grêle de pierres, de flèches et de javelots.
Une décharge d'artillerie mit bientôt les :Indiens ‘en'déroute; ils prirent ces étrangers pour des:esprits
célestes qui se servaient de ja foudre.à volonté. ÆPln- |
sieurs caciques!l, mécontents dela cruauté de Montézumai, firent alliance avec Cortez, qui leur assura qu'il venait à eux comme ami et non comme conquérant.
Fondation de Vera-Orus.—Avant de poursuivre ses conquêtes, Cortez jeta les bases de Vera-Cruzs. En fortifiant cet endroit, il avait pour double fin de mettre, en cas de danger, ses gens en garde contre leurs ennemis, et d'y entasser toutes les richesses qui avaient ébloui plus d’une fois les yeux cupides des Espagnols, Cortez laissa une petite garnison à Vera-Cruz, .et brûla ‘ensuite ses vaisseaux, afin d'obliger ses soldats à vain- .cre ou:à mourir.
Expédition contre Mexico.—Après avoir vaincu les Tlascalans{, Cortez marcha de victoire en victoire
1 Les caciques étaient des gouverneurs de provinces ; Monté- «suma-en-avait plus de trente sous ses crdres.
2 C'était le nom de l'empereur quand Cortez se rendit au Mexique.
8 Çe. lieu fut appelé ainsi, parceque Cortez y descendit le :vendredi saint, jour consacré à l’adoration de.la croix.
# Les Tlascalans, qui depuis longtemps avaient seconé.le joug onéreux de Montézuma, habitaient Zlascala, contrée fertile, :tout ‘entourée de. montagnes, ils devinrent les plus fidèles -alliés des Espagnols. H
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jusqu'à la riante et fertile contrée.de Mexico, Plusieurs. caciques le. saluèrent comme: un ange. tutélaire;, les: villes qui ne voulurent: pas. le recevoir. furentpillées ei
2 réduites en cendres. Du sommet. des-montagnes, Cortez
aperçut la, brillante capitale,. qui s'élevaitanmilisu-d'un: grand laci. Cette ville comptait: plus. de.60,000 mai. sons; ses,tours gigantesques, ses: palais somptueux ei ses jardins flottants lui donnaient un aspect féerique: Cortez se rendait au palais du roi. Montézuma. quand celui-ci vint à sa rencontre avec toute In magnifcence de sa cour, le reçut avec distinction, le fit conduire dans un magnifique palais et recommauda de le bien traiter.
Pendant que Cortez jouissait de cette bienveillante hospitalité, Vera-Cruz, fut attaqué par les indigènes. La tête d'un Espagnol qui tomba entre leurs mains, fut portée. de ville en ville, cemme: une-preuve- évidente que ces: étrangers n'étaient pas immortels; comme on l'avait cru-jusqu'alors: Cortez força Montézuma de lui livrer les coupables, qui furent brûlés vifs aux portes du palais impérial? Cortez quitta ensuite Mexico pour aller repousser Marvaez, envoyé par Vélasquez$, pour le: punir de sa rébellion. Le combat se livra à Cempoella, et Narvaez fut fait prisonnier. Les 1800 hommes
1 Ce lac d'eau'salés, qui mesure environ 23 milles de longueur, communique avec un lac d’eau douce, presque aussi étendu; ces: deux lacs, pris ensemble, ont environ 160 milles de circonférence.
2: Montézama, accusé d’avoir donné des ordres secrets, füt mis dans! les fers pendant toute la durée du supplice. Cortez eut: assez d’ascendant su: l'esprit de Montézuma: pour l'amener à.se: déclarer publiquement vassal de Charles-Quint.
.$ Vélasquez, gouverneur de Cuba, avait révoqué les.ordresqu'il
D syait donnés à Cortez; mais ce dernier ne voulut pas.se:rendre,
qu'il commandait passèrent avec joie sous le drapeau du vainqueur. À son retour dans la capitale, Cortez trouva les Mexicains en pleine révolte. Montézuma, qui voulut les calmer en apparaissant sur les remparts avec tout l'éclat de sa dignité royale, fut renversé, grièvement blessé sous une grêle de flèches et de pierres. Ce malheureux prince refusa tout médicament et mourut dans le désespoir.
Quetlavacca, son frère, lui succéda. Les Mexicains étaient résolus d'exterminer jusqu'au dernier des Espagnols. Le combat fut terrible; Cortez fut forcé de quitter Mexico pour aller se réfugier chez les Tlascalans, ses fidèles alliés. Pendant ce temps, la petite vérole décimait la capitale. Quetlavacca en mourut et fut remplacé par Guatimozin!, son parent.
Conquête du Mexique.—Avant de faire l'attaque définitive, Cortez fit construire treize brigantins, qu'il lança avec soiennité sur les lacs; il recevait en même temps de l'Espagne quatre vaisseaux et un renfort de. 200 hommes. L'aqueduc fut détourné et les vivres. coupés à la malheureuse ville. L'attaque eut lieu par terre et par eau. Les Mexicains se battirent avec.opiniâtreté; mais Guatimozin dut céder à la force et se constitua prisonnier (13 août 1521). Cette victoire décida du sort de l'empire, qui tomba au pouvoir des Espagnols. |
Charles-Quint nomma Cortez gouverneur et vice-roi
de la Mouvelle-Fspagne. Le premier soin de Cortez fut de sortir Mexico de ses ruines et d’affermir son au-
1 Guatimozin était un homme belliqueux, qui mit la ville on état de défense, ne.
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torité. Ceux des naturels qui voulurent se révolter, bérirent dans des supplices affreux.
Bientôt Cortez fut obligé de passer en Espagne pour soutenir en présence du roi sa réputation, que des esprits envieux avaient ternie ; il le fit avec tant d’habileté et de noblesse que Charles-Quint, avec de nouveaux titres, lui accorda des terres immenses au Mexique, où il revint. Son existence ne fut plus alors qu'un tissu de peines et de tribulations ; ceux qui lui furent adjoints pour l'admiristration réussirent à le perdre dans l'estime du roi. Son sort fut celui de Colomb. Courbé sous le poids des chagrins, Cortez terina 8a laborieuse carrière en Espagne (2 décembre 1547). Ses restes furent transportés dans la Nouvelle- Espagne, où il avait demandé à être enterré.
Conquête du Pérou.—Les succès de Cortez por-
|tèrent Pizarre! à faire la conquête du Pérou. Il
s'associa Diégo d’Almagro, qui avait acquis une fortune considérable, et un riche ecclésiastique nommé Luque.
E Ces trois hommes scellèrent leur alliance en commu-
niant de la même hostie qu'ils se partagèrent. Pizarre
|aborda au Pérou avec trois vaisseaux, près de 200
aventuriers, et quelques canons. Atabalipa, de la dynastie des Zncas?, venait d'usurper le trône, au détriment de son frère Âuascar. Pizarre marcha sur Cuzco, capitale de l'empire, en se donnant pour l'ambassadeur du grand roi d'Espagne. Atabalipa se porta au-devant
1 Pizarre naquit de parents très pauvres, à Truxillo, dans l’Es-. tramadure, province d'Espagne. Avant de venir aux Indes espagnoles, il avait été gardeur de pourceaux. =
2 Selon les Péruviens, les Jnças, race royale, étaient descendants du soleil,
de Pizarre avec une grande magnificence, mais refusant de se faire chrétien et. de se reconnaître, vassal. de. Charles-Quint;,il fut fait et retenu. prisonnier.
Bien qu'il eût donné. une. rançon de. 75,000,000. de livres; il n’en fut pas moins mis à mort, Après avoir pris. Cuzco, Pizarre jeta les bases de Lima, quidevint la capitale du nouvelétat. Cependant; la.division netaxda pas à se mettre dans les rangs des vainqueurs : Almagro, qui avait 6t6. nommé par Charles-Quint gouverneur du Chili, se brouilla avec Pizarre, qui ie vainquit à. Cuzco (1538). Après un semblant de procès, Almagro eut à subir le sort d’Atabalipa. Les injustices de Pizarre envers les amis d'Almagro, lui firent de cruels ennemis, qui lui donnèrent la mort dans son propre palais (1541). Des gouverneurs avides et incapables lui succèdèrent et perpétuèrent longtemps, dans le Pérou, la haine entre les naturels et les Espagnols.
Civilisation des Aztèques et des Féruviens. —Les Aztèques!, tribu mexicaine, étaient surtont renommés par leur puissance. D'abord persécutés par leurs voisins, ils prirent de l'empire et fondèrent Tenochtitlan (1325), ville capitale de 500,000 à 1,000,000 d'habitants, qui fit place à Mexico. Les débris de rinture, de sculpture et d'architecture que l'on trouve encore au Mexique, nous révèlent la civilisation brillante qu'avaient atteinte les Aztèques.
Les Péruviens s'occupaient surtout d'agriculture. Les seuls propriétaires étaient le Soleil, principale divinité, l'Znca et les Communes. Les particuliers. devaient cultiver, outre leurs terres, celles du Soleil et de
1 Les Aztèques provenaient d’Aztlan qui, pendant çinq siècles, envoya vers le sud de fréquentes émigrations,
; l'Int
et a et d laro chas dev et, des
D l'Inca, dont le produit retournait à l'entretien du culte et au soutien des souverains, des vieillards, des veuves
et des orphelins. L'oisiveté était proscrite. Les vieillards, entretenus aux frais de la Commune, devaient chasser les oiseaux des champs ensemencés. Les juges devaient voir même ce qui se passait pendant les repas, et, pour cet elfet, on devait laisser ouvertes les portes des habitations.
Cette législation constituait pour les Péruviens un état de servitude voisin de l'esclavage.
Les Péruviens adoraient le soleil et un grand nombe d'autres idoles. Leur morale se réduisait à éviter le vol, l'oisiveté et le mensonge.