‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 24 sur 61 · SR · texte numérisé non relu

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faisait partie, dépensa 25,000,000 de livres pour don- et

ner une mince valeur à ces immenses concessions. Fondation de la Nouvelle-Orléans.—M. de d Bienville jeta dans les roseaux qui couvraient les rives C du Mississipi, les bases de la Nouvelle-Orléans (1717). q Comprenant que la valeur d'un pays se mesure d’après 1

| les produits du sol, les émigrants cultivèrent avec suc-

cès les diverses céréales et élevèrent des troupeaux en à 1 Le système de Law consistait à emprunter de l'argent au nom (

d’une banque qu'il avait organisée, derrière laquelle se trouvaient le Régent et l'Etat. En échange des espèces on recevait des billets

ainsi conçus : “ La banque promet de payer à vue, au porteur, 100, él 1000, 10,000 livres en monnaie de même poids et au même titre P que la monnaie de ce jour, valeur reçue à Paris.’ La garantie c« donnée au porteur reposait sur l'exploitation des mines d'or et d

d'argent du Mississipi, qui n'étaient pas encore découvertes, F

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abondance. “ Les colons les plus prospères, dit Bancroft, étaient les vigoureux émigrants du Canada, qui n'avaient guère apporté avec eux qu'un bâton et les vêtements grossiers dont ils se couvraient.” Là, comme ailleurs, les missionnaires furent les plus puissants coopérateurs du progrès et de la civilisation. Dans l'Zllinoîs, les pères Jésuites étaient les promoteurs de trois ou quatre chrétientés, qui rappelaient les mœurs et les coutumes des premiers chrétiens.

Colonie du Détroit.—L'intelligent aventurier de la Mothe-Cudillac, qui avait fondé la colonie du Détroit (1700), obtint le titre de seigneur de l'endroit, à condition de peupler le pays et d'y construire un fort. L'esprit hautain de Cadillac entrava son entreprise, et le gouvernement fut obligé de se charger du nouvel établissement, dont la situation agréable et avantageuse a favorisé le développement. Le Détroit conserve encore aujourd'hui sa physionomie française.

Ile du Cap-Breton.—Après la conclusion du traité d'Utrecht (1713), la France songea à fermer l'entrée du Canada à l'Angleterre, en fortifiant l'île du Cap-Breton, qu'elle appela île Royale ;1 des colons de l'Acadie et de Terreneuve vinrent s’y établir,

Fondation de Louisbourg.—M. de Costebelle, ancien gouverneur de Plaisance, fut chargé de la fondation de Louisbourg, dans l'ile du Cap-Breton (1713). Les ports Sainte - Anne et le hävre à

1 Cette île, de 50 lieues de longueur et de 30 de largeur, est éloignée d’une quinzaine de lieues de Terreneuve, et séparée de Acadie par le détroit de Canseau. Ses principaux ports sont ceux de Dauphin ou de Sainte-Anne, la baie des Espagnols, la baie de Miré, le hâvre à l'Anglais, et le port de Toulouse ou Saint- Pierre. Va

l'Anglais se disputaient par la beauté de leurs sites et leurs immenses avantages l'honneur d'être la capitale de la nouvelle colonie; le hâvre à l'Anglais eut la préférence à cause de son facile abord. Les remparts inachevés, élevés à l'ile Royale, coûtèrent 30,000,000 de livres.

Son gouverneur, comme celui de la Louisiane, dépendait du gouverneur général, résidant à Québec.

Les colonies du Golfe.—La France, n'ayant pu songer jusque-là à coloniser les îles les moins importantes du golfe, concéda au comte de Saint-Pierre les îles de Saint-Jean (Prince-Edouard), de Miscou, de la Madeleine et de Ramées (1719).

Le peu d'entente des colons fit échouer cette entreprise, et ces îles restèrent dans l'oubli jusqu'en 1749, époque où les Acadiens s’y réfugièrent, pour se soustraire à la domination anglaise. La population des différentes colonies du golfe n'a jamais dépassé 40,000 âmes, sous le gouvernement français. Les colons faisaient la traite ave les Micmacs et vivaient du produit de leur pêche. Au fond, l'ile Royalen'était qu'une vaste pêcherie, qui doublait sa population en été.

Cette île exportait aussi en France et aux Antilles une grande quantité de bois. Les insulaires, employés au service des riches qui avaient le monopole des pêcheries, vivaient dans l'indigence.

Les Abénaquis.—Le traité d'Utrecht, n':yant pas bien déterminé les limites entre le territoire des Anglais et celui des Abénaquis,! fut cause d'un massacre

1 Les Français soutenaient que seule la presqu'ile maintenant appelée ÜNouvelle-Ecosse appartenait aux Anglais, tandis que

ceux-ci prétendaient posséder en outre les terres arrosées par les rivières Saint-Jean, Sainte-Croix, Pénobscot et Kénébeg,

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épouvantable. Les Anglais construisirent des forts, établirent des comptoirs sur les terres des Abénaquis, et sommèrent même les chefs de se retirer. L'un d'eux répondit: “ Le roi de France peut disposer de ce qui Jui appartient, mais quant à moi, j'ai ma terre où le Grand-Esprit m'a placé, et aussi longtemps qu'un enfant de ma tribu vivra, je combattrai pour la défendre.” Les Abénaquis voulurent alors prendre les armes ; le père Rasle,qui usa de toute son influence pour les en empèécher, ne put cependant dissiper l'orage.

Assassinat du père Rasle.—De grand matin, le 23 août 1724, 280 Anglais envahirent Narrantchouak, fort abénaquis, où ne se trouvaient qu'une cinquantaine de guerriers qui firent quelque résistance, pour donner le temps de fuir aux enfants, aux femmes et aux vieillards. Le père Rasle, éveillé par les clameurs, accourut pour se mettre à la disposition de son cher troupeau. Son apparition attira l'attention des Anglais, et une grêle de balles le renversa mort au pied d'une croix qu'il avait fait planter. Sept Indiens,ayant voulu le protéger, étaient tombés à ses côtés. Après le combat, quand les sauvages vinrent pleurer sur les ruines de leurs villages, soulager les blessés et ensevelir les morts, ils trouvèrent dans la mêlée le corps du père Rasle criblé de coups, le crâne fracassé, la bouche et les yeux remplis de boue. On l’enterra à l'endroit où il célébreit habituellement les saints mystères.

C'est ainsi que les ‘anatiques colons anglais, ayant si souvent trouvé à redire contre la prétendue barbarie des sauvages convertis, s’acharnèrent sur le corps d'un saint missionnaire, qui ne leur avait fait d'autre mal que de travailler avec zèle au salut des âmes.

“ Ainsi, dit Bancroft, périt Sébastien Rasle, le dernier des missionnaires catholiques dans la Nouvelle-Angleterre. Rasle était dans sa soixante-septième année, et il en avait passé trente-sept au service de Dieu en Amérique. Il était naturellement robuste, mais l’âge, les fatigues et les jeûnes l'avaient épuisé. Il connaissait plusieurs dialectes des Algonquins, et avait évangélisé diverses tribus de la vallée du Mississipi. En 1721, engagé par le père de Lachassel à revenir au Canada, ‘Dieu m'a confié ce troupeau, répondit-il, je “ suivrai son sort, heureux d'être immolé pour son plus ‘“ grand bien.” Dans la Nouvelle-Angleterre, on le regarde comme le chef des insurgés indiens. Ses collègues le pleurèrent comme un martyr et le glorifièrent comme un saint. Le ministère français, jaloux de donner un exemple de modération,? fit taire son indignation, se confiant aux commissaires des deux nations pour rétablir la tranquillité sur les frontières.”

Fondation de Niagara et du fort Saint-Frédéric.—Les prétentions de la Nouvelle-Angleterre se

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