‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 35 sur 61 · GOUVERNEMENT MILITAIRE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT MILITAIRE

SOMMAIRE: —Etat de la colonie passant sous la domination anglaise.—Régime militaire.—Traité de Paris.— Despotisme. —Murray, gouverneur—Mgr Briand. — Le clergé canadien—Gazetle de Québec.—Pontiac—Guy Carleton, gou-

verneur.—Acte de Québec.

re. Etat de la colonie passant sous la domination anglaise.—La colonie se trouvait dans le plus déplorable état en passant sous la domination anglaise : les nobles avaient peu de fortune, la guerre et l'admi-

héla, nistration frauduleuse de Bigot avaient ruiné les paysans. ns à La répudiation du papier-monnaie,! faisant éprouver

aux créanciers de l'Etat une perte de 40,000,000 de 3: francs, mit le comble à leur malheur. A ce propos, le | 1 C’étaient des billets semblables à ceux des banques ayant cours ham. au Canada pour faciliter les transactions commerciales. Chaqne [ont- billet portait sa valeur nominale et était signé par le gouverneur.

Après la perte du Canada, le trésor royal ne voulut plus reconnaître cotle monnaie- carte. |

chevalier de Lévis écrivait à la cour : “Le papier qui nous reste est entièrement discrédité, et tous les habitants sont dans le désespoir. Ils ont tout sacrifié pour la conservation du Canada, et ils se trouvent actuellement sans ressources.”

Les Canadiens tâchèrent de se relever de cet état voisin de la misère en se livrant à l'agriculture.

Régime militaire.—Après la conquête, Amherst fut nommé gouverneur général du Canada ; Québec, Montréal et Trois-Rivières, eurent leurs gouverneurs particuliers,! et des représentants de la milice furent chargés de régler les différends dans les campagnes : cette organisation prit le nom de gouvernement militaire.

Traité de Paris.— Le hautain et haineux Pitt, ne songeant qu'à humilier le drapeau français, poussa la déloyauté jusqu’à faire entendre devant le parlement anglais ces paroles pleines de fiel: ‘Le moment est venu d’humilier la maison des Bourbons!” mais le jeune souverain, Georges IIT, se montra plus modéré, en ratifiant le traité de Paris (10 février 1763).

De ses immenses possessions au Canada, la France ne conserva que les deux petites îles de Saint-Pierre et de Miquelon , avec le droit de pêcher sur les côtes de Terreneuve.

Perdant tout espoir de reconquérir le Canada, 1,000 à 1,200 personnes des plus honorables retournèrent en France. Par contre, l'immigration anglaise s’accrut alors considérablement, le commerce prit de l'extension, les ressources naturelles furent exploitées, et une honnête

LMurray, à Québec : Gage, à Montréal; Burton, aux Trois- Rivières. |

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aisance dédommagea les Canadiens des pertes 6no1es qu'ils avaient éprouvées.

Despotisme.—En dépit des traités de capitulation, l'Angleterre voulut abolir la langue et les lois françaises, pour leur substituer la langue et les lois anglaises (1763), et, sous peine de bannissement, faire prêter aux Canadiens le serment du test! dont la formule héritique répugnait à tout bon catholique.

Elle chercha à s'emparer des biens des communautés, et somma les Canadiens de remettre les armes dont ils étaient possesseurs, ou de faire serment qu'ils n'en avaient pas.

Le Canada fut aussi morcelé: le Zabrador, les îles d'Anticosti et de la Madeleine furent annexées à Terreneuve; celles du Cap-Breton et de Saint-Jean à la Nouvelle-Ecosse; le Nouveau-Brunswick eut une administration particulière, et les environs des grands lacs furent attachés aux colonies américaines. “Ainsi, dit 4 l'abbé Gauthier, le fanatisme qui égare se mélait à ‘ la tyrannie qui se moque du droit, et les Canadiens ne “pouvaient opposer qu'une résistance passive à l'injustice ‘“ demesures destinées à frapper au cœur leur nationalité, ‘“ et à les mettre à la merci d’une poignée d'intrigants * anglais, accourus au Canada, à la suite de la conquête.”

Murray, gouverneur.—Le général Murray succéda à Amherst comme gouverneur (1763). Il avait ordre de remylacer le régime militaire par un gouvernement civi despotique, et de former un conseil investi des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

1 Ce serment niait la {ransubstantiation, le sacrifice de la messe, Je culte de la sainte Vierge, l'invocation des saints, ete,

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