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Sur les treize membres élus pour le nouveau conseil,
il n’y eut qu'un Canadien, et encore était-ce un homme
obscur, sans influence ni énergie.
Pour calmer les esprits agités par ces mesures déloyales, Murray n'exigea point le serment du test, et permit l'usage des lois françaises. Accusé à Londres de favoriser les Canadiens, il porta iui-même ses plaintes au
pied du trône : “Il a fallu, dit-il, choisir des magistrats.
‘et prendre des jurés parmi 450 commerçants, artisans ‘et paysans méprisables par leur ignorance. Ils ‘“ haïssent, la noblesse canadienne à cause de sa nais- ‘“ sance et parce qu'elle a des titres à leur respect ; ils ‘“ détestent les autres habitants parce qu'ils les voient
‘€ soustraiss à l'oppression dont ils les ont menacés.” Mur raY, quoiqu'il eût justifié facilement sa conduite, ne
revint pas au Canada.
Monseigneur Briand.—Le siège épiscopal de Québec, demeuré vacant depuis la mort de Mgr Pontbriand, . fut occupé par Mgr Olivier Briand (1766). Le carac-
tère énergique du nouveau prélat empêcha les Anglais, 5 d'empiéter sur le demaine de l'Eglise. Le gouverneur lui.
contestant le droit de nommer les curés, reçut cette fière . réponse: “Votre excellence peut prendre la tête de. “ Briand ; mais il ne dépend pas d'elle de Jni faire çom- ‘“ mettre une injustice.”
Le clergé canadien.—Sous le despotisme du gouvernement militaire, les Canadiens confièrent leur : avenir au clergé, qui, par son patriotisme éclairé, les empécha de subir le sort malheureux de la Pologne « et de, l'Irlande : “ Üe corps éminent et respectable, qui avait déjà joué un si grand rôle das la formation de la colonie, dit Rameau, resta ferme et inébranlable à son poste ; il
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demeura, en.ce pays, le seul débris de l'aristocratie so-. ciale, pour consoler, soutenir et diriger le bon vouloir et le courage inexpérimenté de ce peuple abandonné. Il ne fut point au-dessous de cette tâche ; ni la crainte. des violences, ni l'obsession des intrigues, ni la séduction des promesses, ne purent jamais le faire dévier, la diplomatie astucieuso du gouvernement anglais succomba devant. cette honnêteté simple, mais ferme d'une conscience . droite et convaincue.”
Le clergé s’occupade l'éducation et fonda des collèges, . d'où sortirent ces hommes politiques qui ont si vaillamment. défendu nos droits, notre langue et notre nationalité.
Pontiac.—Pontiac, chef sauvage brave et expérimenté, voulut se soustraire au joug autocratique des Anglais, en étabiissant une puissante confédération indienne, ayant Détroit pour centre. Les tribus confédérées prirent plusieurs postes anglais au sud des grands lacs, ravagèrent les frontières dela Pensylvanie et de la Virginie, et repoussèrent un détachement envoyé pour les combattre, 2,000 personnes trouvèrent, la mort ; et autant prirent la fuite. Pontiac fut forcé de.se retirer, de Détroit, dont il avait fait sans succès le siège durant : plusieurs mois. Un traité de paix, conclu à Chouaguen (1766), et la mort de Pontiac, assassiné dans l'Illinois, mirent fin aux hostilités.
Guy Carleton, gouverneur.—-Guy Carleton remplaça Murray dans le gouvernement général (1766). Le nouveau gouverneur loin d'être hostile aux Canadiens, s’intéressa à leurs droits et se rendit même à Londres pour leur obtenir justice auprès du roi. Après maintes délibérations de la chambre, les lois civiles françaises
184 GOUVERNEMENT ABSOUU.
furent rétablies et les lois criminelles anglaises maintenues.
L'Acte de Québec. — L'attitude menaçante des Etats-Unis! amena l'acte de Québec (1774). La crainte de perdre sa conquête ouvrit les yeux à l’intolérante Albion et devint pour elle le commencement de la sagesse. Cet acte donnait à la provinces ses auciennes limites, dispensait les catholiques du serment du test et établissait un conseil législatif composé de 17 à 23 membres, investis du pouvoir législatif et ayant le droit d'imposer des taxes sur les chemins et les édifices publics. Adopté par la chambre des lords, l'acte de Québec ne fut voté qu'après de vifs débacs dans les communes, et, malgré les récriminations de 150 notables, le roi le sanctionna en disant : “Cette loi est fondée sur les principes de justice et d'humanité les plus manifestes, et je ne doute point qu'elle calmera l'inquiétude et accroitra le bonheur de mes sujets caradiens.” Georges IIT ne se trompait pas, cette marque de loyauté contribua beaucoup à les attacher à sa couronne.
à L'omnipotence du parlement, préconisée outre mesure par les Anglais, devint la cause de la révolution américaine et protégea le Canada des rigueurs projetées contre ses lois, sa religion et ses
usages,
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