‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 43 sur 61 · GUERRE AVEC LES ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

GUERRE AVEC LES ETATS-UNIS

Sowwaree :—$Sir Georges Prevost, gouverneur.—Déclaration de la guerre anglo-américaine.—Campagne de 1812.— Evénements sur mer—Campagne de 1813.—Bataille de Châteauguay.— Campagne de 1814.—Traité de Gand.—Rappel et mort de sir Georges Prevost.

Sir Georges Prevost, gouverneur.—Sir Georges Prevost, qui remplagça Craig, sut, par sa sageëse, sa ‘prudence et sa modération, gagner les sympathies ‘dès Canadiens. Il cicatrisa bien des plaies ouvertes par la rigidité et la partialité de son prédécesseur, en nommant. Bedard, juge aux Trois-Rivières, Bourdages, colonel

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colonel

GOJVERNEMENT CONSTITUTIONNEL, 207

de’ ilice, et ‘en travaillant à obtenir de Londres que Mgr Plessis eût le titre d'évêque de Québec. En prévision de la guette aérichihe qui renaçnit, le setvite militaire devint obligatoire. Ponr subvenir aux dépenses’octasionnées par la gtterre à la veille d'éciater, doë droits d'entrée! fürent prélevés sur les marchandises importées,

Déclaration de la guëérre anglo“améticaine.— Dans sa lutte contre Napoléon I, l'Angleterre s'arrogea le‘ dfoit d'empêcher le commerce des Etats-Unis fvet les” pays ‘soumis au blocus continental, et de visiter! les véisseñtux étrangers ? du commerce de la France avéc seb'coloniés (1806). Blessé de cette attitude, lévoñgrès dé ‘Washington déclàta la guerre à la Grande: Be: tagie: (18 juin 1812), confia la garde des f'ontiérés à 100,000 miliciens, et adjoignit ün corps de réserve de 25,000 hommes à ses 50,000 volontaires.

‘Les troupes anglaises au Canada comptaïënt à'pettié 60,000 hommes. Quant aux Canadiens, guidés par 18 clergé, ils embrassèrent la cause de l'Angleterre,

Campagne de 1812.—Trois corps expéditionnaires, désignés sous les titres pompeux d'armées de l'ouest, du centre et de l'est, se partagèrent les forces américaines, pendant la campagne de 1812,

L'armée de l'ouest, de 2000 hommes commandés par le général Hull, fut repoussée, au Détroit, par le général

1 Ces droits étaient de 24 % pour toutes les marchandises, à part les denrées, importées par les négociants du ‘pays, et de 5 % pour celles importées par les étrangers.

2 Le but de ces visites était de s'assurer que si ces vaisseaux ne portaient pas des matelots anglais.

Brock, n'ayant à sa disposition que 300 réguliers, 400 miliciens et 600 sauvages.

L'armée du centre, de 12 à 1500 hommes commandés par Van Renselaer, se vit forcée de poser les armes sur les hauteurs de Queenston. L'honneur de la victoire revint au général Sheaffe, qui avait remplacé Brock, tué au commencement de la bataille.

L'armée de l’est, de 10,000 hommes sous les ordres du général Dearborn, s’avançant sur Montréal, rencontra le major de Salaberry!, campé sur le bord de la rivière Lacolle. Pendant la nuit, deux colonnes américaines, ayant voulu cerner le corps le plus avancé des troupes de $Salaberry, se prirent réciproquement pour l'ennemi et se fusillèrent si bien que les troupes canadiennes ne trouvèrent rien de mieux que de les laisser faire. Cette méprise détermina la retraite de Dearborn.

Evènements sur mer.—Les frégates anglaises, quoique sûres de n'éprouver aucun revers, furent obligées de baisser pavillon devant les frégattes américaines, commandées par le caritaine Hull et le commodore Decatur.

Campagne de 1813.—Les Américains suivirent les plans de campagne de l’année précédente. Le colonel anglais Proctor, qui battit à Frenchtown un détachement des troupes de Harrison, assiégea sans succès les forts Meigs et Sandusky.

1 Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, appelé le Léonidas Canadien, naquit à Beauport (1778). Ayant servi onze «18 sous Prescott, aux Antilles, il vit le fameux siège du fort Mathilde (1794), dans l’île de la Gad-loupe, commanda une compagnie de grenodiers dans l’expéditior. de la Martinique (1795), et. devint aids de camp du général Ruttenburg, pendant le siège de Flessingrue (1809). Sir George Prevost le mit à la tête d’un corps de Voitigeurs canadiens, qu'il commaada valeureusement,

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Pendant ce temps, le commodore Perry soutenait un combat naval de quatre heures, sur le lac Erié, et obligeait le capitaine anglais Barclay d'amener pavillon.

Après ce désastre, le général anglais Proctor fut défait par Harrison, à Moravian-Town, sur la rivière Thames.1

Malgré les efforts du général Anglais Sheaffe, Dearborn, avec 1,700 hommes, s'empara de Toronto et délogea successivement le général Vincent du fort Georges, de Queenston et de Bureington. Le colonel Harvy lui fit cependant subir un sanglant échec.

Le gouveneur Prevost, voulant profiter de l'absence de la flotte ennemie pour attaquer Sackett's-Harbour, fut repoussé.

De son côté, le commodore Chauncey faisait amener pavillon à la flotte commandée par sir James eo, sur le lac Ontario.

Après ces brillants résultats, Wilkinson, s'avançant avec 10,000 hommes, vers Montréal, fut complètement défait à Chrysler's- Farm, par le colonel anglais Morrison, dont les forces étaient quatre fois moins nombreuses que celles de son adversaire. Wilkinson poursuivit sa marche, et rebroussa chemin au pied du Long-Saut, en apprenant la défaite de Hampton, à Chateauguay.

Bataille de Chateauguay.—Hampton, voulant avec ses 7,000 hommes aller rejoindre l'armée de Wilkinson s’avançant vers Montréal, fut défait à Châteauguay, par le colonel de Salaberry (26 octobre). Retranché dans un défilé étroit, comparé aux Thermo-

1 Le famenx chef indien Tecumseh, allié des Anglais, trouva la mort dans ce combat.

pyles, de Salaberny:s'était fortifié au moyen.de quatre dignes d’abatis d'arbres fortement liés1.

Un officier de haute stature, précédant une forte colonne de l’armée de Hampton, s'avança vers les voltigeurs et leur cria en. français : “Braves Cavadiens, rendez-vous, nous ne voulons pas vous faire de mal.” Une balte qui le renversa raide mort, fut le.signal du combat. De tous côtés, e: Américains firent de vigoureuses décharges, sans pouvoir toutefois réussir à entamer les retranchements des Canadiens. Après une-lutte acharnée de quatre heures, Hampton battit.en retraite : c'ept ainsi.que 300 Canadiens, aidés d’une poignée d'Ecosgais, remportèrent une brillante victoire sur 7,000 Américains.

La bataille de Châteauguay, chantée. par nos poètes, détermina la retraite de 16,000 hommes et mit un terme aux invasions de 1813.

Le général en. chef remercia de Salaberry, le prince régent, Je décora de l'ordre du Bain, et l'Angleterre fit frapper une médaille pour immortaliser cette victoire.

Campagne. de 1814.—Les hostilités furent. reprises su printemps de 1814. De chaque.côté on, était plein d’ardeur et les. succès. furent partagés au début dela campagne.L'échec de Wilkirson au moulin de Zacolle força les Américains à concentrer leurs forces.dans le Haut-Canada. Pendant que les troupes anglaises se dirigeaient du côté du lac Ontario, le général anglais Drummond in-

1. Les trois premières, ee de défense.étaient situfes.à:200: pas l’une de l’autre ; la quatrième, placée à un demi-mille en arrière aboutissait à un gué qu il fallait à tout prix défendre.

cendia le fort Oswégo ; mais les Américains prirent leur revanche à Chippewa. L'armée anglaise, renforcée des troupes de Drummond, défit les Américains à Lundy's Lane, et tenta d'emporter d'assaut le fort Erié, où l’ennemi s'était retranché ; mais une explosion terrible mit ‘en désarroi les troupes de Drummond, qui prirent la faite ou posèrent les armes.

L'abdication de Napoléon I à Fontainebleau permit à l'Angleterre d'envoyer 14,000 hommes au Canada pour envahir les Etats-Unis. La flotte anglaise dévait en même.temps bloquer tous les ports américains, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'au Mexique. Le général Prevost se mit à la tête de l’armée, et, après avoir franchi la frontière à Odelltown, atteignit Plattsburg (6 mai).

En apprenant la défaite de la flotte anglaise par le commodore MeDonough, sur le lac Champlain, Prevost opéra sa retraite.

Le général Ross marchasur Washington avec 5,000 hommes, mit le feu au capitole et aux principaux édifices publics.

Les Américains eurent des succès à Za Nouvelle- Orléans ; le général Jackson, commandant 6,000 hommes, repoussa 12,000 Anglais, en leur faisant essuyer une perte de 1,700 hommes.

Traité de Gand.—Le traité de Gand (1814) termina les guerres américaines, neutralisa les conquêtes des deux nations, rétablit chacune dans ses droits primitifs et laissa encore sans solution la question des frontières 200: pas entre le Maine et le Nouveau-Brunswick.

1 Cette question, qui souleva tant de débats, fut résolue en faveur de nos voisins, par le compromis d’Ashburton (1846),

Ra »pel et mort de sir Georges Prevost. — A la réunion des ch1mbres de 1815, M. Panet devint membre du conseil législatif et M. Louis Papineau! le rem;i15a à la présidence.

Le parti anglais, ne pouvant pardonner à Prevost sa justice et sa bienveillance envers les Canadiens, l'accusa d'avoir été cause de l’insuccès du plan de campagne de Plattsburg. Prevost, passé à Londres pour se disculper, mourut en arrivant. Wellington approuva sa conduite, et les Canadiens le regrettèrent,.

1 Louis-Joseph Papineau, alors âgé de 26 ans, était fils de Joseph Papineau, député au parlement sous Craig. Son éloquence entratnante exerça beaucoup d’influence sur la population franco-canedienne,

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