QUESTION DES SUBSIDES
SOMMAIRE :— Luttes parlementaires. — Le duo de Richmond, gouverneur.— Affaires de l’Eglise.—Le comte de Dalhousie, gouverneur.—Projet d'union des deux Canadas.—Convocation des chambres.—Dalhousie en Angleterre.
Luttes parlementaires.—L[La question des subsides, assoupie pendant la guerre américaine, souleva dans les chambres des luttes politiques qui eurent leur dénouement sur les champs de bataille.
Malgré la solution du parlement impérial, le conseil exécutif s'obstinait toujours à ne pas reconnaître à la chambre d’assemblée le pouvoir de prendre l'initiative des mesures touchant l'emploi des deniers publics.
Sir. John-Coape Sherbrooke, gouverneur.— Sir John-Coape Sherbrooke, homme prudent etmodéré, | remplaça Drummond ‘1816)1, et gagne les sympathies des Canadiens, en envoyant des vivres en abondançe à ceux dont. la récolte avait. été détruite par la gelée.
Dans un rapport à la Couronne, Sherbrooke. désapprouve la dissolution des chambres, reconnaît l’incompétence de Sewell,? propose de nommer Mgr. Plessis membre du conseil législatif et de reconnaître officiellement son titre d'évèque de Québec.
1 Le général Drummond, qui administra la province:par intétim, découvrit de graves abus dans l'admimstration des terres et des postes. Plus de 3,000,000 d’acres avaient été concédés à 200 flvoris. Le gouverneur Milnes n’en reçut pas moins de 70, 000, on part.
2 En qualité de procureur général, le juge : SeweZ avait. vqulu (1804) abolir les paroisses catholiques, sous le.spécieux prétexte
observer les. statuts de Æenri VLZI et de la trop fameuse Elizabeih,
Richmond, Dalhousie, —Convoca-
r. Plessis officielle-
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La violence. des débats parlementaires encore occasionnés.par la question des subsides engagea Sherbrooke
à dermander son rappel (1818).
Le duo de Richmo21d, gouverneur.—Le duc de Richmond, qui avait dissipé sa fortune par son luxe et ses extravagances, succéda à Sherbrooke (1818)1. Son gendre, Peregrine Maitland, l'accompagnait en qualité de lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. La courte administration de Richmond rappela les jours néfastes des gouverneurs Haldimand et Craig.
Affaires de l'Eglise.—L'Eglise du Canada florissatuu milieu des difficultés parlementaires. Vu l'accroissement de la populution catholique, le pape érigeait Québec en archevêché, et formait les diocèses de Montréal et de Kingston?,
Les qualités de Mgr Plessis le faisaient aimer et, respecter de tous ceux qui avaient des rapports avec lui. Pendant longtemps, lorsqu'on demandait: Quel est le plus grand homme que le pays ait produit ?—Les Canadiens s’empressaient de répondre : C'est Mgr Plessis !
À Richmond mourut en 1819. Avant de venir au Canada il avait.été successivement colonel de l’armée anglaise.et lord-lieutenant de l'Irlande,
En visitant le Haut-Canada, Richmond fut mordu par un renard enragé et mourut d’hydrophobie. Ses restes mortels, apportés à Québec, furent inhumés dans la cathédrale anglicane au milieu d'un grand concours d’autorités civiles et militaires. C'est le premier.gouverneur anglais dont les cendres reposent dans ce pays
2 Afin. de, ne pas.froisser les. esprits, Mgr. Plessis ne se servait de son titre d’archevêque que dans ses rapports avec Rome. Mgr Signaï est le premier évêque qui ait pris officiellement le titre d'axchevéque (1844) quand il reçut le pallium, à l’occasion de l'érection du Canada en province ecclésiastique,
Dans ses visites pastorales aux provinces muritimes, l'illustre prélat pleurait sur les ruines de Louisbourg, mais en même temps il éprouvait un indicible bonheur en voyant les Acadiens conserver leur foi intacte quoiqu ils fussent entourés de puritains.
De leur côté les sauvages repoussaient partout les ministres protestants et demandaient au Grand Père des priants des robes noires, semblables à celles qui avaient évangélisé leurs aïeux.
Le comte de Dalhousie.—Richmond fut remplacé par le comte de Dalhousie (1820). La bonne renommée du gouverneür fit croire un moment que le calme allait renaître mais la question des subsides désillusionna bientôt encore les espérances des Canadiens.
Cependant Dalhousie s'occupa des grandes questions de l'éducation, du commerce et de l'industrie.
Les deux principaux faits qui marquèrent son administration furent le projet d'union des deux Canadas (1822) et la crise politique de 1827-28.
Projet d'union des deux Canadas.— La guerre américaine ajourna le projet d'union des deux Canadas, qui préoccupait le bureau colonial de Londres depuis 1807. Le but des Anglais en détruisant l'œuvre de Pitt, était de noyer la population française pour lui faire perdre sa langue, de restreindre la liberté du culte catholique et d'empêcher l'exécution du bill des subsides.
Pour entraver cette mesure funeste à nos droits et à notre liberté, des adresses couvertes de 60,000signatures furent portées au pied du trône, par MM. Weison et Papineau.1
1 Le mémoire rédigé dans cette circonstance est un de nos meilleurs papiers d'Etat,
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à guerre Canadas, s depuis > de Pitt, lui faire du culte subsides.
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Le bill présenté à la chambre des communes, échona à la deuxième lecture (1822). MacZntosh, Burdett, Bright et Lymburner firent une forte opposition à Ellice!, chef du parti whig?, voulant à tout prix l'union.
Convocation des Ohambres.— Le gouverneur convoqua les chambres (1823) et apprit aux représentants du peuple que la question des subsides avait reçu une solution temporaire. M. Vallières de Saint-Réal siégea en qualité de président, en place de Louis Papineau, qui était à Londres.
L'état des finances laissait beaucoup à désirer; le receveur général Ualdwell8 était soupçonné de péculat. La chambre refusa de rembourser les £60,000 tirés de la caisse militaire (1822 et 1823), dépensés par Dalhousie, pour l'administration civile#, et aussi de souscrire à l'adresse des Etats-Unis, demandant au roi la libre navigation dans le Saint-Laurent.
Dalhousie en Angieterre.—Le lieutenant-gouverneur Burton remplaça Dalhousie, passé en Angleterre. Pendant la session de 1825, les représentants du peuple votèrent les subsides par chapitres non détaillés.
1 ÆEllice était propriétaire de la seigneurie de Beauharnois, qu'il avait acheté de la famille de Lotbinière.
2 Le parti Ellice s’interposa entre les {orys du Canada et le ministère tory de Londres, pour faire abroger la constitution de 1791,
8 La vie opulente de Culdwell et les travaux considérables qu'il entreprit, firent présumer à la charnbre d’assemblée qu'il n'avait pas moins de £100,000 sterling entre les mains. Les unionistes, qu'il hébergeait, tinrent à ce qu’on passät légèrement sur les accusations portées contre lui.
4 Les représentants du peuple regardèrent cet emprunt comme une faveur accordée à Caldwell, qui méritait d’être démis de sa
charge,
218 GOUVERNEMENT CONSITTUPTONNEL.
La Couronne bläma la conduite de Bèïton; et, dès sbn retour, Dalhousie convoqua les chambres (1826), qu'il prorogéa dans un langage insultant, après avoir refusé de sanctionner le bill des subsides passé tous Burton,