‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 46 sur 61 · CRISE POLITIQUE · texte numérisé non relu

CRISE POLITIQUE

Sommatre :—Dissensions politiques.—Sir James Kempt, admimistrateur.—Lord Aylmer, gouverneur.—Société nationale.— Emeute à Montréal. —Le choléra.—Stanley et O’Connell. —Les 92 résolutions.

Dissensions politiques.--le discours mordant de Dalhousie en prorogeant les chambres (1826) et la violerice de la presse süscitèrent de nouvelles difficultés:

MM. Papineau, Heney, Cuvillier, Quesnel devinrent

l'âme d’un mouvement populaire. Lies élections furent très agitées ; dans plusiétirs endroits il'y eût des ritiés et beaucoup de désordres ; mais les Canadiens eurent l'avantage.

Le Canadian Spectator ? ‘'disit : “ Les éléctions :

sont finies, les amis du roi, de la constitution et -du pays ont remporté une victoire complète. Les -employés de Lord Dalhousie et l'administration elle-iiêire ont été partout et hautement désapprouvés.”

Dalhousie ne voulut pas reconnaître Louis Papineau comme président de la chambre, mais la majorité des membres, soutenus par Cuvillier, s'opposèrent ‘au-gou:

verneur, qui prorogea de nouveau le parlémiënt. ‘Oët

4 Cette feuille anglaise était rédigée par M. Waller, hotte dé talent, qui jouissait d'un grand prestige.

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acte de violence déplüt souverainement au peuple; 'e/ MM. Viger, Cuvillier et Neilson, se rendirent à Londres, portant une adresse recouverte de 80,000 signatures.

Le Haut-Canada, mécontent de l'oligarchie qui le tyrannisait, blâma sévèrement la conduite du gouverneur, et porta aussi des plaintes en Angleterre. ‘ Cette coïncidence donna de la force aux récriminations des Canadiens.

De son côté, Dalhousie envoya Gale pour défendre sa cause auprès de la Couronne.

Ces difficultés occasionnèrent le rappel de Dalhousie.

Sir James Kempt, administrateur.—Sir James Kempt remplaça Dalhousie (1828), en qualité d'adrinistrateur. Couvert du ‘manteau de l'impartialité, il poursuivit avec dextérité la route ‘nique de ses prédcesseurs. Cependant, Kernpt reconnut Papineau comme président, réintégra dans leurs cliarges lés officiers de la milice et les magistrats destitués par Dalhougie. £200,000 farent votés pour les ‘artéliorations les plus urgentes et la presse prit un ton plus modéré. a connaissance parvehue au peuple d'une dépêche de

1 Kempt, au ministre des colonies, lui suggérantde ne pas

modifier tout de suite la composition des conseils législatif et exécutif, l'éèngagea à demander son rappel. 1 Lord Aylmer, gouverneur.—Lord Aylmer, qui remplaça Kempt (1880), apprit aux représentants ‘du peuple que l'Angleterre était prête à leur céder le contrôle ‘des revenus publics, moyennant £19,0G0 votés pour ‘la vie du roi. Les injustices criantes cu: passé empêchèrent les rhembres de croire à l'impartialité de 1 Les trois quarts des membres des conseils exécutif et législatif

étaient dépendants du gouvernement, et 1l en résultat uñe source de dificultéa.

cette offre généreuse. Piqués, d'ailleurs, de ce qu'à l'avenir, aucune dépêche ministérielle ne pourrait leur être communiquée sans l'assentiment du bureau colonial, les Canadiens demandèrent un rapport détaillé de l'emploi des biens des Jésuites, des revenus des terres et des forêts, et des items de la liste civile qui lui avait été transmise. Le gouverneur répondit d'une manière évasive.

De tous côtés, dans des assemblées publiques, on censurait le gouvernement. Des jeunes gens, plus ardents qu'éclairés, et n'entrevoyant les obstacles à surmonter qu'à travers un prisme trompeur, pressaient Papineau de poursuivre à outrance les luttes parlementaires, pour forcer l'Angleterre de se rendre à ce qu'ils demandaient. Ils étaient loin de se douter qu'après l'union législative, on se servirait d'eux comme d'instruments pour “établir dans le Bas-Canada une population anglaise, avec les lois et la langue anglaises, et de soumettre cette province aux régime rigoureux d’une législature essentiellement anglaise.”1

Société nationale.—Ze Canadien, à Québec, et re la Minerve,? à Montréal, soutenaient vigoureusement d nos droits. Duvernay, alors propriétaire de la Minerve, et Tracey, rédacteur du Vindicator, furent emprison- n nés pour avoir attaqué trop ouvertement le conseil d législatif. Les ovations populaires dont ils furent l'objet e: obligèrent les réformistes à les mettre en liberté sans qu'il fut possible d'intenter un procès. Duvernay profita de ce mouvement enthousiaste pour organiser la société

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