SUITES DE L'INSURRECTION
SowmaArRg:—Lord Durham, gouverneur—Amnistie,.—Emenutes : dans le Bas-Canada,—Dans le Haut-Canada.—Sort des prisonniers politiques.—Courage de M. Parent.—Mesures de l'Angleterre après l’'Insurrection.
Lord Durham, gouverneur.—En présence de tant de difficuités, Gosford demanda et obtint son rap-
pel. Lord Durham, qui lui succéda (1838), remplaça 1 Alan Napier McNab (1798-1862), entré au parlement en
1829, devint président de l'assemblée législative (1844-1848), puis chef de cabinet, avec Morin en 1854, et avec Tach6 en 1855,
928 GOUVERNEMENT CONSTITUIONNE!.
par ses amis la plupart des membres du Conseil spécial, et ne fit guère que des hors-d'œuvre au Canada.
Amnistie.—Afin d'éluder des procès embarrassants, Durham profita de l'avènement au trône de là reine Victoria! pour gracier les prisonniers politiques, dont les prisons étaient remplies. Les vingt quatre plus coupables seulement furent envoyés aux Bermudes. Cette . amnistie, qui causa une grande joie aux Canadiens, fût condamnée en Angleterre. Ce désaveu de la Couronne blessa Durham, qui demanda son rappel.
Colborne, élevé plus tard à la pairie sous le nom de Jord Seaton, le remplaça par intérim (1838-1839). Des déportés des Bermudes, aidés de Dodge et de Theller, échappés de la prison de Québec, qu'ils rencontrèrent à New-York, se mirent à la tête des insurgés et d’Américains exaltés, et soulevèrent de nouvelles émeutes, dans les deux Canadas à la fois.
Emeutes : dans le Bas-Canada.—L'adresse de Colborne sut déjouer à Montréal une nouvelle insurr: :tion, quand les soldats n'étaient pas sous les armes.
Beauharnois devint alors le théâtre de l’action. Une faction populaire surprit les partisans du gonvernement et les fit prisonniers (3 novembre). M. Ællice? et plusieurs personnes de considération subirent le même sorts.
1 La princesse Victoria, nièce et seule héritière de Guillaume IV, quis’eteignit à Windsor, le 20 juin 1837, fut proclamée reine de la Grande-Bretagne, à l’âge de 18 ans. |
2 M. Ællice, fils du seigneur de Beauharnois, avait été secrétaire privé de lord Durham.
8 Les prisonniers de Beauharnois furent mis en liberté par uh corps du 71e régiment, aidé de 1000 Glengary (10 novembre).
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Boixante-quatre insurgés, ayant cerné l'église de Caughnawaga pendant que les sauvages étaient à prier, furent faits prisonniers et amenés à Montréal liés deux à deux.
Les insurgés qui occasionnèrent des émeutes à Terrebonne, à Châteauguay, à Rouville et à Varennes, furent mis en déroute par Colborne, commandant 8000 hommes, qui proclama la loi martiale et promena partout la torche incendiaire, n’épargnant pas plus l’innocent que ie coupable.
Dans le Haut-Canada. — Quatre cents Américains de Sackett's Harbour furent défaits à Prescott, par le colonel Young et le capitaine Fowell, qui firent 166 prisor-niers, |
Au Détroit, des insurgés mirent le feu à quelques vaisseaux, tuèrent plusieurs individus et massacrèrent le docteur Æume à coups de hache et de couteau. Le colonel Prince, informé de ces atrocités, attaqua ces maraudeurs, qui prirent la fuite, abandonnant 25 morts et 26 prisonniers.
1,200 insurgés, traversés à Niagara pour exciter le peuple à la révolte, furent repoussés par les troupes, qui firent quarante prisonniers.
Pour tempérer ce souffle révolutionnaire, les trois
meurtriers de Hume et six des prisonniers de Prescott furent condamnés à la potence, par la cour martiale. Sort des prisonniers politiques.—L'année 1838 s'éteignit dans le sang de nos compatriotes : 89 furent condamnés à mort, dont 13 périrent sur l’échafaud, et 47 furent déportés à Sydney, en Australie.
. 1 La cour martiale ne s’enquit que des crimes politiques et des - rébellions arrivés après le 4 novembre 1838.
Il est bon de remarquer que presque tous les partis factieux de 1837-1838 furent suscités par des étrangers au pays. À Saint-Denis et à Saint-Charles, Brown et Nelson, deux Anglais ; à Saint-Eustache, Girod, aventurier suisse. Chénier seul était Canadien.
Courage de M. Parent.—La sévérité de Colborne envers les prisonniers politiques fut condamnée en Angleterre et dans tout le Canada. Dans cette circonstance, M. Etienne Parent, publiciste distingué, eut le courage d'écrire que les actes de vengeance exercés par les troupes anglaises, dans le district de Montréal, étaient un autre genre d’excès aussi répréhensible que la levée de boucliers des patriotes. La hardiesse indépendante de Parent le fit arrêter, mais son procès n'eut pas lieu.
Mesures de l'Angleterre après l'insurrection. —Les Canadiens attendaient avec impatience ia décision de l'Angleterre après l'insurrection. Influencée par le rapport de Durham, la couronne trouva que le meilleur moyen d'angliciser le pays et de noyer la population canadienne était l'union législalive des deux provinces, en donnant à chacune un égal nombre de représentants. Cette mesure fut prise malgré les représentations de Wellington et de Gosford, et les pétitions adressées à la reine par le clergé catholique et les Canadiens-français.
L'avis de Durham l'emporta sur le bill de Pitt, dont Je but avait 6t6 non pas de faire des Canadiens des Anglais de nom, mais d'affection, en leur conservant leur liberté, lears lois, leur religion, leur bu à leur langue et leurs coutumes.
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