LES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE
SoMMAIRE :—Origine.—Arts.—Sciences.—Religion.—Fêtes.—Sa. crifices humains.—Missions catholiques.
Origine.—Quand les Européens découvrirent l'Amé. |
rique, ils la trouvèrent couverte de tribus sauvages différant peu entre elles de mœurs et de coutumes. L'histoire ne dit rien de certain sur l'origine de ces peuples. Les traditions mexicaines, montagnaises et autres, la géographie et les observations ethnographiques, prouvent que les nations américaines ont dû leur origine à des migrations fort anciennes, venues d'Asie, probablement de Tartarie, par le détroit de
Behring, et qu'elles se répandirent, avec le temps, bien.
au delà des montagnes Rocheuses.
Des naufrages et des voyages de découvertesi ont peut-être aussi conduit sur les côtes de l'Amérique et mêlé aux tribus déjà venues du nord-ouest, des Phéniciens, des Indiens, des Chinois, des Japonais, des Celtes, des Scandinaves; mais les étrangers, ainsi jetés au milieu des anciennes populations, semblent avoir exercé peu d'influence sur les mwurs et les institutions de ces . dernières, si ce n'est au Mexique et au Pérou, où les Espagnols trouvèrent des peuples élevés à une demicivilisation.
Arts.—Les arts étaient cultivés au Mexique et au Pérou. Les Mexicains avaient même des objets de luxe
1 Plusieurs flottes aventurières, lancées par les peupies maritimes, durent avoir le sort des vaisseaux de Cubral, que des courants océaniques jetèrent sur les côtes du Brésil (1500),
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d'une très grande valeur. Au dire de Cortez, tout ce que produisent la terre et les eaux, Montézuma l'avait fait imiter en or, en argent, en pierres précieuses, en plumes d'oiseaux, avec une telle perfection qu'on aurait cru le voir au naturel. Les tissus étaient à la hauteur de la sculpture et de l'architecture. La peinture même était connue des Mexicains.
Les Péruviens ignoraient l'usage de la brique, de la chaux et de la charpenterie. Les édifices étaient construits de blocs de pierre qu'ils ne savaient pas même équarrir. Afin de consoïider leurs constructions, ils creusaient le bloc inférieur de manière que le supérieur s'y emboîtât exactement. La citadelle de Cuzco était bâtie de ces énormes blocs irréguliers. Outre ie palais de l'Znca, dont les murs, à l’intérieur, étaient couverts de feuilles d'or, Cuzco renfermait plusieurs temples remarquables. Celui du So/:4, où se trouvaient les cadavres embaumés des Incas, assis sur des. trônes d'or, était d'une richesse incomparable. Le plus procke du temple du Soleil était celui de la Lune; ilétait couvert en | argent,on y plaçait les corps embaumés des impératrices. | L'étoile de Vénus, révérée comme la messagère du Soleil, l'Eclair, le Tonnerre et l'Arc-en-ciel avaient aussi leurs temples.
Science.—Les fils des nobles, y compris ceux des caciques, devaient fréquenter les écoles publiques ouvertes dans toutes les villes. Le roturier devait s'en tenir à son métier. Les rits et les cérémonies du culte, la morale, la politique, l'arithmétique, l'astronomie, la musique, la poésie et l'art militaire étaient enseignés dans ces écoles dirigées par les Incas. Les Mexicains
transmettaient les faits ay moyen d’une peinture hiéro-
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glyphiqus assez grossidre ; les Péruviens le faisaient au moyen de petites cordes de plusieurs couleurs, et aouées de différentes façons, appelées quipos.
Rohigion.--Les peuples de l'Amérique avaient quelque idée de la divinité; ils croyaient à un Bon «° à ùn Mauvais principe. Selon eux, les Ames des valeureux guerriers jouissaient après leur mort d’une vie délicieute, dans une terre qui abondait en tout, tandis que les hommes inutiles à la société, les lâches, souffraient une famine éternelle et toutes les peines possibles dans l'autre vie.
Les Incas gardaiont leërs eheveux et leurs ongles dans l'espérance de les retrouver à la résurrection.
Les nouveæu-nés étaient portés aux prêtres, qui leur versaient de l'eau sur la tête; dans cortaines provinees, où foignait de faire passer los enfants par l'eau et de feu.
L'espérance d'un rédempteur était aussi conservée ; toutes les pouplades américaines attendaient de l'Orient des ‘enfants du soleil, qui devaient un jour aller les visitor, après avoir fait le tour du monde.
Fêtes.—Les fètes les plus solennelles étaient celtes du Soleil, de la Zuneet de Vénus. Les équinores étaient des fêtes majeures ; celle de l’équinote de mars était suivie de la récolte du maïs, qui se trouvait alors mûr: ce qui jetait le peuple dans une allégresse générale. On célébrait chaque année, au Mexique, trois fêtes, ea mémoire des monfs et ea l'honneur de tous les
$Saerifices bumains. — Les sacrifices humains étaient nombreux et fréquents au Mexique. En certains jeues de fêtes, les victimes dépassaient 20,000. C'étaiont
rtains