AIDE
| ordinairement des esclaves et des prisonniers de guerre.
Les pontifes, accompagnés de prêtres, étaient chargés de les sacrifier aux idoles. Les maîtres des esclaves ou des prisonniers immolés, réclamaient les restes pour s'en régaler dans un repas auquel ils invitaient parents et amis.
On vendait de la chair humaine sur les marchés, et les empereurs même en faisaiont servir sur leur table.
Missions catholiques.—A peine les forêts de l'Amérique furent-elles connues à l'Europe que des religieux s’y aventurèrent pour annoncer l'Evangile aux hordes sauvages qui les habitaient. Les illustres enfants de saint François, de saint Dominique et de saint Ignace, rivalisèrent de zèle et de dévouement. Ce ne fut qu'au prix de difficultés presque insurmontables, qu'ils convertirent les aborigènes. Les cruautés qu'avaient exercées sur eux les Espagnols, les avaient tellement rebutés, qu'il leur suffisait de savoir que la religion qu'on leur prêchait était celle de leurs mattres pour les empêcher de l'embrasser. Les tribus errantes, disséminées ga et là, n'étaient en communication par aucune voie publique connue. L’aventure seule devait conduire les pionniers de l’Evangile à travers mille dangers. Souvent, il fallait parcourir jusqu'à trente, quarante lieues, avant de rencontrer une bourgade. En voyageant par terre, les missionnaires se trouvaient en face de précipices insondables, de rochers escarpés, ou de halliers impossibles à franchir. D'ailleurs, n'avaient-ils pas à craindre, en allant à travers ces antres, ces cavernes, ces ravins, ces bois touffus, la rencontre de tigres, de serpents, ou patres béles féroces, qui auraient pu les mettre en
pièces? Les voies par eau n'étaient pas plus rassurantes. De tous côtés, ils rencontraient des troncs d'arbres qui menaçaient de briser leurs frêles canots, ou d'énormes crocodiles, des serpents de mer, ei voraces, qu'ils s’élançaient même sur les rameurs pour les dévorer. Ajoutons à tout cela la férocité des peuples anthropophages qu'ils voulaient conquérir à la foi, la multiplicité des dialectes qu'ils étaient obligés d'apprendre et la nourriture grossière des indigènes, dont ils devaient se contenter. Toutes ces difficultés, loin de ralentir le zèle des missionnaires, l’activèrent plutôt; aussi, vit-on, à la lumière de l'Evangile, des merveilles s’opérer dans ces nouvelles contrées.
Au commencement du XVIII siècle, l'Amérique espagnole! comptait déjà cinq archevêchés, vingt-sept évêchés et quatre cents couvents. C'est ainsi que sous l'empire de la foi, l'esprit de cruauté, de vengeance et de perversité grossière qui caractérisait les hordes sauvages, faisait place à la douceur, à la patience et à la chasteté. L'évêque de Buenos-Ayres pouvait écrire à Philippe V, roi d'Espagne. ‘“$Sire, dans ces peuplades nombreuses, composées d’Indiens naturellement portés à tontes sortes de vices, il règne une si grande innocence que je ne crois pas qu'il s'y commette un seul péché mortel.”
1 L'Amérique espagnole comprenait: le Werique, la Floride, le Guatémala, une grande partie des Antilles, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Çhidi et la Plata,
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