LES PROVINCES CONFÉDÉRÉES
SoMMAIRE.—La constitution fédérale. —Les provinces confédérées—Le Nouveau-Brunswick.—La Nouvelle-Ecosse.— Proclamation de la confédération.—Sir John Young, gouverneur.—Entrée du territoire du Nord-Ouest dans la Confédération —Troubles de la Rivière-Rouge.—Province de Manitoba—Entrée de la Colombie anglaise dans la Confédération —Lord Dufferin, gouverneur—Entrée de l'île du Prince-Edouard dans la Confédération.—Les Zouaves pontificaux.
La constit”.i'on fédérale.—La constitution fédérale port: que le Dominion doit être administré par un gouvern'ur gén<ral, assisté d'un sénat, dont les membres :cut nomr.és à vie, et d’une chambre des communes, dont les membres, élus par le peuple, ont un mandat de cinq ans.
Le nombre de députés de rhaque province est proportionnel à sa population, prenant pour base la province de Québec, laquelle doit toujours en avoir soixante-cinq. Le chiffre des sénateurs, déterminé avec moins d'égard à la population, a été fixé à vingt-quatre pour Québec, Ontario et les provinces maritimes.
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Chaque province doit avoir à sa tête un leutenantgouverneur, nommé par le gouverneur général. La composition des législatures provinciales est laissée au choix de chacune des provinces.
La régie de la dette publique, de la milice, des pêcheries, des douanes, des postes, du cours monétaire, des| banques, de la navigation, etc., est du ressort du gouvernement fédéral ; tandis que l'éducation, les municipalités, la distribution des terres, les travaux publics locaux, l'entretien des hôpitaux, l'administration de la justice h.n etc., regardent les gouvernements provinciaux.
Les provinces confédérées.—Les provinces réu-| de « nies ne formèrent qu'une seule Puissance, du nom del de Canada : le Bas-Canada s'appela province de Québec ; | (17: le Haut, province d'Ontario ; le Nouveau-Brunswick] l'or, et la Nouvelle-Écosse conservèrent leurs noms respec-} liqu tifs. Ottawa devint la capitale fédérale, et chaque tan province eut sa capitale particulière. fort
Le Nouveau-Brunswick.—Le Nouveau-Bruns-| l'in wick a une étendue de 27,322 milles carrés. Cetteprof 1 vince dont la surface est en général ondulée, est tri salubre et joint aux travaux agricoles et à l'exploitation] 207 des forêts l’industrie des pêcheries. jut
Le Nouveau-Brunswick se détacha de la Nouveile- Ecosse 1784. Thomas Carleton en fut le premier gou- pul verneur. Après le départ de Carleton, cette province fut administrée par des présidents (1803-1817), puis de Me nouveau par des gouverneurs. de
Un grand nombre de colons militaires s'y fixèrent en 1815. Le feu, qui ravagea les côtes du Miramichi en 1825, fit éprouver une perte de plus de 1,000,000 del «nr
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ldollars. La ville de Saint-Jean devint aussi la proie des flammes en 1830, et les pertes furent considérables. La capitale du Nouveau-Bruuswick est Fredericton. La Nouvelle-Ecosse.—La Nouvelle-Ecosse a une létendue de 21,730 milles carrés. Le climat de cette Ipresqu'ile est humide. On y exploite des mines d'or let de charbon. Les forêts sont giboyeuses et ont y fait beaucoup de sucre d'érable.
L'ile du Cap-Breton s'annexa à la Nouvelle-Ecosse en 1763.
Les événements les plns remarquables dans l’histoire de cette presqu'île avant la confédération sont: la visite [de Guillaume-Henri, plus tard Guillaume IV, à Halifax (1787), l'ouverture du grand chimin de Pictou (1792), l'organisation de la milice (1806), l'admission des catholiques à la jouissance des mêmes droits que les protestants (1823), la dissolution du parlement établit, et la formation de deux conseils, exécutif et législatif (1838), l'introduction d’un gouvernement responsable (1848). La capitale de la Nouvelle-Ecosse est Halfax. Proclamation de la confédération.—L'acte de Conjédération, proclamé en Angleterre le 23 mai 1867, fut mis en force le premier juillet de la même année. Cet événement donna lieu à de grandes réjouissances publiques. Lord Monck, qui fut chargé de faire fonctionner le nouveau governement, choisit sur John À. McDonald pour son premier ministre; ce dernier s'associa sir Georges Etienne Cartier, son collègue intime. Sir Narcisse Belleau fut le premier lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
1 La Nouvelle-Ecosse reçut une forme de parlement (1758) composé d'une assemblée légisiative de 22 membres élus par le peuple, et d'un conseil de 12 membres nommés par la Couronne,
Sir John Young, gouverneur.—Le successeur de Monck fut sir John Young (1868), qui, deux ans plus tard, obtint le. titre de lord Zasgar. Son administration fut caractérisée par l'entrée du Manitoba et de la Colombie anglaise dans la Confédération, les troubles de la Rivière-Rouge et le traité de Washington.
Entrée du territoire du Nord-Ouest dans la Confédération.—Le vaste territoire du Nord-Ouest, mesurant 2,450,000 milles carrés et s'étendant depuis les grands lacs jusqu'aux montagnes Rocheuses, entra dans la Confédération en 1870. Les districts d'Assiniboia et d'Alberta abondent en pâturages et en steppes herbeux désignés sous le nom de prairies. La région du sud-ouest, moins fertile, renferme cependant l'immense ferme Bell (Bell's Farm)!. Athabaska possède des mines de houille considérables.
Ces vastes contrées furent découvertes par des explorateurs appartenant à une compagnie dite du Nord- Ouest ; Alexandre Mackenzie découvrit la rivière Fraser (1793), puis explora celle qui maintenant porte son nom. L'astronome Thompson découvrit la rivière Colombie, qu'il descendit jusqu'à l'océan Pacifique (1811). La même année, lord Selkirk acheta de la compagnie de la baie d'Hudson? l4 artie du territoire connue sous le nom de ÆRivière- Rouge, et, quelques années plus tard, y établit des colons écossais et canadiens-français.
1 Cette ferme, une des merveilles de l'Amérique, a 100 milles carrés, et, en outre de ses excellents pâturages, peut produire jusqu’à 35,000 minots de blé par année, rans parler des autres productions.
3 La compagnie de la baie d'Hudson se fusionna plus tard avec la compagnie du Nord-Ouest. |
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Troubles de la Rivière-Rouge (1869-70).— Avec l'assentiment du cabinet de Londres, la compagnie de la baie d'Hudson! céda au Canada les vastes contrées du Nord-Ouest, moyennant la somme de $1,500,000. Les colons de la Rivière- Rouge, de beaucoup les vlus nombreux, n'ayant pas été consultés et se croyant en droit de poser leurs conditions, se soulevèrent. Louis Riel et Lépine, chefs de l'insurrection, formèrent un gouvernement provisoire dont le siège se tenait au fort Garry, et constituèrent prisonniers tous ceux qui s'opposèrent à leurs desseins. Cet état de choses durait depuis près d'un an, quand Thomas Scott fut condamné à mort par le gouvernement provisoire. Le colonel Woseley, commandant 1200 hommes, fut chargé d'aller rétablir l'ordre. Le parlement d'Ottawa tint compte de réclamations des colons de la Rivière-Rouge, et fonda la province de Manitoba.
Province de Manitoba.—La province de Manitoba, formée à la suite des troubles de la Rivière-Rouge, entra dans la confédération la même année que le territoire du Nord-Ouest (1870), dont elle faisait aiors partie. L'étendue du Manitoba est de 74,090 milles carrés. Son sol fertile produit le blé en abondance. De nombreuses mines äe charbon de terre se trouvent dans les plaines du Nord-Ouest. L'hiver est rigoureux et sujet aux blizzards ou tempêtes de neige ; l'été est très chaud et sujet aux tornados ou violents ouragans.
Sa capitale est Winnipeg.
Entrée de la Colombie anglaise dans la Confédération.—La Colombie anglaise, qui a 383,300 milles de superficie, commença à faire partie de la Con-
1 La compagnie de la baie d'Hudson reçut une charte du roi Charles IL, anglais, en 1670, si
fédération en 1871. Sa température douce, la richesse de ses forêts et de ses mines l'ont fait appeler la ‘ Californie du Canada.” L'ile Vancouver!, remarquable par ses ressources naturelles, fait partie de la province. C'est sur cette île qu'est située Victoria, la capitale et le centre du commerce de la Colombie.
John Hearn, de la compagnie de la baie d'Hudson, explora l'ouest de la contrée de la baie d'Hudson, en 1771. Simon Fraser fut un autre explorateur de ces régions (1806). L'Angleterre, ayant donné un gouvernement à la Colombie et à Vancouver en 1859, nomma Jacques Douglas, gouverneur de ces deux colonies distinctes. De 1863 à 1871, chacune eut son gouverneur particulier ; New- Westminster était alors la capitale de la Colombie. |
Lord Dufferin, gouverneur.—Lord Duferin, homme d'état distingué, succéda à Lisgar (1872) et sut, par ses rares qualités, gagner l'estime des Canadiens des différentes origines.
Entrée de l'ile du Prince-Edouard dans la Confédération.—L'ile du Prince-Edouard?, qui a une étendue de 2,000 milles, entra dans la Confédération en 1873. Sa configuration échangrée par la mer divise naturellement cette province en trois comtés. Le terrain est productif, et on y élève-beaucoup de bétail pour l'exportation.
L'Angleterre donna à cette île un gouvernement séparé, en 1770, et nomma Walter Patterson gouver-
1 L'ile Vancouver, longue de 278 milles et large de 50 à 60, fut découverte par le capitaine Vancouver, de la marine britannique.
3 Cette île fut ainsi nommée, en l'acnzeur du prince Edouard, duc de Kent, père de la reine Victoria.
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| neur. En 1773, l'île reçut sa constitution portant que
le gouvernement serait composé d'un lieutenant-gouver-
neur, assisté d’un conseil exécutif et d'un conseil légis-
latif réunis, et d’une chambre d'assemblée de dix-huit
membres. Cette constitution fut modifiée en 1851, pour
y introduire un gouvernement responsable.
Charlottetown en est la capitale.
Les Zouaves pontificaux.—La spoliation des biens de l'Eglise donna une forme régulière au denier de Saint-Pierre au Canada, et provoqua une énergique protestation, qui fut envoyée au Souverain Pontife.
Bientôt les Canadiens prouvèrent qu'ils étaient prêts à verser leur sang pour la défense des droits de l'Eglise ; 233 jeunes gens, de toutes les classes de la société, prenant, pour divise : “ Aime Dieu et va ton chemin !” s'enrôlèrent comme zouaves pontificaux et volèrent vers la ville éternelle (1868).1
Fier de ses enfants, le Canada fit des souscriptions pour les frais du voyage.
Les ovations les plus sympathiques accueillirent les zouaves canadiens aux Etats-Unis, en France et à Rome.
Sous l'intrépide de Charette, ils se distinguèrent à maints endroits ; cédant au nombre, ils durent poser les armes et revenir dans leurs. foyers. Leur retour fut un triomphe ; plus de 50,000 personnes les attendirent à la gare de Montréal et leur souhaitèrent la bienvenue par ces cris d’allégresse : “ Vive Pie IX, vivent les Zouaves !” Cependant, neuf manquaient à l'appel, is avaient eu l'honneur de verser leur sang pour la sainte cause qu'ils avaient embrassée,
1 Les deux années suivantes, 172 jeunss gens se rendirent aussi à Rome en qualité de Zouaves pontificaux.
Loi martial Clause du traité de Paris.
[Émis des lois françaises,
| Triple gouvernement.
Militaire
Conseil militaire.
Prestation du serment du test,
Gouvernement absolu,
L'acte de Québec.
Formation d’un conseil législatif, Rétablissement des lois françaises, Dispense du serment du test.
L'acte constitutionnel.
Division du Canada en deux provinces,
soi e
sab (1791 à 1841).
Conseil exécutif.
Triple pouvoir: 4 Conseil législatif, Chambre élective.,
non res
L'acte d'Union.
Vote de la liste civile.
Indépendance des juges.
Régime Contrôle des subsides.
responsable.
unitaire (1841 à 1867).
Loi de l’Æabeas co À Liberté de s’assembler, Liberté de la presse,
L'acte de l'Amérique britannique du Nsrd,
Gouverneur-général, Gouvernement | Conseil exécutif.
fédéral. Sénat.
Chambre d& Communes.
Lieutenant-gouverneur.
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Corps législatifs,
Gouvernement constitutionnel
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