‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 56 sur 61 · DÉVELOPPEMENT.—PROGRÈS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT.—PROGRÈS

SOMMAIRE :—Emigration.—Colonisation.—Langue française. — Littérature française. — Sciences.— Beaux arts.— Exploitation des forêts—Industrie minière.—Pêcheries.—Agriculture.

Emigration—La politique mesquine et arbitraire du gouvernement anglais ne voulant pas souffrir de rivalités de race, occasionna les premières émigrations ; l'insurrection (1837-38) et l'acte d'union (1840) les activèrent encore, et, dans l'espace de quatre ans, plus de 20,000 Canadiens-français passèrent aux Etats- Unis.

Pour détourner ce courant migrateur et attacher au sol les Franco-Canadiens, on encouragea la colonisation ; mais la pauvreté, la maladie et le manque de chemins praticables paralysèrent l'élan donné. Malgré tous les efforts tentés, des centaines de familles d'origine française prirent chaque année le chemin de la grande république ; leurs descendants y gardent cependant l'esprit de leur nationalité au milieu desAméricains;la langue et les coutumes les portent à se grouper, l'église les réunit et la fête de la Saint-Jean-Baptiste leur rappelle leur origine commune.

Colonisation.--Les progrès de la colonisation attirèrent les immigrants etaugmentèrent considérablement la population ; de 1831 à 1844, elle s'accrut au Bas- Uanada ue 114,000 âmes, malgré les 40,000 qui passèrent aux Etats-Unis. Des familles d'origine française s'établirent aussi dans les townships anglais, où leur croissance

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rapide leur fit bientôt dominer la population de leurs devanciers. Le gouvernement favorisa le mouvement colonisateur et les immenses solitudes de l'Outaouais furent arrachées à la forêt. M. Labelle, curé de Saint- Jérôme, prit cette œuvre à cœur, et, dans une quinzaine d'années, fut défrichée la vaste région située au nord des comtés de Terrebonne et d'Argenteuil, laquelle compte aujourd'hui 5,000 âmes,

L'exploitation des bois du Saguenay donna l'élan colonisateur de ce côté (1840). Deux prêtres, MM. Hébert et O'Reilly, groupèrent les premiers colons autour du lac Saint-Jean, et, en 1851, ces parages comptaient déjà 4,981 habitants. À la même époque, les côtes stériles du Labrador commençaient aussi à se peupler, et la région du sud-est du fleuve prenait un accroissement considérable. Les Canadiens-français se dirigeaient également du côté des comtés de Mégantic, de Drummond, de Shefford, de Gaspé et de Rimouski.

Ces différents courants d'émigration contrebalançaient le nombre considérable de colons anglais qui vinrent s'établir dans le Haut-Canada.

En 1861, le nombre des Canadiens-français établis dans les différentes régions du Canada était de 980,000 âmes. En ajoutant à ce chiffre les 177,000 Canadiensfrançais ou Acadiens habitant les contrées limitrophes, les provinces maritimes et les îles du golfe, on a une population de 1,157,000 âmes. Pour avoir le véritable chiffre de la population franco-canadienne à cette époque, il faudrait ajouter aussi les 150,000 expatriés, groupés dans les différents centres des Etats-Unis.

Langue française.—Les Franco-Canadiens parlent le français, ce précieux héritage qu'ils ont conservé de

leurs ancêtres, au prix de nombreux démélés politiques. Notre idiome, tissu d'anglicismes, a gardé le cachet du XVIIe siècle, et est de beaucoup plus parfait que le patois de certaines provinces de France. En général, la classe lettrée écrit mieux la langue qu'elle ne la parle.

Litérature française.—La littérature française au Canada ne prit son essor qu'après la crise politique (1837-38). La poésie présida à son enfance. Les mieux inspirés des muses ont été Octave Crémazie, appelé le ‘prince de nos poètes,” Louis-Honoré Fréchette, lauréat de l’Académie française, et Pamphile Lemay, dont la verve paraît intarissable.

Sans entrer dans le domaine de la science et de la polémique, les prosateurs les plus distingués sont : de Gaspé, Routhier Faucher de Saint-Maurice, l'abbé Casgrain et Legendre, qui excelle aussi dans la poésie.

Comme historien, il faut citer Bibaud, qui posa les grands jalons de notre histoire nationale ; Garneau, le plus complet et le plus philosophe; l'abbé Ferland, très érudit et qui fut enlevé par une mort prématurée avant d'avoir pu achever son œuvre; Sulle, dont le principal ouvrage est l'Æistoire des Canadiens-français ; et l'abbé Laverdière, qui a publié beaucoup d’opuscules et une savante édition des œuvres de Champlain.

Sciences.—Les Canadiens qui se sont le plus distingués dans les sciences sont: l'abbé Provancher, qui a fait des travaux considérables sur la flore et la faune canadiennes ; l'abbé Laflamme, Dawson et Logan, très versés dans les sciences naturelles, surtout dans ia géologie et la minéralogie; Baïllargé, auteur d'un traité de géométrie et de trigonométrie très estimé; ÆHingston, célèbre dans les sciences médicales,

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Beaux Arts.—Depuis la Confédération surtout, les arts fleurissent au Canada.

Dans ces dernières années, plusieurs Canadiens ont brillé dans les conservatoires d'Europe. Madame Àlbani!, cantatrice remarquable, figure avec avantage dans les opéras les plus réputés de nos jours. La peinture à aussi ses adeptes,

Exploitation des forêts.—Les forêts du Canada fouruissent une grande quantité de bois de construction de première qualité. Le pin et l'épinette surtout y abondent. L'abatage se fait pendant l'hiver. Dès que la navigation .est ouverte, le bois est distribué aux différentes scieries situées sur les bords des rivières Outaouais, Saguenay, Saint-Maurice et autres. moins importantes. On trouve dans le Haut-Canada le tulipier, dont l'écorce est employée avec succès pour combattre la fièvre intermittente, les maladies hystériques, la phtisie, le choléra, etc. Chaque printemps, à la fonte des neiges, l'érable donne une sève sucrée et abondante, dont la concentration produit du sirop et du sucre exquis.

Industrie minière.—Le Canada possède des richesses minérales variées et considérables. Le fer, le plomb, le cuivre et des gisements d'or, d'argent, de platine, de mercure, de bismuth, de manganèse, d'amiante, de phosphate de chaux?, etc., setrouvent dans les provinces confédérées. La longue chaîne des Laurentides contient du fer magnétique. Les côtes de la baie d'Hudson abondent en fer spathique ; on trouve également du mi-

1 Emma Lajeunesse, native de Chambly.

2 Ces deux derniers se rencontrent surtout dans la province de Québec.

nerai de fer dans l'intérieur des territoires du Nord- Ouest. La Nouvelle-Ecosse et la Colombie anglaise sont célèbres par leurs terrains houillers. On obtient le pétrole dans une grande étendue de l'Ontario. Les roches dévoniennes, dans le voisinage de Gaspé, en renferment aussi. L'albertite! abonde dans le comté Albert. Des pierres précieuses, telles que le jaspe, les agates et les améthystes2, se trouvent au lac Supérieur.

Pêcheries.—Les pêcheries du Canada sont les plus célèbres du monde. Celles du golfe et du fleuve Saint- Laurent, ainsi que celles des grands lacs, occupent des milliers d'individus pendant l'été, et rapportent des bénéfices considérables. La morue se pêche en abondance aux environs du grand banc et des banquereaux voisins de l’île de Terreneuve.

Agriculture.—Le sol canadien, composé en général d'une couche argileuse très riche et assez épaisse, est d'une grande fertilité. Le foin et les différentes céréales y croissent en abondance. Les légumes, qui viennent à foison, sont surtout cultivés aux environs des grands centres. Les vastes pâturages permettent l'élevage d'un grand nombre de bestiaux. Des vingt-

quatre millions d'acres que comptent les deux provinces s du Haut et du Bas-Canada, onze sont cultivés et les / treize autres sont incultes ou couvertes de forêts. ü 1 Substance charbonneuse découverte en 1850, près de Hills- ti boro, au Nouveau-Brunswick. On l’emploie dans la fabrication d

- du gaz de l'éclairage.

2 Une très belle améthyste, qui fut divisée en deux parties et

placée sur la couronne du roi, fut envoyée en France, par les premiers colons.

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QUATRIÈME ÉPOQUE

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