‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 12 sur 77 · II.—MONTMAGNY · texte numérisé non relu

II.—MONTMAGNY

tête d’un coup de hache en 1646. Le P. Jogues fut deux fois martyr, car prisonnier des Iroquois en 1642, il fut soumis à la torture, on lui enleva des phalanges de doigts, et il n’échappa à la mort que par miracle. Etant passé en Europe par l’entremise des Hollandais habitant alors New-York, il revint l'année suivante et consentit de nouveau à aller remplir une mission auprès de ses cruels persécuteurs. La couronne du martyre était prête alors pour lui, aussi n’en revint-il pas.

A4,—En 1645, la Compagnie des Cent-Associés céda la traite des pelleteries à la Compagnie-des-Habitants, à condition que celle-ci se chargerait des frais du culte, des frais du gouvernement civil, et ferait passer tous les ans au Canada 20 personnes de l’un et de l’autre sexe. Un Conseil fut peu après établi pour la gestion des affaires civiles. Ce Conseil se compôosait du Gouverneur Général, qui serait nommé pour trois ans, du premier Supérieur ecclésiastique d’alors, de l’ancien Gouverneur s’il était encore dans le pays, et de deux Conseillers, élus tous les trois ans par les villes de Québec, Montréal et des Trois-Rivières.

45.—De Montmagny, bien qu’il eût gouverné la colonie avec une prudence et une sagesse telle qu’il s'était fait estimer et des français et des sauvages, remit en 1648 son gouvernement, pour se conformer au nouveau règlement, à Louis Coulonge d’Aïlleboust, jeune homme de bien, rempli de religion et de piété. D'’Aiïlleboust avait fait partie de la Société de Montréal et avait déjà demeuré dans cette ville, de sorte qu’il était parfaitement au fait des affaires du

pays.

20 HISTOIRE DU CANADA. [1649 III.—D'’ArzreBousr, 1648-1651.

46.—En 1649, ce sont les Pères Brébeuf, Gabriel Lalemant, Daniel et Garnier qui reçoivent à leur tour la couronne du martyre.

47.—Les Pères Jésuites, comme nous l'avons dit, avaientréussi à former de la nation Huronne,une quinzaine de bourgades chrétiennes sur les bords du lac Huron ; ces villages vivaient de la vie exemplaire des chrétiens de la primitive église, sous la conduite de leurs missionnaires. Les Iroquois, toujours altérés du sang de leurs ennemis, et voulant aussi se venger des français dans la personne de leurs alliés, se montrent tout à coup, au mois de juillet 1648, en face des bourgades Huronnes, et fondant sur celle de $. Joseph qu’ils rencontrent la première, ils massacrent et font prisonniers pas moins de 700 de leurs ennemis.

48.—En 1649, les Iroquois enhardis par leur succès de l’année précédente, reparaissent de nouveau sur les bords du lac Huron, et promènent le fer et le feu sur les autres bourgades, semant partout la mort sur leur passage. En vain les guerriers Hurons opposent-ils la plus vigoureuse résistance, il faut céder devant le nombre, et ni l’âge, ni le sexe, ni la faiblesse ne peuvent trouver grâce devant ces farouches barbares.

49.— Les missionnaires surtout sont torturés avec des rafinements de barbarie. Avant de leur donner

le coup fatal, on veut se repaître de la jouissance

qu’on prend à les voir souffrir.

On conserve à l’Hôtel-Dieu de Québec le crâne du P. Brébeuf et deux os d’une jambe du P. Gabriel Lalemant.

50.—Les restes de la nation des Hurons qui échappèrent au massacre, se dispersèrent ; les uns s’enfuirent dans les bois avoisinants, d’autres s’incorporèrent à la nation de leurs vainqueurs, et les autres

Page 1