V.—D’ARGENSON
un dévouement tel au service de Dieu et au salut des âmes, que des actes de vertu des plus héroïques marquèrent tout le cours de sa longue carrière. Aussi pouvons-nous espérer que bientôt, nous pourrons honorer sur nos autels, celui qui fut comme le second père de rotre nationalité, en fécondant le germe de vie qui devait lui assurer l’existence. | 5b.—Cependant d’Argenson, malgré les secours reçus de France, se recomnaissait encore impuissant à résister aux féroces Iroquois, dont la hardiesse augmentait tous les jours dans le cours de leurs brigandages. Au printemps de 1660, on apprit que 1200 de leurs guerriers devaient bientôt fondre sur la colonie, décidés à faire disparaître jusqu’au dernier des français. A la vue du petit nombre de combattants qu’on pouvait leur opposer, la consternation s’empara de tous, et l’on se crut perdus sans ressource, lorsque par l’héroïsme d’un jeune homme de Montréal, on vit le danger s'éloigner et la confiance renaître dans tous les cœurs. Ce jeune homme du nom de Dollard ou Daulac, décida seize de ses compagnons à aller se poster avec lui sur la rivière Ottawa, pour tenir tête aux Iroquois qu’on appréhendait devoir se montrer de ce côté. Après s'être confessés et avoir reçu la sainte communion, ils allèrent se renfermer dans un petit fort abandonné au pied des chutes des Chaudières, à l’endroit où est bâtie Hull au‘ourd’hui. Ils attendaient là presque sans défiance, lorsque les [roquois les surprirent au nombre de plus de 700. Les dix-sept héros firent des prodiges de valeur et vendirent chèrement leur vie. Près de 200 Iroquois tombèrent sous leurs balles ; maïs il fallut à la fin céder au nombre, et ils succombèrent jusqu’au dernier... Les [Iroquois, étonnés qu’un si petit nombre de français avait pu leur offrir une telle résistance, ne jugèrent pas à propos de pousser plus loin leur excursion, et reprirent de là la route de leur pays.
24 HISTOIRE DU CANADA. __ [1663 VI.—LE Baron D’AvAU&ouUR, 1661-1663.
56.--I1 n’y avait pas encore trois ans que Mgr de Laval était au Canada, qu’il lui fallut repasser en France, pour porter ses plaintes au roi, au sujet du gouverneur d’Avaugour, qui laissait libre la vente des boissons fortes aux sauvages, lorsqu'elle avait toujours été rigoureusement défendue, et dont tant de fois on avait eu à déplorer les conséquences. Le saint évêque obtint le rappel du gouverneur et tous les pouvoirs pour faire cesser ce trafic si préjudiciable aux intérêts de la colonie.
Me. eu 1622.
Premier évêque de eee 1059.