VIL.ÆæSArFRAY DE MÉsy
57.—La troisième époque, l’une des plus longues de notre histoire, est toute remplie par les guerres incessantes contre les Iroquois, et parfois aussi contre les Anglais, lesquels, à la fin, finissent par se rendre maîtres de la colonie. Ce qui étonne avant tout, c’est la valeur des soldats français, qui en si petit nombre et avec si peu de ressources, résistent à des armées si formidables. Ce ne sont toujours que des centaines contre des milliers ; et cependant la victoire est presque toujours du côté des premiers.
Les plus grandes figures de cette époque sont : l’Intendant Talon, qui favorise si puissamment l’agriculture et l’industrie ; Ile Gouverneur de Frontenac, qui par son énergie et sa fermeté sauva la colonie à deux doigts de sa perte, en faisant oublier les écarts auxquels son caractère violent l’avait emporté ; d’Iberville, le premier des Canadiens qui se soit distingué dans la marine militaire ; de Beaujeu, le vainqueur de la Monongahéla ; Montcalm, le héros de Chouaguen, du Fort-Georges et de Carillon, qui périt glorieusement sur les plaines d'Abraham, en même temps que le général anglais Wolfe qui lui avait livré bataille ; le chevalier de Lévis, le vainqueur de Ste-Foye, etc., etc.
58.--[L'année 1663 ouvrit une ère nouvelle pour la Nouvelle-France. Les plaintes de Mgr de Laval avaient été écoutées en hauts-lieux, et le prélat avait obtenu de choisir lui-même le gouverneur qu’il jugerait le plus propre à promouvoir le développement de la colonie. 11 jeta les yeux sur le chevalier Saffray de Mésy, major de la citadelle de Caen, qui revint avec l’évêque pour prendre possession de son poste. Malheureusement ce nouveau gouverneur ne répondit pas aux espérances que l’évêque avait fonne sur lui, et lui fit regretter le choix qu’il avait fait de sa personne.
59.—TLa Compagnie des Cent-Assofiés venait de remettre sa charte au. roi. On jugea à propos de donner à la colonie un gouvernement plus en rapport avec les besoins que son accroissement avait fait naître. Ce gouvernement devait être formé par un Conseil composé comme suit : le Gouverneur (rénéral, l’Evêque, l’Intendant, qui en serait le président d'office, un Procureur Général, un Greffier en chef et quelques conseillers nommés par le gouverneur et l’évêque. Le Gouverneur avait Padministration des forces militaires et des affaires extérieures ; la justice, le commerce et la police étaient dé-, volus à l’Intendant. |
60.—La même année 1663, vit encore deux événements bien importants, savoir : des secousses extraordinaires de tremblements de terre, et la fondation du Séminaire de Québec par Mgr de Laval.
61.—Les démêlés de de Mésy avec l’évêque avaient forcé la cour de France à lui nommer un successeur, lorsqu'il mourut de maladie le 5 mai, après s'être reconcilié avec l’évêque qu’il avait maltraité jusqu’au point de donner ordre aux soldats de sa garde de tirer sur lui.
1672] IX.—DE FRONTENAC, 27 VIII.—DE CourceLLes, 1665-1672.
62.—Le Marquis de Tracy, le premier vice-roi qui ait visité le Canada, arrivait à Québec presque en même temps que le nouveau Gouverneur de Courcelles. Il amenait avec lui une partie du célèbre régiment de Carignan, 12 chevaux, les premiers au’on ait vus dans la colonie, des bœufs, des moutons et un grand nombre de nouveaux colons. Talon, le nouvel Intendant, homme véritablement supérieur, prêta un généreux concours au vice-roi pour activer les défrichements, favoriser le commerce et l’agriculture, réprimer les incursions des Iroquois, de manière à permettre aux colons de déposer les craintes continuelles dans lesquelles les tenaient les attaques fréquentes de ces farouches barbares, etc.
68.—C’est de Tracy qui fit construire en 1665, les forts de Sorel, à l’endroit où était celui de Richelieu, et qui prit le nom du capitaine du régiment de Carignan qui y commandait; celui de Chambly, au bassin du même nom, et celui de Ste-Thérèse à quelques lieues plus haut, pour intercepter toute irruption des Iroquois de ce côté là ; puis à la tête de 600 canadiens et de quelques sauvages, il marcha contre eux, quoique déjà septuagénaire, leur infligea des pertes sérieuses, et les contraignit à demander la paix.