‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 19 sur 77 · X.—LEFEBVRE DE LA BARRE · texte numérisé non relu

X.—LEFEBVRE DE LA BARRE

66.—Les démêlés du Comte de Frontenac avec les autorités religieuses, par suite de son tempérament violent et emporté, lui valurent d’être rappelé en 1682, et ce fut Lefebvre de la Barre, marin habile mais pauvre administrateur, qui vint le remplacer. De Tracy avait inspiré une telle crainte aux Iroquois, que le traité de paix qu'il conclut avec eux assura 16 années de repos à la colonie. Maïs sous de la Barre, ils commencèrent de nouveau à faire parade de leur audace et à multiplier leurs déprédations. Le mécontentement étant devenu général par suite de la molesse du gouverneur à contenir ces voisins incommodes, on dut le rappeler, et on le remplaça par le Marquis de Denonville.

1689] XI.—DE DENONVILLE. 29 XI.—Brisay, Marquis DE DENONVILLE, 1685-1689.

67.—Le Marquis de Denonville, dès son arrivée en Canada, se mit dans l'esprit que pour assurer la paix à la colonie, il fallait ou exterminer les Iroquois, ou du moins les mettre en état de ne pouvoir nuire. Se nréparant à marcher contre eux, il se rendit à Cata-

j .coui ou fort Frontenac—aujourd’hui Kingston— : y ayant fait venir les chefs ennemis sous divers prétextes, il les fit enchaîner, pour les faire passer

‘en France et les soumettre aux galères, contre tout droit et toute justice.

Mais tout en poursuivant les sauvages, il ne perdait pas de vue les empiètements que les anglais opéraient dans la Baïe d'Hudson. Il envoya contre eux les trois fils de M. Lemoyne, Sainte-Hélène, d’Iberville et Maricourt qui se comportèrent en héros et se rendirent bientôt maîtres de touie la partie méridionale de la Baiïe, en reprenant aux anglais les postes dont ils s'étaient emparés.

Les préparatifs terminés, Denonville partit à la tête d’une armée imposante pour le pays des Iroquois. Attaqué par 800 de ces barbares sur les bords du lac Ontario, 1l en tua une soixantaine et poursuivit les autres jusque dans leurs cantons. Mais il n’y trouva que des cabanes vides, les ennemis ayant fui devant lui. Il brûla leurs bourgades, tua leurs bestiaux, et passa jusqu’à Niagara, où il bâtit un fort avant de reprendre la route de Québec.

6S.—Denonville croyait avoir assuré la paix à la colonie ; maïs les Iroquois, exaspérés de ses injustes procédés à leur égard, et soulevés en outre par les anglais de la Nouvelle-Angleterre, ainsi que par Kondiaronk, ou le Rat, chef perfide des Hurons de Mikilimakinac, avaient résolu d’en tirer une éciatante vengeance. Dans la nuit du 5 août 1689, ils fondent tout à coup sur l’île de Montréal au nombre de plus de 1506 : débarquant à Lachine, ils

pénètrent dans les maisons dont les habitants dor-

maient sans défiance, et massacrent impitoyable-

ment tous ceux qu'ils rencontrent, en mettant ensuite

le feu aux habitations. Ils font ainsi périr plus de

200 personnes, et en emmènent 200 autres dans leur

pa pour les brûler avec leurs raffinements de bararie.

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