XIV.—DE Ricaup, MARQUIS DE VAUDREUIL
77.—Les possessions françaises de l’Amérique du Nord étaient une proie toujours enviée par les anglais, aussi ne firent-ils pas moins de trois tentatives sous l’administration de de Vaudreuil pour s’en emparer.
En 1704, une flotte de dix vaisseaux se montra devant Port-Royal, 1500 hommes sont débarqués pour s'emparer de la place, mais ils sont forcés à se rembarquer après avoir fait des pertes sérieuses. Par contre, ils s'emparent l’année suivante du vaisseau la Seine, portant Mgr de St-Valier, le second évêque de Québec, qu’ils emmènent en Angleterre et retiennent prisonnier pendant huit ans.
En 1707, une nouvelle flotte composée de 25 vaisseaux, portant 3,000 hommes, se montre encore devant Port-Royal, mais la ville est sauvée par la bravoure de 60 canadiens qui y étaient arrivés quelques heures avant l’armée anglaise.
Enfin en 1710, les anglais reparaissent encore devant Port-Royal avec 35 voiles portant 3,500 hommes. La ville qui n'avait que 300 hommes pour la défendre, fut obligée de capituler après une vigoureuse défense qui lui valut des conditions honorables. Ce fut alors que les anglais changèrent le nom de Port- Royal en celui d’Annapolis que la place porte encore aujourd’hui.
78.——-Les anglais, maîtres de l’Acadie par la prise de Port-Royal, voulurent étendre leur conquête sur tout le Canada. L’amiral Walker se montra en conséquence dans le golfe en 1711, à la tête d’une flotte nombreuse, destinée à agir sur Québec, en même temps que Nicholson devait opérer sur Montréal par terre. La colonie était à deux doigts de sa perte; mais la Providence veillait À sa conservation. Une violente tempête assaillit la flotte du golfe et jeta une partie de ses vaisseaux sur les récifs des Sept- Iles, où 900 hommes trouvèrent la mort. Walker fut obligé de terminer là son excursion, et Nicholson à cette nouvelle se décida aussi à se retirer.
79.—-Les anglais qui épiaient toutes les occasions de nuire aux français, étaient parvenus à soulever la natjon des Outagamis ou Renards, qui habitaient non loin du Détroit, où commandait M. du Buisson (1712). Ces sauvages vinrent en conséquence pour attaquer la ville, après avoir juré d’exterminer tous les français qu’ils pourraient rencontrer. Mais du Buisson marcha à leur rencontre avec une petite troupe de braves canadiens et les tailla en pièces, si bien que plus de 2000 perdirent la vie et que cette tribu se trouva du coup anéantie.