‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 28 sur 77 · XVIL—MARQUIS DUQUESNE DE MENNEVILLE · texte numérisé non relu

XVIL—MARQUIS DUQUESNE DE MENNEVILLE

90.—Les anglais réclamaient la vallée de l’Ohia comme faisant partie de la Virginie, tandis que les français prétendaient que les Alléghanies étaient la ligne de division entre les possessions de part et Mo à M. de Contrecœur fut envoyé pour veiller à

la conservation de ce territoire. Il bâtit en conséquence le fort Duquesne, aujourd’hui Pittsburg, au confluent des rivières Ohio et Monongahéla. De leur côté les anglais bâtirent le fort Nécessité, à quelques lieues de Duquesne, sur la Monongahéla. De Contrecœur envoya Jumonville, avec une escorte de 34 hommes, sommer les anglais d’avoir à se retirer. Jumonville fut pris par les anglais, et bien qu’il portât le pavillon parlementaire, 1l fut honteusement assassiné, contre le droit des gens, avec neuf des siens (1754). L'armée anglaise était 1à commandée par un jeune officier qui devait plus tard rendre son nom célèbre, mais qui débutait d’une bien triste manière, George Washington, major général de l’armée de la Virginie, n'avait alors que 21 ans.

91.—Les français exaspérés à la nouvelle de ce massacre, dont un seul avait pu s'échapper pour venir en informer les siens, les autres ayant tous été tués ou faits prisonniers, jurèrent de venger sans délai cet acte de barbarie. Coulon de Villiers, frère de Jumonville, se mit à la tête de 600 Canadiens et de 100 sauvages et marcha de suite contre le fort Nécessité. Les anglais, au nombre de 400, battus d’abord dans la plaine, se renfermèrent dans le fort, qui était défendu par 9 pièces de canon. Mais les Canadiens firent une charge de mousqueterie si bien nourrie, qu'ils firent taire les canons des assiégés et forcèrent ceux-ci à capituler. C’est ainsi que le fondateur de la grande République Américaine fut forcé de se déclarer vaincu par un Canadien et d’accepter ses conditions.

92.—L'’assassinat de Jumonville et la victoire de Villiers furent le commencement de cette guerre de sept ans qui aboutit à la conquête, mais dans laquelle les Canadiens se distinguèrent par des prodiges de valeur, et ne succombèrent que par défaut de recrues et d’approvisionnements suffisants. Le gouverne-

Page 1