‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 29 sur 77 · XVII.—DUQUESNE DE MENNEVILLE · texte numérisé non relu

XVII.—DUQUESNE DE MENNEVILLE

ment de Louis XV alors aux mains des courtisanes et des favoris, n'avait. guère souci de ceux qui, à 1500 lieues de distance, répandaiïent leur sang pour sauver son honneur.

93.—Les anglais, honteux de la défaite du fort Nécessité, voulurent s’en venger en attaquant les possessions françaises sur quatre points différents à la fois : par l’Acadie, la vallée de l'Ohio, le lac Champlain et Niagara. Dès le printemps de 1755, les différents corps se mirent en marche pour leur destination respective. Monckton, à la tête de 3000: hommes, se rend maître de l’Acadie. en enlevant les forts Gaspareaux et Beauséjour. Et là commence pour les malheureux Acadigns ce triste exode qui demeurera une tache dans l’histoire pour le nom anglais. On assemble les vaincus à Grand-Pré, et après avoir brûlé leurs maisons et dévasté leurs propriétés, on les entasse sur des vaisseaux pour les distribuer sur toute la côte de l’Atlantique, depuis Boston jurqu’à la Caroline, les abandonnant sans: pain et sans protection au milieu d’une population: étrangère, dans l’espoir d’anéantir entièrement cette. nationalité. C’est alors qu’un certain parti de ces: malheureux, après s'être soustraits aux anglais parla fuite, vinrent, à la suite de souffrances infinies, se: fixer sur notre territoire, notamment sur les bords: de la rivière Richelieu et à $. Grégoire, dans le district des Trois-Rivières.

94.— Mais la Providence qui veille à la conservation des nationalités comme à celle des individus,. ne seconda pas les desseins homicides des anglais ;. les Acadiens, comme toutes les autres fractions de sang français sur le sol Américain, ont fait tache: d'huile, et leur nombre aujourd’hui leur permet de réclamer des droits longtemps oubliés, et d’exigerqu’on compte avec eux dans le gouvernement de: leur Province.

95.—Pendant que Monckton triomphait en Acadie, Braddock, général de l’armée anglaise de la division de l'Ohio, s’avançait sur le fort Duquesne ; de Beaujeu alla à sa rencontre avec seulement une poignée de braves, mais décidés à vaincre ou à mourir. Les deux armées se rencontrèrent sur ies bords de la Monongahéla, et les anglais subirent la défaite la plus complète et la plus humiliante.

96.—T’expédition de Niagara fut ajournée, et seule celle du lac Champlain réussit aux anglais, car Dieskau qui commandait les français sur les bords du lac St-Sacrement, aujourd’hui lac Georges, fut obligé de se retirer avec pertes considérables, et il reçut lui-même une blessure qui le conduisit au tombeau quelques anné& plus tard.

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