‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 31 sur 77 · XVIII. —DE VAUDREUIL-CAVAGNAC · texte numérisé non relu

XVIII. —DE VAUDREUIL-CAVAGNAC

courage devant le danger qui les menaçait. Ils se comptèrent, et constatèrent qu’ils ne pouvaient mettre sur pied que 15,000 hommes : ajoutez 5,600 réguliers avec quelques centaines de sauvages, c'était là tout l’effectif qu’ils pouvaient opposer à une armée égalant presque la population totale de la colonie.

104.— Dès le 27 juin, Wolfe était devant Québec avec sa flotte. De Lévis, il bombarde la ville et en fait bientôt un amas de cendres et de ruines. Il tente d'attaquer à Montmorency les retranchements que les français avaient pratiqués de cet endroit jusqu’à la rivière St-Charles ; mais il est reçu par M. de Repentigny qui le force à se rembarquer précipitamment en désordre. Par contre, Amherst force Bourlamaque à faire sauter les forts de Carillon et de St-Frédéric sur le lac Champlain, et à se replier sur l’île aux Noix ; et Prideaux, de son côté, prend le fort Niagara, malgré l’héroïque résistance du brave Pouchot.

105.—Wolfe, convaincu par son échec de Montmorency qu'il ne pourrait emporter Québec d'assaut, résolut de l’enlever par la ruse. Dans la nuït du 12 septembre, ayant trompé la vigilance des sentinelles, il dévarque ses troupes dans l’anse du Foulon, et au matin, il se trouve sur les plaines d'Abraham avec 8,000 hommes prêts à livrer l’assaut. Les anglais avaient gravi la falaise, conduits, paraît-il, par un traître qui leur en avait montré les sentiers praticables.

Montcalm accourt précipitamment de Betuport à la rencontre de Wolfe avec seulement 4,500 hommes, et engage de suite le combat. Malgré la valeur que déploient les français, il faut à la fin ployer sous le nombre. Les commandants reçoivent tous deux le coup de mort dans la même bataille. Wolfe tombe en chargeant à la tête des sieus, et Montcalm, mortelle-

ment blessé, rentre dans la ville pour expirer le lendemain matin.

106.—Les anglais restés maîtres du champ de ba taille, se disposaient à se retrancher pour faire le siège de la ville, lorsque M. Ramesay, qu’on en avait établi gouverneur, offrit de se rendre. Lévis qui était devenu commandant général des troupes fran: çaises par la mort de Montcalm, accourut en toute hâte de Montréal, et était prêt, de concert avec Bou: gainville, à attaquer l’armée anglaise, lorsqu'il apprit la reddition de Ramesay. L'armée se replia alors sur le Cap-Santé, où elle se retrancha, à l'embouchure de la rivière Jacques-Cartier, pour passer l'hiver.

107.—Amherst qui était devenu général en chef de l’armée anglaise, confia le gouvernement de Québec à Murray. Le drapeau anglais vint don: remplacer sur le Cap-Diamant, le drapeau français qui y flot: tait depuis plus d’un siècle et demi.

108.—Lévis, qui comptait sur des renforts que la France ne devait pas manquer de lui envoyer, résolut de reprendre aux anglais ce qu’ils venaient d’en: lever. En conséquence, dès le 28 avril 1760, il était aux portes de Québec avec sa troupe, peu nombreuse, il est vrai, mais pleine de confiance dans son courage et sa bravoure. Les anglais viennent au devant de lui sur les buttes à Nepveu, sur le chemin de Ste Foye, avec une armée à peu près d’égal nombre. La bataille s'engage et on combat avec un égal cou: rage ; la victoire à la fin resteaux français. Lévis se met aussitôt à ouvrir des retranchements pour faire le siège de la ville, mais au moment où il s'attendait à voir arriver des vaisseaux français avec des renforts, voilà qu'on signale des voiles anglaises dans le fleuve. Lévis lève aussitôt son camp et se rend directement à Montréal, pour sauver au moins cette ville, s’il n’était pas trop tard.

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