XIII.—COLBORNE
na, avec une fureur insensée, le fer et le feu au milieu de campagnes paisibles. Il proclama la loi martiale, fit arrêter tous les suspects et en emplit les: prisons. Il fit ensuite passer tous ces prisonniers. devant des cours martiales ;: 89 furent condamnés à mort et 47 à la déportation avec leurs biens confisqués. Treize montèrent sur l’échafaud, victimes d’un zèle plus généreux qu'’éclairé. Et c’est ainsi que le: Vieux-Brulot put changer son nom en celui de bourreau. Aussi, ces violences injustifiables furent-elles condamnées et dans tout le Canada et en Angleterre. 155.—Cependant l’Angleterre crut avoir trouvé un moyen de terminer toutes les difficultés, en adoptant le plan de Lord Durham, qui tendait surtout à l’anglification du Bas-Canada. Malgré l’opposition du duc de Wellington et à» Lord Gosford, elle proclama l'union législative du Bas et du Haut-Canada, avec 42 représentants pour chaque Province; abolissant l'usage de la langue française et obligeant le Bas- Canada à satisfaire pour le Haut qui touchait presue à la banqueroute, ayant une dette de plus de $6,000,000, lorsque les finances du Bas s’équilibraient à peu près. En vain des pétitions nombreuses à la tête desquelles les évêques et le clergé se placèrent, furent-elles envoyées en Angleterre contre cette mesure, elle fut sanctionnée le 23 juillet 1840. 156.—Les principales dispositions de l'acte d’'Union étaient les suivantes. Les deux Canadas n’auraient qu’un seul et même parlement. La Chambre se composerait de 84 membres, dont 42 pour le Bas et 42 pour le Haut-Canada. La bangue anglaise seule serait la langue officielle. Le Conseil Exécutif se composerait de membres responsables à la Chambre, c’est-à-dire possédant la confiance de sa majorité: La Chambre aurait le contrôle du revenu public dans toutes ses branches, etc.