XIV.—Lorp SYDENHAM
157.—La constitution de 1791, pour ne pas assujétir les anglais aux colons français, alors beaucoup plus nombreux, avait divisé la colonie en deux provinces ; celle de 1840, pour noyer l'élément français dans l'élément anglais devenu le plus nombreux, réunit les deux provinces en un seul gouvernement. Mais un principe était consacré dans la nouvelle constitution qui devait être la sauvegarde de la nationalité canadienne-française et de ses institutions ; ce principe, c'était le gouvernement responsable, en vertu duquel les ministres de la Couronne ne peuvent occuper leurs charges qu’autant qu'ils ont la confiance de la Chambre. La nouvelle constitution reconnaissait aussi aux députés le droit de contrôler le revenu public dans toutes ses branches, et d’avoir la haute-main sur toutes les dépenses publiques.
158.—Ce fut Lord Sydenham qui fut chargé de venir appliquer la nouvelle constitution. Il arriva dans l’automne de 1839. Il ne lui fut pas difficile d’avoir l’assentiment du Conseil Spécial pour la nouvelle mesure ; le Conseil consentit même à se charger de la dette du Haut-Canada. La législature de cette dernière Province ayant ainsi tout à gagner en se libérant de sa dette, accepta aussi l’union projetée.