Tous les efforts que l’on fit pour coloniser le
Canada jusqu’à Champlain, échouèrent complètement, et on peut même ajouter que ceux qui suivirent jusqu’à la conquête, n’eurent qu’un demi succès. Pendant longtemps la France laissa le Canada à l’ex-
loitation libre et entière des compagnies qui vou-
aient bien se charger de son gouvernement ; et plus tard, ceux qui gouvernèrent en son nom, n’obtinrent qu'avec peine, et après des retards des plus préjudiciables, les secours et les renforts d’absolue nécessité auxquels ils avaient droit.
12.—De Roberval, qui avait obteru la surintendance du Canada en 1541, s'était fait dévancer par Cartier qu’il avait nommé son lieutenant. Comme il s’en venait au printemps de 1542 prendre son poste, il fut croisé par Cartier qui s’en retournait avec tout son monde, et qu’il ne put décider à revenir avec lui.
Roberval qui venait avec trois gros vaisseaux et plus de 200 personnes, tant hommes que femmes, vint aussi fixer sa résidence au Cap Rouge, dont il changea encore le nom en celui de France-Roy. Il y bâtit un fort pour loger et défendre ses colons. Mais durant l’hiver, le scorbut fit encore irruption parmi ses gens, et lui enleva plus de 50 personnes. - Aussi, au printemps, lorsque lui arriva de France l’ordre de s’en retourner avec tout son monde, parce qu’on ne pouvait lui envoyer les secours dont il avait besoin, tous s’empressèrent-ils avec joie de se rembarquer pour le retour.
MarqQuIS DE LA RocHE, 1578.