‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 11 sur 45 · HISTOIRE DO CANADA POUR LES ENFANTS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DO CANADA POUR LES ENFANTS

cette pensée. Aussi tous ses efforts avaient-ils pour but de faire de Québec le commencement d'une cité future. Il essaya aussi de décider la compagnie à envoj'er des colons de France au Canada. Néanmoins. il n'en vint pendant longtemps que très-peu. La compagnie ne prit aucun souci de cette partie de ses devoirs ; il lui arriva môme quelquefois de ne j^as expédier de pro\'isions suffisantes poui' les colons. Champlain lit à plusiciu's reprises le voyage de Fi-ance, pom* tâcher de remédier à cet état de choses.

66. En 1620, il fit un grand effort, car il avait à cœur de voir le pays devenir quelque chose de j^lus qu'un simple rendez-vous de trafic. Le roi de France, alors Louis XIII, le nomma son lieutenant au Canada, et lui écrivit une lettre dans laquelle il parlait avec éloges de ses services.

Vers cette époque aussi, le fort construit à Québec était l'objet de l'attention de Champlain. Il voulait en rendre la prise plus difficile, et lui donner assez d'extension pom- y rassembler, en cas de nécessité, toute la 2Dopulation de la colonie. Il mit donc à l'œuvi-e ses hommes qui travaillèrent sans relâche. Ce fort s'élevait sur le sommet d'un précipice d'où l'on obtenait une vue magnifique ; on lui donna le nom de Fort ou CluUeau St. Louis. ChamjDlain avait deux raisons pour en hâter la construction. Il tenait d'abord à mettre la place en état de défense contre les Anglais qui avaient détruit les établissements français en Acadic ; il pensait qu'ils pourraient bien quelque jour remonter le St. Laurent et en user ain«;i, môme à Québec.

La seconde raison, c'était de mieux protéger la place contre les Iroquois. Ces farouches tribus ne cessaient de se livrer à des actes d'hostilité contre les Indiens du Canada. Leurs guerriers pénétraient par bandes dans le pays, soit en suivant le com-s de la rivière Eichelieu, soit en descendant du Lac Ontario. Tantôt ils tombaient sur des partis de Hurons et d'Algonquins qu'ils sui'prenaient à terre. Tantôt ils guettaient l'arrivé© des chasseurs Hurons, lorsque ceux-ci descendaient

le St. Laurent, et ils s'élançaient à l'improviste sttr leurs canots chargés de fourrures des pays d'en haut. C'est ainsi que les pauvres Indiens du Canada étaient continuellement volés et mis à mort. Quelquefois les guerriers Iroquois venaient jusqu'à Québec. Ils n'épargnaient ni Indiens ni Français. Bref, à partir du jour où Champlain avait pour la première fois, en 1609, prêté main-forte aux Hurons et aux Algonquins, les Iroquois nourrissaient une haine implacable contre les Français. Champlain faisait donc acte de sagesse en construisant à Québec un fort qui pût servir de moyen de défense contre les Iroquois et les Anglais.

CHAPITEE XIII.

Cbamplain presque oublié. — Formation d'une nouvelle Compagnie.— Prise de Québec par Kirkt. — Champlain emmené prisonnier en Europo.

67. Yers l'année 1627, la compagnie dont Champlain était l'agent, se montra vraiment bien négligente. Elle le laissa manquer de provisions de toutes sortes, et il n'avait avec lui, à Québec, qu'environ 50 hommes. La France et l'Angleterre étaient alors en guerre. Champlain pensa qu'il était fort probable que les Anglais essaieraient de s'emparer de la place. Bien qu'il n'eût que très-j)eu d'hommes, il n'avait d'autre crainte que celle de manquer de provisions de bouche, de poudre, de baMes et de boulets. La compagnie le laissa, ainsi que ses hommes, presque mourir de faim. Les Jésuites et les Eécollets peut-être, grâce à leurs jardins et aux terres qu'ils avaient mises en cultui'e, près de la rivière St. Charles, étaient en état de soutenir leur existence. Il y avait encore une ou deux familles de fermiers qui pouvaient trouver dans la récolte de leurs céréales quelques moyens de subsistance contre la famine ; mais tous les autres étaient à la merci de la compagnie qui les laissait sans ressources. Bref la compagnie ne m

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