‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 16 sur 45 · HISTOIRE DU CANADA POUR LIS ENFANTS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CANADA POUR LIS ENFANTS

senta à la maison de l'évêque, comme s'il eût voulu s'emparer de sa personne. L'évêque parut à la porte ; mais les soldats, loin de mettre la main sur lui, se contentèrent de lui présenter les armes et de lui faire un salut respectueux. Bref, de Mésy ne laissait échapper aucune occasion de faire acte d'irrévérence envers Laval. L'évêque, au contraire, se montrait calme et digne. Il fit adresser à la Cour de France un rapport dans lequel il exposait ce qui paraissait être répréhensible.

En conséquence, le roi envoya au Canada un autre gouverneur, M. de Courcelle, pour prendre la place de de Mésy. Des ordres furent même donnés pour que de Mésy fut traduit devant un tribunal.

118. Sur ces entrefaites, il arriva un grand changement à Québec. De Mésy tomba malade, et sentant sa fin approcher, il exprima le désir de se réconcilier avec son ancien ami Laval. Il se fit dont placer sui' une litière et porter à la résidence de l'évêque. Aussitôt que les vœux du mourant lui furent connus, le prélat eut la générosité de lui pardonner toutes ses offenses passées, et le soigna jusqu'à sa mort.

De Mésy expira le 5 Mai 1665. Bientôt après, arrivèrent ceux qui avaient été nommés pour lui faire subir son procès ; mais il était trop tard, et l'on ne B'occupa plus davantage des disputes de l'évê^jciô at du gouvertCtQUF qui venait de mourir.

CSAPITEE XXiy.

te lïSfqtris dô Tracy se prépare à châtier leS Iroqirois.

119. Tandis que les disputes continuaient à Québec au sujet de la traite des boissons fortes, les autres embarras de la colonie ne faisaient que s'aggraver. Quoique la conduite héroïque de Dollard eût, pour le moment, décidé les. Iroquois à se retirer, ces farouches «anémia Sd remirent bientôt à envoyer leurs*j|â?tia d«

guerre comme auparavant. La seule question réelle semblait être de savoir quand il leiu- plaii-ait de faire l'attaque décisive. Bu temps de d'Ai^genson, nous l'avons déjà dit, " on ne pouvait rien voir entre Tadoussac et Montréal, que ti-aces de dévastation et massacres."

Le gouverneui' qui vint après d'Ai-genson, M. d'Avaugour amena avec lui un corjDS de 400 soldats, dont l'arrivée causa beaucoup de joie. Néanmoins, le mieux que pussent faire les Français, à leurs différentes stations, c'était tout simplement de se maintenir sur leui' terrain.

La condition de la colonie entière devint de joui' en joui' plus critique, au point que tout le monde voyait sa ruine imminente.

120. Sui' ces entrefaites, en 1662, le roi résolut de prendre des mesures en faveur de la iSTouvelle-France. Le i^ouvoir de la ComjDagnie des Associés lui fut retiré, et il fut poui'vu à une autre sorte de gouvernement.

Il fut aussi nommé un vice-roi, le Marquis de Ti^acy, pour aller régler toutes les affaires du Canada. Il devait mettre un terme aux disputes qu'engendrait la traite des boissons enivrantes, et sui-tout délivrer la colonie de ses redoutables ennemis, les Iroquois. De Ti-acy, cependant, n'arriva au Canada qu'en 1665.

121. Avec lui vinrent le nouveau gouverneur, M. de Courcelle, ainsi que M. Talon. Ce dernier avait le titre et la charge d'Intendant Eoyal.

Pour délivrer le pays des L'oquois, le roi envoya

Eres de 1200 hommes de nouvelles troupes. Ces ommes formaient un corps fameux qui se nommait le Régiment de Carignan. Quelques uns arrivèrent et débarquèrent en même temps que de Tracy et de Courcelle. Les autres vinrent dans le cours de la belle saison.

122. De Ti-acy et de Coui'celle étaient tous deux des officiers qui avaient servi longtemps dans les armées du roi en Eui'ope. Inutile de dire combien les habitants durent être émerveillés en voyant le vice-roi, le gou-

verneur, les officiers et soldats faire leur entrée dans Québec, au son des tambours et des trompettes. On rapporte que plusieurs pages en costumes brillants marchaient en avant du vice-roi. Il y avait aussi 12 chevaux.

123. De Tracy ne perdit pas de temps à commencer ses préparatifs. Il envoya des officiers et des hommes remonter en bateaux le cours du St. Jjaurent, avec ordre d'élevei des forts sur les rives du Eichelieu. L'un de ces forts, près de l'emboiichure de la rivière, reçut le nom de Sorel. Un autre fut appelé le fort Chamhly. Plus tard, en remontant la rivière, on en construisit un troisième à l'endroit aujourd'hui désigné sous le nom de >S^^. John. Sorel et Chambly étaient les noms de deux officiers du régiment de Carignan.

Ainsi ces trois places devinrent des postes susceptibles de servir de dépôts d'hommes, de provisions et de toutes choses nécessaires pour entrer immédiatement en campagne contre les Iroquois. Avant l'hiver, la construction des forts était suffisamment achevée pour permettre aux soldats de s'y loger et de s'y défendre contre un ennemi.

124. Déjà trois des six tribus iroquoises commençaient à s'alarmer. Elles envoyèrent des députés à Québec, avec mission de solliciter la paix. De Tracy les reçut avec courtoisie et les renvoya chargés de présents.

Les Mohawks, ou Agniers, et les Onei^aâtn'envoyè» rent pas de députés.

CHAPITEE XXy.

De Tracy marche contre les Iroquois et châtie les Mohawks.

125. Le temps était venu de punir les Iroquois de la conduite qu'ils tenaient depuis plus de 30 ans. Les Mohawks et les Oneidas avaient été de beaucoup les plus hostiles et les plus cruels, c'est donc par eux que le vice-roi proposa de commencer.

Au printemps de 1666, il partit eu suivant la route des Ti'ois-Pàvières et des forts du Eiclielieu. Il avait avec lui 1300 soldats, non-compris les Canadiens et les Sauvages.

Pour arriver au pays des Mohawks, il fallait traverser le lac Champlain, et de là pousser jusqu'au lac George, désigné alors sous le nom de Lac St. Sacrement, Ensuite il y avait à faire une marche longue et difficile à travers des bois, des marais et des rivières.

Quoique âgé de plus de YO ans, le vice-roi voulut aller avec les troupes. De Com-celle commandait luimême.

126. La saison était fort avancée lorsqu'on parvint aux villages ou cantons des ^lohawks. Les Français espéraient que ces barbares tiendraient tète et se battraient, mais loin de là, à l'approche des trouj)es, ils s'enfuirent dans les bois.

On fit quelques prisonniers, et l'on ti'ouva d'immenses quantités de maïs et autres provisions, sur lesquels l'ennemi comptait poui' vivi-e l'hiver suivant. De Tracy fit tout brûler ainsi que les habitations.

Quand l'œuvi-e de destruction fut consommée, il fut proposé de marcher sui' les villages des Oneidas ; mais on était alors à la fin d'Octobre et le temps j^ressait de retom-ner au Canada. Le vice-roi envoya donc un message aux Oneidas par un de ses prisonniers. Il les prévenait que l'armée française viendrait chez eux prochainement et qu'elle leui' infligerait la même punition qu'aux Mohawks.

Après une marche des plus pénibles pom' regagner la colonie, on atteignit sans encombre les forts du Eichelieu et Québec.

127. Ce fut pour les Mohawks une punition bien rude que la perte de lem's habitations et de leurs provisions d'hiver. Il en moui'ut un grand nombre de froid et de faim.

128. Après avoir ainsi châtié les L'oquois, et mis en ordre les affaires du Canada, de Tracy reprit la route de France en 1667.

Un grand nombre d'officiers et d'hommes du régiment de Carignan obtinrent de rester et de se fixer au Canada. Le roi voulut qu'il leur fût donné des terres, de l'argent et des provisions pour commencer. Les soldats devinrent les maris des femmes que la France fit passer dans la colonie.

CHAPITEE XXVI.

Le Comte de Frontenac. — Découverte du Mississippi.

129. Après de Courcelles, vint un des plus fameux gouverneurs du Canada, le Comte de Frontenac.

Frontenac fut deux fois gouverneur; la première fois en 1672, et la seconde en 1689. Son premier gouvernement dura de 1672 à 1682. Dans cet intervale de temps, on apprit à beaucoup mieux connaître les tribus indiennes de l'ouest et les régions qu'elles habitaient. Les hommes qui contribuèrent avec le plus de buccès à amener ces résultats furent Nicolas Perrot, M. Joliet, le Père Marquette et Eobert de la Salle.

130. Perrot alla chez les tribus lointaines dont il apprit les langues respectives ave'c facilité. Il obtint une immense influence sur ces peuplades et rendit de très-grands services aux gouverneurs, non-seulement en empêchant les tribus de prendre parti contre les Français, mais encore en les gagnant à ces derniers, comme amies et alliées.

131. M. Joliet était fils d'un marchand de Québec. Lui et Marquette passèrent au-delà de la région des lacs dans le but de découvir la grande rivière dont les eaux, disait-on, se dirigeaient vers le sud.

Ils la trouvèrent en effet — c'était le Mississipi — et ils en descendirent le cours jusqu'à l'endroit où la rivière Archansas se jette dans le grand fleuve. Quelques années après, Eobert de la Salle descendit le Mississipi jusqu'au golfe du Mexique.

Quand vint le printemps, les Mohawks et les Oné-

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