HISTOLRE DU CANADA POUR LES ENFANTS
visiter le prince à bord de son vaisseau le Pégase oii il était retoui-né. Lorsqu'il monta siu- le navire et lorsqu'il le quitta, l'artillerie le salua de 19 coups de canoD. Le soir du même joui-, il y eut dos adresses en Français et on Anglais. Jusqu'aux premiers jours de septembre, époque à laquelle le prince partit pour les Trois-Eivières, le temps se passa de la façon la plus joyeuse. On eut bala, revues de troupes sui' les plaines d'Abraham et illuminations.
Sa visite aux Trois-Eivières terminée, le prince alla à Montréal. Là, comme à Québec, rien ne fut éj^argné pour fêter l'occasion. ''Son Altesse, nous dit-on^ dîna avec Lord Dorcbester ; le soir, les troupes et la milice tirèrent le canon, et la ville fut magnifiquement illuminée. Les dames furent présentées au prince le lundi, et le soir du mardi, il y eut grand bal. On y lut plusieurs adresses dont une venant des magistrats et des citoyens et portant les signatui'es de sujets français et anglais indistinctement. "
Après plusieurs jours passés à Montréal, le prince visita tour-à-tour Chambly et Sorel. Il arriva le 17 septembre à cette dernière place. Dans l'adresse qu'ils lui présentèrent, les habitants sollicitèrent de lui la permission de substituer pour leui* ville au nom de Sorel celui de William Henry, en l'honneur de son heureuse visite.
Le 10 octobre, le Pégase quittait avec le prince le port de Québec.
Quarante-trois ans plus tard, en 1830, le prince devint roi d'Angleterre, sous le titre de Guillaume lY.
Il n'avait pas oublié son excursion au Canada, et toutes les fois que des Canadiens furent présentés à sa cour, il les accueillit et conversa avec eux du ton le plus affable.
213. Quatre ans après William Henry vint le prince Edouard, quatrième fils du roi George III. Son frère était venu en marin, avec son vaisseau ; le prince Edouard amena lui, son régiment, car il avait embrassé le métier des ai-mes.
Lord Dorchester était encore gouverneur, mais à la veille de partir pour l'Angleterre.
La réception faite au prince Edouard ne semble pas avoir été tout-à-fait une aussi grande affaire que celle dont William Henry avait été l'objet. Pouitant, il y eut des saints royaux, des revues, des bals, des banquets et d'autres façons de témoigner du respect à un fils de roi. Son Altesse ne tarda pas à attirer l'attention en accompagnant, très-peu de temps après son arrivée, les soldats de son régiment pour aider à éteindre un incendie dangereux. Grâce à cette conduite, le peuple conçut une haute idée de sa personne. Bientôt après, le 2 novembre, jour anniversaire de sa naissance, la la ville fut illuminée. En juin 1792, il y eut presque une émeute à l'occasion du choix qui se faisait d'un membre pour le comté de Québec. Le prince, qui se trouvait là, tâcha de calmer le peuple par un speech où il disait: " l^e me parlez plus de l'odieuse question qu'on ne cesse de soulever à propos de Français et d'Anglais. Yous êtes tous ici, et tous au même titre, les bien-aimés sujets canadiens du roi." Ces paroles furent accueillies par les applaudissements des auditeurs qui dès lors renoncèrent à toute mésintelligence entre eux.
Le prince remonta le cours du St. Laurent plus haut que n'avait fait son frère ; car il visita la cataracte de Î^Tiagara en août 1792. Son séjour au Canada fut de deux ans et demi. Il quitta Québec pour se rendre aux Indes occidentales et se dirigea vers Boston par la route du Eichelieu et du lac Champlain.
Le prince Edouard reçut, quelques années plus tard, le titre de Duc de Kent. S'il avait survécu au règne de Guillaume lY, il serait devenu roi ; mais il y avait alors dix-sept ans qu'il était mort.
Nos jeunes lecteurs, peut-être, n'ont pas besoin qu'on leur dise que ce même prince Edouard, ou Duc de Kent, fut le père de la reine Yictoria.
Après son départ du Canada, il n'y eut plus de royale visite à la colonie pendant l'espace de QQ ans. Alors
vint son petit-fils, qui est le prince de Galles et le fils aîné de la Eeine Yictoria.
ITous parlerons de sa visite dans un des chapitres (juiyants.
CHAPITEE XLYII.
Le Haut et Le Bas-Cauada. — La grande guerre d'Amérique.
214. On a déjà dit q'après 1763, le Canada tout entier avait reçu le nom de Prociace de Québec. Précisément à l'époque où le prince Edouard se trouvait dans le pajs, on le divisa en deux parties, savoir : le Haut et le Bas-Canada.
Les deux nouvelles provinces étaient séparées l'une de l'autre par la rivière Ottawa.
Il y eut d'autres changements à cette même époque, 1791, changements faits par le roi et le parlement d'Angleterre qui voulaient que les Canadiens fussent contents et heureux
Quand on eut ainsi fait deux provinces de la Province de Québec, certains colons qui ne pouvaient pas s'accorder en matière de religion ni sur d'autres points, fui'ent à même de vivre séparés autant qu'il leur plaisait.
215. Vingt ans environ après ie partage au pays en deux provinces, son accroissement, au double point de vue do la population et des richesses, se trouva arrêté quelque temps par la guerre. Les Américains des Etats-Unis, qui constituaient dès lors une grande nation, entrèrent en querelle avec l'Arigleterre, et comme ils ne pouvaient pas aller combattre l'Angleterre chez elle, ils vinrent l'attaquer au Canada. La .guerre dui^a de 1812 à 1815. Les détails historiques qui y ont trait suffiraient à remplir un gros volume.
Xos jeunes lecteurs se sentiront fiers de leur pays quand ils seront en âge de lire tous ces détails. Ils veirront alors que la conduite des habitants du Haut ot du Bas-Camida fut au-dessus do tout éloge pour la
manière dont ils défendirent leurs foyers et leurs autels. Les Américains tenaient à vaincre et à prendre le Canada. Us firent de grands efforts pour y parvenir , mais le courage des Canadiens les en empêcha, et ils échouèrent complètement.
Dans un petit livre comme celui-ci, nous ne pouvons que mentionner quelques-uns des événements les plus remarquables et les plus intéressants de la guerre.
216. En 1812, le général Brock, Lieutenant-Gouverneur du Haut-Canada, livra bataille au général Hull, à Détroit. Hull fut battu et fait prisonnier avec son armée. Brock prit ensuite part à la bataille de Queenston, le 15 octobre. Malheureusement il y fut tué, mais les Américains furent défaits. Son corps fut enseveli sur les hauteurs et un monument érigé au dessus de sa tombe.
21*7. L'année suivante, 1813, il y eut une foule d'engagements sur terre et sur les eaux des lacs Erié, Ontario et Champlain. Les Anglais et les Canadiens furent battus plusieurs fois, notamment sur les lacs. Il y eut peut-être jusqu'à 20 batailles cette aijnée-là, et ils en perdirent à peu près la moitié ; mais ils gagnèrent des victoires fort importantes à Chateauguay et à un endroit nommé Chryslefsfarm, sur la rive nord du St. Laurent. Si nous ne savions que c'est la vérité, nous aui'ions peine à croire ce que nous lisons sur la bataille de Chateauguay. Une armée américaine de plusieurs milliers d'hommes, sous les ordres du général Hampton, y fut battue par un corps d'environ SOO hommes que commandait le colonel Salaberry.
Hampton, paraît-il venait du lac Champlain avec, l'intention de conduire son armée à Montréal, où il devait être rejoint par le général Wilkinson qui du lac Ontario amenait une autre armée par la voie du St. Laurent. Salaberry posta ses hommes parmi les buissons et derrière des abattis d'arbres, sur le bord de la rivière Chateauguay. Il savait qu'Hampton passerait par là, et que le terrain était trop raboteux et trop inégal pour que c« général piit ou le traverser ou le prendre.