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CHAPITRE XII

Les Missionnaires.—Champlain à Québec.

3. L'un des objets que Champlain avait surtout en vue, c'était de pourvoir aux besoins religieux de la colonie. C'était un homme très pieux lui-mème, et il voulait que les autres le fussent aussi.

Durant son séjour en France, en 1609 et 1610, il s'offorça de décider ses amis à l'aider dans la réalisa-

tion de ses désirs. Quaire ans plus tard, il amena au Canada quatre religieux de l’ordre des Récollets. Il bâtit aussi une chapelle à Québec. |

Ces quatre Récollets furent subséquemment suivis d’autres. Ils défrichèrent un emplacement près de la rivière Ste. Croix, pour y construire une habitation avec jardin. Quant au nom de la rivière, ils le changèrent oc: : hui de rivière St. Charles.

Quelques-uns des Récollets allèrent s'établir, comme missionnaires, chez les Indiens, pour les instruire dans la religion. D’autres restèrent pour le service du Saint Ministèrs à Québec, aux Trois-Rivières et à Tadoussai ;

Plusieurs «1 2. pius tard, en 1625, des prêtres d’un autre ordre vinren: ©..-cpérer aux travaux des Récollets. Ils appartersicunt à !, "2 des Jésuites.

64. Les missitiinaur , Rfrollets et Jésuites, étaient des hommes étonnaics de patience et de courage. Ils n’ignoraient point qu’ils auraient à supporter la fatigue, la chaleur, le froid, la faim, la soufirance, à mourir peut-être d’une mort cruelle au milieu des Sauvages, et

ourtant ils ne laisssèront pas de se mettre à l'œuvre, joyeux et pleins de zôle.

Aux établissements français, les prêtres célébraient le service divin pour le peuple de la colonie. Ils se chargeaient aussi d’instruire les enfants des Indiens, et convertissaicnt tous ceux des pères et mères qu'ils pouvaient.

Le premier missionnaire des Hurons fut le Père Joseph le Carron dont le nom a déjà été mentionné.

65. À Québec, aussi bien qu'aux autres stations, les Français sous Champlain étaiont au service d’une compagnie constituée en Franco. Pour léur usago, la compagnie leur faisait passor vivres, vêtomonts ot autros articlos nécossairos. La principale occupation de Champlain consistait à avoir l'œil, commo agent, sur toutes les affaires de la compagnie. Mais il ontrovoyait une êre où le pays forail partio d'un vasto empire français en Amérique. Son osprit était tout à

cette pensée. Aussi tous ses efforts avaient-ils pour but de faire de Québec le commencement d’uno cité future. Il essaya aussi de décider la compagnie à envoyer des colons de France au Canada. Néanmoins, il n’en vint pendant longtemps que très-peu. La compagnie ne prit aucun souci de cette partie de ses devoirs; il lui arriva même quelquefois de ne pas expédier de provisions suffisantes pour les colons. Champlain fit à piusieurs reprises le voyage de France, pour tâcher de remédier à cet état de choses.

66. En 1620, il fit un grand effort, car il avait à cœur de voir le pays devenir quelque chose de plus qu'un simple rendez-vous de trafic. Le roi de France, alors Louis XIIT, le nomma son lieutenant au Canada, et lui écrivit une lettre dans laquelle il parlait avec éloges de ses services.

Vers cotte époque aussi, le fort construit à Québec était l’objet de l'attention de Champlain. Il voulait en rendre Ia prise plus difficile, et lui donner assez d’extension pour y russembler, en cas de nécessité, toute la popuiation de la colonie. .Il mit donc à l’œuvre ses homme: qui travaillèrent sans relâche. Ce fort s’élevait sur le sommet d’un précipice d’où l’on obtenait une vue magnilique; on lui donna le nom de Z'ort ou Chäteau St. Louis. Champlain avait deux raisons pour en hâter la construction. Il tenait d’abord à mettre la place en état de défense contre les Anglais qui avaient détruit les établissements français en Acadic; il pensait qu'ils pourraient bien quelque jour remonter le St. Laurent et en user ain:i, même à Québec.

La seconle raison, c'était de micux protéger la place contre les [roquois. Ces farouches tribus ne cessaient de $e livrer à des actes d’hostilité contre les Indiens du Canada. Leurs guerriers pénétraient par bandes dans le pays, soit on suivant le cours de la rivière Richelieu, soit en descendant du Luc Ontario. Tantôt ils tombaient sur des partis de Hurons et d'Algonquins qu'ils surprenaient à terre. Tantôt ils gucttaient l’arrivée des chasseurs Hurons, lorsque ceux-ci descendaient

le St. Laurent, et ils s’élançaient à l’improviste sur Jours canots chargés de fourrures des pays d'en haut. C’est ainsi quo les pauvres Indiens du Canada étaient continuellement volés et mis à mort. Quelquefois les gucrriers [roquois venaient jusqu’à Québec. [ls n’épargnaient ni Indiens ni Francais. Bref, à partir du jour où Champlain avait pour la première fois, en 1609, prêté man-forte aux Ilurons ct aux Algonquins, les froquois nourrissaient une haine implacable contre los Français. Champlain faisait done acte de sagesse on construisant à Québec un fort qui pût servir de moyon de défense contre les Iroquois et les Anglais.

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