CHAPITRE XVI
Gouverneurs après Champlain.
83. -Après la mort du vaillant et fidèle Champlain, la Compagnie des Associés envoya de temps en temps d’autres gouverneurs pour administrer la colonie. Nous donnons à la fin be ce Chapitre une liste de ces gouverneurs jusqu’à l’année 1663. C'étaient tous d’ancions officiers, pieux et braves, qui avaient servi dans les armées du roi de France.
84. Chaque nouveau gouverneur amenait avec lui quelques soldats. Les prêtres, les gens de la colonie et les Indiens avaient coutume de le recevoir, comme si c’eût été le roi lui-même, lorsqu'il débarquait sur la rive, au pied du Cap Diamant et du Fort St. Louis. On trait le Canon, ct l’on présentait au nouvel arrive les clefs du fort. Insuite, tout le monde se mettait processionnellement en marche pour monter ia côte. En route, on avait à passer près d'une grosso croix de bois plantée sur une éminence. Arrivé en face de cetto croix, le nouveau gouverneur et sa suite s’agenouillaient quelques moments, après quoi tous se dirigeaient vers une petite église ou chapelle située sur la hauteur, où le service divin était célébré. De là, le gouverneur ot ses officiers se rendaient au fort qui devait leur servir de résidence.
85. Mais, dans ces temps-là, non-seulement le pays tout entier était sauvage ct inculte, mais le pouvoir réel du gouverneur qui l’administrait était en vérité bien restreint. La population peu nombreuse do la colonie, ainsi que les Indiens du Canada, étaient obéissant, etloyaux. Mais partout, excepté dans le voisinago immédiat de Québec, c'étuient les Iroquois qui posséduient véritablement le sol, Dès le moment où dat plain avait prèté main-forte aux Iurons, aux Algonquins et aux Montagnais contre ces farouches Sauvages, les Français et leurs alliés Indiens ne furent jamais à l'abri d'attaque. . Quelque fois los Iroquois poussaient
l’audace jusqu’à s’approcher des e::clos français, près de l’embouchure de la rivière St. Charles. Plus d’une fois, un gouverneur nouvellement arrivé eut à se lever en hâte de la table de banquet du Fort-St.-Louis, afin de donner la chasse, lui, ses officiers et ses soldats à quelque bande rôdeuse de guerriers Iroquois. En ces occasions, les Sauvages s’échappaient sans peine dans les bois, emmenant peut-itre quelques prisonniers et emportant quelques chevelures.
Au fait, si braves que fussent ces vicux gouverneurs, ils étaient à peine en état de maintenir la colonie en existenco.
86. La raison pour laquelle les gouverneurs pouvaient faire si peu pour la protection de la colonie et pour sa prospérité n'était autre que la négligeance de la Cor. pagnie des Associés. La Compagnie ne se souciait réellement de la colonie que pour en tirer profit au moyen du trafce des fourrures. Elle n’y envoyait pas assez de soldats, Bien qu'entre les années 1628 et 1663, elle fût tenue d'envoyer quatre mille colons ou défricheurs, elle n’en envoya en réalité que quelques centaines, Aussi, à moins d’autres causes de développement, la colonie, sous l'administration de la Compagnie des Associés, n'aurait-elle px échapper à une ruine complète.
87. Dans lex chapitres suivants, nous lirons le récit détaillé des événements les plus intéressants dont le Canada fut le théâtre, tout le temps que la Compagnie des Associés fut chargée de l'administration. Les gouverneurs de cette époque qui succédèrent à Champlain furent, comme suit :
M. de Montmagny ............... de 1636 à 1648
M. d’Ailleboust........ 4 1649 à 1651
M. de Lauzon (père ct tils),..…... 4 1651 à 1658
M. d'Argonson ses °° 1658 à 1661
M, d'AVAUGOUT ss ** 1661 à 1663