‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 28 sur 88 · PIZTRAIT DE MA))AME DE LA PELTRIE · texte numérisé non relu

PIZTRAIT DE MA))AME DE LA PELTRIE

Elle s’éprit de l’idée do consacrer sa fortuno ct sos services aux moyens de pourvoir à l'éducation des jeunes personnes de son sexe, au Canada. En vain, sa famille ot sos amis s’opposèrent-ils à son dessein, oilo traversa l'océan pour so rendre à Québec, où elle débarqua lo 1or août 1639. Elle était accompagnéo de Mario Guyurt ot do deux autres dames avec lo concours desquelles elle se proposait do fonder un couvent do l'ordre religieux des Ursulines. Lo mèmo vaisseau avait à-bord trois IHospitalières envoyées par la duchesse d’Aiguillou pour ouvrir un hôpital sous le

nom d’IHôtel-Dieu. Il avait aussi en chargement Île mobilier et tout lo matériel dont on pouvait avoir besoin pour l’emménagement de l'hôpital et du couvent. ;

Madame de la Peltrie et ses compagnes furent reçues par M. de Montmagny avec beaucoup de respect et de cérémonie. Il leur donna les terrains nécessaires pour construire des bâtiments avec jardins; en un mot, il fit tout ce qui dépendait du lui pour les protéger et aider à mettre leurs projets à exécution.

Bientôt, au moyen d'ouvriers que payait et entretenait Madame de la Peltrie, on eut achevé la construction du premier couvent des Ursulines, à Québec. Tout près de là, on bâtit une petite maison de pierre pour l'usage personnel de cette dame.

89. Les Sauvages furent bien aises d’être témoins de l’arrivée de Madame de la Peltrie et de sa suite. Quelques-uns d’entre eux avaient vu une dame française, Madame Champlain, venue au Canada 20 ans auparavant. Mais les dames qu’ils voyaient cette fois portaient un costume étrange qu'ils n'avaient jamais vu dans la colonie. Madame de la Peltrie leur fit dire, qu'elle et ses compagnes étaient filles de chefs français, et que, par amour pour eux, elles avaient quitté leur pays, leurs familles et tous les délices de la terre natale, afin d’instruire leurs enfants ct de les sauver de la ruine éternelle.

Aussitôt qu'il fut possible de le faire, on ouvrit au couvent des classes régulières pour l'instruction des jeunes filles Indiennes ct de celles des colons.

90. Madame de la Peltrie continua, tout le reste de sa vie, à se vouer à cette sainte entreprise. El demeura au Canada, et mourut en 1671.

Le couvent qu’elle fonda existe encore de nos jours. Des milliers de filles de colons français y ont reçu leur éducation.

91. Celle qui plus que personne aida Madame de la P eltrie à fonder son couvent, fut Marie Guyart, mieux connue sous son nom religieux de Afarie de l'Incarna-

tion. Elle, aussi, était venve; elle avait entendu parler du Canada, et désirait consacrer sa vie à l’instruction des païens. Elle entra en connaissance avec Madame de la Peltrie, et c'est avec joie qu’elle consentit à la suivre an Canada.

C'était, comme le temps le prouva, une femme éminemment douée. En moins de trois mois, à compter de l’époque de son arrivée à Québec, elle apprit les langues huronne et algonquine assez bien pour les

arler et pour donner l'instruction aux enfants Indiens. Fe Père Jésuite Lejeune fut son instituteur. (C’est elle qui fut la première supérieure du couvent des Ursulines. Elle mourut en 1672, quelques mois après. son amie, Madame de la Peltrie.

92. Ces deux femmes sont des personnes remarquables dans l’histoire des premiers temps du Canada. Elles eurent bien des tribulations à subir dans le cours de plus de 30 ans de labeurs. L'une des plus sérieuses épreuves qu’elles eurent à traverser fut l'incendie de leur couvent en 1659. Ce malheur arriva la nnit, par un temps excessivement froid. La communauté fut tout-à-coup réveillée en sursaut par les flammes. On n'eut, il est vrai, à déplorer la mort de personne, mais les propriétés fut perdues. Les religieuses durent s'échapper de l'édifice en feu, à demi-vêtues et nu-pieds, alors que le sol était couvert d’une épaisse couche de neige.

La destruction du couvent causa une bien vive affliction à tous les habitants de la écionie. M. d’Aiïlleboust était alors gouverneur. De concert avoc ceux qui en avaient les moyens, il vint en aide aux Ursulines dans leur détresse. Madamo de la Peltrie et la Supéricure, son amie, n’épargnèrent rien pour faire rebâtir leur couvent. Des secours leur furent envoyés de France à cet eff t, si bien qu’au bout d’un certain temps, un autre édifice se trouva construit sur'les fondements de l’anvien. La Supérieure elle-même survoillait les travaux au fur ot à mesure qu'ils avançaiont,

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Souvent les classes do jeunes filles, tant indiennes uo françaises, se tenaient sous l’ombrage d’un gros eu s'élevait près de là, et qu’on pouvait encore voir, il y a pou d'années, sur l'emplacement qu’occupe le couvent, bien qu'il eût plus de 500 ans d'existence.

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