CHAPITRE XVIII
M. de Maisonneuve.—Fondation de Ville-Marie (Montréal.)
93. Environ trois ans après la fondation de l’Hôtel- Dieu et du couvent des Ursulines à Québec, un gentilhomme, M."de Maisonneuve, arriva de France. Il avait été choisi pour amener des colons, et pour fonder des établissements sur l'ile où s'élevait le Mont-Royal, et qui avait été lo sito do l’ancienne bourgade indienne Hochelaga. Déjà l’on avait commencé à donner à ce territoire le nom qu'il porte aujourd'hui, car la Compagnio qui avait envoyé M. de Maisonneuve, était
ésignée sous le titre de ‘ Compagnie de l'ile de Montréal." |
Maisonneuve amena avec lui environ 50 hommes, capables à la fois de cultiver le sol et de faire usage d'armes de guerre. Lui et ses compagnons fondèrent, le 18 Mai 1642, le premier établissement de l'ile, et lui donnèrent le nom de Ville-Marie. Cet établissement était un peu plus rapproché de la montagne qu'Iochelaga ; il devint plus tard le site de la cité moderne, Montreal.
94. Maisonneuve était un homme réellement brave et sincèrement pieux. Il avait devant lui une bien rude tâche : les roquois, comme un fléau, inquiétèrent les premiers colons. Ces Sauvages rodaient partout dans les alentours, épiant l’occasion de tomber sur los défricheurs et de les scalper. Au fait, les Français n'osaient jamais travailler seuls à quelque distance de
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feurs habitations, ou sans avoir près d’eux leurs armes à feu et leurs épées.
On construisit quelques petits forts en bois, dont l'enceinte fut entourée de palissades, pour qu'il fût possible aux colons, lorsque venaient les Troquois, de s’y réfugier aussitôt.
Quelquefois les Sauvages venaient par deux ou trois molester les Français et cherchaient à les attirer hors de l'enceinte pour combattre. Mais de Maisonneuve était trop prudent pour permettre de franchir l’enceinte. Il savait qu’à peine sortis de la ligne de défense, ses gens allaient peut-être trouver devant eux des centaines de guerriers aux aguets pour les accabler. Néanmoins, à force de se voir ainsi harrassés avec tant de tenacité, les Français devinrent impatients. Ils sommèrent leur chef de les mener au combat. Maisonneuve persista dans son refus, jusqu’à ce qu’enfin ses gens en vinrent à dire qu'il avait peur. Le vaillant chevalier vit alors qu’il convenait de prendre le commandement d’une forte escouade de ses hommes pour se mettre à la poursuite de quelques Iroquois. Ce qu'il avait prévu arriva. Les Français se trouvèrent bientôt en présence d’une bande nombreuse d’Iroquois prêts à les recevoir. Dans le combat qui s’en suivit, les Français se virent serrer de près. Plusieurs furent tués, ot, les autres reconnaissant alors leur erreur furent obligés de lâcher pied. Maisonneuve, avec quelques officiers d'élite, couvrit la retraite. Il se retira lentement, abattant les Sauvages qui s’approchaient, et fut le dernier.à s’abriter derrière les défenses. A dater de . ce jour, ses gens cessèrent de faire fi de ses avis, ou de l’accuser de lâcheté. L'endroit où l’action fut la plus chaude est celui qu'on appelle maintenant la Place d'Armes. L’affaire eut lieu le 30 Mars 1664.
95. Maisonneuve fit à plusicurs reprises le voyago de France, afin de se procurer plus de colons et de soldats, Il était aidé de M. d’Ailleboust, depuis gouverneur, A force de vigilance et de bravoure, il réussit à empêcher que l'ilo fut entièromeut ravagée par les Iroquois.
C'était un homme très-pieux comme Champlain. Il décida des religieux et des religieuses à quitter la France pour venir se fixer à Ville-Marie.