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CHAPITRE XIX

Les Missionnaires—Guerre entre les Iroquois ct'les Indiens du Canada.

99. Nous avons maintenant à parler, de nouveau, des missionnaires. Ces hommes, comme le jeune lecteur le sait déjà, étaient les ministres de la religion que la France avaient envoyés vivre au milieu des Sauvages.

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C’étaient des hommes pour qui personne ne peut s’empêcher d’éprouver la plus profonde admiration. Ils cntrèrent dans l'exercice de-leur ministère sacré, joyeusement et pleins de zèle. Ils n'ignoraient point pourtant qu'ils auraient à affronter bien des périls dans leurs longs voyages à travers les déserts, à braver les fatigues. la cruauté, peut-être même une mort douloureuse, dès leur arrivée chez les tribus indiennes. Cependant, ils ne reculèrent jamais devant le danger de passer leur vie avec elles, dans leurs huttes malpropres, sans autre nourriture que les aliments les

lus grossiers, et endurant sans plaintes la rudesse de eurs habitudes et de leurs manières.

Les cours des rivières étaient alors les seules voies ouvertes au voyageur. Dans les endroits où l’eau manquait de profondeur et où il y avait des rapides, les missionnaires avaient à aider au portage des canots, le long des rives. Chacun portait en outre un ballot ou paquet contenant les vivres, les vêtements et les autres objets indispensables à l’œuvre du missionnaire.

100. Vers l’année 1644, aïors que la guerre sévissait dans toute sa fureur entre les Iroquois et les Indiens du Canada, le pays fut partout en proie aux plus vives alarmes et plongé dans la détresse la plus profonde. Ni les Frauçais, ni les Sauvages, leurs alliés, n'étaient épargnés par les Iroquois toutes les fois que ceux-ci pouvaient les atteindre. Cependant les missionnaires intrépides allaient et venaient d’un point à l’autre entre Québec et les régions lointaines du Haut-Canada et du Lac Huron.

101. Quelques années plus tard, il devint évident que les [roquois avaient le dessus sur les Hurons et les Algonquins. Force fut à ces derniers de quitter les grands fleuves Outaouais et St. Laurent, ainsi que les Cantons où se faisaient ordinairement leurs chasses. Ils se virent même attaqués dans leurs, propres établissements et dans leurs bourgades. Quoi qu’il en fût, les fidèles missionnaires ne voulurent point les abandonner, comme on aurait pu s’y attendre, et il n’y en eut

pas peu qui risquèrent ainsi leurs jours et moururent victimes de leur dévoument. Nous donnerons dans le prochain chapitre quelques détails sur la fin de plusieurs de ces hommes si courageux et si. dignes d'estime.

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