CHAPITRE XXIX
4 La Petite Guerrc./”’—Massacres aux établissements Anglais,
143. Le retour de Frontenac ranima les espérances du peuple. Il fallait de toute nécessité faire quelque chose sur-le-champ pour sauver la colonie. Mais le gouve.nour avait trop peu de soldats pour mettre aucun grand projet à exécution. Il conçut dene le
lan de faire du mal à l'ennemi au moyen de ce que les Français appelaient “ la petite guerre,” et qui consistait à envoyer des bandes canadiennes et sauvages se battre derrière les arbres ct les buissons de la forêt et fondre à l’improviste sur les établissements dont les habitants n'étaient pas sur leurs gardes. Parfois, ce n'était qu’une alarme. Mais le plus souvent, il y avait des gens tués ct scalpés, ‘les prisonniers, des maisons et des récoltes brüléex, du Létail enlevé. Après avoir fait tout le mal possible dans un endroit, les envahisseurs 86 hâtaient de regagner leurs foyers ou de se porter sur d’autres places pour faire la même chose.
frontenac, disons-nous, résolut d'adopter ce genre de gucrre contre les colons anglais pendant l'hiver de
144. On leva trois partis de guerre. T'un devait marcher contre les établissements anglais de l’'Iudson. Un second devait envahir la région comnue maintenant sous le nom de Nouveau-Hampshire. Le troisième, qui était le plus fort, devait opérer sur tout le pays compris entre la rivière Chaudière et la cûte maritime, à la Baie de Casco.
Nous ne parlerons ici que des particularités du premier mouvement—celui qui se fit contre les Anglais de l’Iludson.
Vers la fin de janvier, deux cents hommes environ, tant Français que Sauvages, quittèrent Montréal par la route du Richelieu et des lacs Champlain et St. Sacrement. De là, ils poursuivirent leur marche dans la direction de la rivière Hudson. Voyageant en raquettes à travers marécages et forêts, ils souffrirent
Chevelure.
beaucoup du froid et de la faim. Enfin, ils arrivèrent presque épuisés à proximité d’un bourg appelé Corlaër, et nommé depuis Schenectady. Le besoin de nourriture et l'intensité du froid les auraient forcés à demander secours à ceux qu'ils venaientattaquer; mais il faisait nuit, et les habitants ne craignant aucun mal, étaient allés se reposer sans poster de sentinelle. Les Français et les Indiens se précipitèrent dans la place. Après avoir mis le feu aux maisons et tué un grand nombre des habitants qui cherchaient à échapper aux flammes, ils firent les autres vrisonniers, au nombre d'environ soixante personnes. Quant aux chevaux, bestiarx et butin de toute sorte, tout fut saisi etenlevé. On tiovuva environ trento froquois dans le bourg, et, pour leur prouver quo l'uttuque n'était pas dirigée contre eux,