‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 43 sur 88 · JU 111 € CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

JU 111 € CHAPITRE XXX

1 Siêge de Québec par l’Amiral Phipps en-:1690.

| | { | k | | | | | .46. Le 16 octobre 1690, une flotte de 35 vaisseaux, | portant 2000 soldats, faisait son apparition devant | | Québec. L'objet pour lequel elle venait était de pren- | dre la ville, et ainsi de porter le dernier coup à l’existence de la colonie Française du St. Laurent. L’amiral Phipps, qui la commandait, envoya à terre un officier | porteur du message suivant, savoir: 10 “que la cruelle | condu te des colons français et des sauvages envers | fl leurs sujets avait forcé Guillaume et Marie d’Angleù | terre à expédier une flotte ctuse armée dans le but de 1 M prévenir dorénavant le retour de semblables atrocités ; L 20 que le Fort St. Louis et la ville, y compris tous les | habitants et leurs biens devaient être remis dans nne ll heure.” Ce message fut lu à haute voix par l'officier qui avait été amené au Fort, devant Frontenac et ses | officiers. Après lecture, l'officier anglais tira sa mon- | tre, et la tenant sous les yeux du gouvernexr, il lui fit | observer qu'il était 10 heures, et qu’il attendrait une | réponse jusqu'à 11.

Tous les assistants furent indignés de l'audacieuse | | conduite de l’oflicier. Frontenac répondit d’un air

sarcastique que le roi Guillaume était un usurpateur. et que les Français, en attaquant les colons Anglais, n'avaient fait que combattre des gens en état de révolte contre leur souverain légitime, Jacques IT; quant à Phipps, c'était un homme dont la parole ne pouvait inspirer aucune confiance. Lorsque l'officier demanda une réponse, Frontenac répliqua fièrement: ‘“ C’est par la bouche de mes canons que je répondrai à votre maitre.” Sur ce, l'officier anglais s’en alla rejoindre la flotte, et bientôt le feu commenca.

Pendant huit jours, jusqu'au 24 octobre, le siége continua. Le canon de la flotte tira sur la cité, et des troupes furent débarquées à l'embouchure de la rivière St. Charles. Mais les vaisseaux de l'amiral souffrirent plus du feu de l'artillerie de Frontenac qu’ils ne purent causer de dommages à la ville. Les troupes débarquées sur les bords de la rivière St. Charles furent reçues par la milice canadienne qu’on avait fait venir de Montréal et des Trois-Rivières. Frontenac tenait sous sa main les soldats réguliers, mais ils n’eurent

resque rien à faire. Rangés en ordre de bataille sur es pentes du promontoire qui domine la rivière St. Charles, ils voyait au dessous d’eux les troupes tuglaiges et la milice canadienne en escarmouche parmi les rocs et les broussailles. Il n’y eut aucune bataille réglée sur terre, mais les Anglais s’apercurent qu'ils ne pouvaient pas s'approcher de la ville de ce côté là.

Finalement, Phipps se retira avec sa flotte et les troupes, après avoir perdu environ 690 hommes, tant tués que blessés; et, le 24 octobre, les habitants de Québec voyaient le dernier des vaisseaux anglais descendre le fleuve ot disparaitre. Inutile de dire que ce spectacle fut pour eux un grand sujet de joie; ils saluèrent leur vieux gouverneur du titre de “ Sauveur du pays.”

Quelques semaines après, on apprit à Québec que les vaisseaux de Phipps, assaillis par les tempètes, s'étaient pour la plupart perdus dans le golfe du St, Laurent.

147. Nos jeunes lecteurs apprendront avec intérêt une ou deux autres particularités relatives au siégo de Québec par l’amiral Phipps.

Un officier français nommé Ze Moine de Ste. Iélène, pointa le canc.. qui le premier alla frapper le pavillon de l'amiral et l’abattit. Quelques jeunes Canadiens, le voyant flotter au gré du courant, se jetèrent à la nage pour l'aller chercher cet le rapportèrent à terre, sans avoir essuyé aucun mal de la fusillade à laquelle ils avaient servi de point de mire. Ce drapeau fut placé dans l’église paroissiale où il resta suspendu jusqu'à ce que les Anglais l’eussent fait descendre, en 1759, époque à laquelle ils devinrent maitres de la ville.

Ce même officier que nous venons de nommer comme ayant abattu le pavillon amiral, mourut des suites dos blessures qu'il avait reçues pendant le siége. C’est lui qui commandait le corps de Français et de Sauvagos au massacre de Corlaer ou Schencectady. C'était certainement un homme de très-crande bravoure; mais les avis sont partagés en ce qui concerne son mérite

dans la part qu'il a prit cette épouvantable affaire.

En France, on resut avec grande joie la nouvelle de la défense de Québec. Frontenac fut regardé commo un héros. Le roi ordonna qu’une médaille fût frappée en honneur de l'événement. On bâtit à la Basse-Villo une nouvelle église du nom de “ Notre-Dame de la Victoire.”

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