‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 44 sur 88 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Frontenac châtie les Iroquois.—Ses relations avec les Indiens.— Sa mort en 1698.

148. La guerre continuait entre la France et l’Angleterre. Les colons respectifs des deux puissances se maintenaient aussi en état d’hostilité active. Mais c'était surtout cette sorte d’hostilité dont nous avons déjà parlé sous le nom do petite querre. Frontenac n’épargna rien pour gagner les Iroquois. Ainsi qu’on

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l'a déjà dit, ils le craignaient. Cependant, il ne put réussir à les détacher du parti des Anglais, ni à obtenir leur neutralité. Encore moins put-il les décider à se joindre aux Français contre les colons Anglais. En même temps, il prit des mesures pour se faire autant d'amis que possible chez les tribus indiennes de l'ouest et en cela il réussit à souhaïit, car les sauvages le respectaient généralement à cause de sa nolle conduite dans la défense du Canada. Frontenac, trouvant donc qu'il était impossible de gagner les Iroquois, et qu'ils ne voulaient pas cesser de maltraiter les tribus de l’ouest, amies des Français, résolut d’envahir leurs établissements.

149. 2000 hommes, soldats, miliciens et Sauvages furent rassemblés à l'ile Perrot, au-dessus de Montréal. Des radeaux et. des chaloupes furent préparés pour le transport des provisions et de tout ce dont on. peut avoir besoin en temps de guerre. . L'armée, aveo ses approvisionnements, fut conduite, par voie du lac Ontario, à un lieu de débarquement situé. à l’embouckure de la rivière Chouagen, aujourd’hui Oswego.

Quoique âgé de 76 ans, Frontenac commandait en

ersonne.” il avait sous lui MM. de Callière et de

audreuil qui depuis devinrent gouverneurs. Dans .

les marches, il.se faisait porter enilitière, et lorsqu'il y avait des.courants rapides à traverser, on le plaçait sur le dos d’un soldat robuste. Traey avait attaqué les Mohawks, Denonville les Senécas; cette fois c'était contre les Onondagas et les Oncidas que Frontenac conduisait ses hommes. . Les Sauvages n'attendirent pas l’arrivée des Français pour combattre ; mais ils s'enfuirent en toute hâte dans ies forêts pour y trouver un refuge. Comme par le passé, les Français brt:làrent donc les villages et détruisirent les récoltes. Quand on eut fini de dévaster les établissements des Onondagas et des Oneidas, tout le monde s'attendait à ce qu'une attaque serait faite contre les Cayugas et les Mobhawks. Mais le gouverneur modifia tout-à-coup ses plans et pensa qu'il n'était vas sans Fanger de

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tenter trop dans uno seule campagne. En conséquence il donna ordre de faire retraite, et l’armée reprit la route du St. Laurent.

L'expédition de Frontenac contre les Onondagas et les Oneidas fut faite dans l'été de 1696. Elle eut pour eftet de rendre les [roquois moins incommodes.

150. Dans le cours de l’année qui suivit l’attaque de Frontenac contre les Iroquois, la paix fut conclue entre l'Angleterre et la France. En conséquence, les

ouvernements respectifs des colonies Anglaises et ‘rançaises recurent instructions de cesser les hostilités.

Mais les Iroquois ne se considérèrent nullement comme engagés par les conditions agréées de part et d'autre par la France ct l'Angleterre. Ils prétendirent être indépendants de l’une aussi bien que de l’autre. Frontenac et le gouverneur Anglais essayèrent donc encore de les «ttirer, chacun dans son parti.

151. Une des grandes préoccupations de Frontenac, e’était d'encouragèr le trafic avec les tribus de l’ouest. Les Anglais travaillaient dans le mème sens, et les Iroquois désiraient rester neutres et trafiquer avec tout le monde.

La direction des affaires relatives aux Iroquois et aux tribus de l’ouest donna toujours beaucoup de traeas et de peine à Frontenac. Pourtant tous les chefs Vadmiraient. Malgré son grand âge, il prenait une part active à leurs réunions, à leurs fètes et à leurs entretiens. Parfois même, se joignant à eux dans leurs chansons de guerre et dans leurs danses, il imitait leurs gestes et leurs cris. Inutile de dire que tout cela plaisait fort aux sauvages.

Pendant la traversée qu’il fit pour venir de France, en 1689, Frontenac amena avec lui plusieurs des chefs jadis envoyés par Denonville aux galères du roi et maintenant relâchés. Il les traita le long du voyago avec une telle bienveillance que toujours depuis ils parlèrent à leurs guerriers en faveur du gouverneur et des siens. Un des chefs es Onondagas se nommait Garakonthié. Il avait été en connaissance et en relations

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avec Tracy, Courcelle, d’Avaugour, de la Barre et Frontenac qui faisait le plus bel éloge de son éloquence et de ses manières. Un autre chef fameux, le Huron Kondiaronk, dont le nom a déjà été mentionné, disait de Frontenac que c'était un des deux seuls Français avec qui il valait la peine d’avoir des rapports, à raison de leur belle intelligence et de leur noble caractère. Bref, aucun Français, depuis le temps de Champlain, ne fut tant prisé par les chefs indiens, Abénakis, Iroquois ou Hurons. Les chefs des tribus de l’ouest le regardaient aussi comme s'il était quelque chose de plus qu'un mortel.

152. Le Gouverneur Frontenac mourut à Québec le 28 novembre 1698, à l’âge de 78 ans. Son corps fut

nseveli dans l’église des Récollets. Subséquemment,

Fédifice ayant été consumé par l'incendie, ses restes furent transférés à l’église paroissiale française.

Quoique les habitants de la colonie le considérassent comme le sauveur du pays, c'était une homme trèshautain dans ses manières. Il était d’une excessive sévérité à l’égard de ceux qui ne partageaient pas son opinion, aussi eut-il des ennemis acharnés. La milice canadienne et les soldats avaient pour lui un attachement sans bornes. D'un seul mot, il pouvait produire sur eux un plus grand effet que d’autres avec de longs discours Tous étaient enchantés de sa bravoure et de son activité. Dans sa manière de vivre, il visait à être, à Québec, ce que le roi Louis XIV était à Versailles.

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