‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 52 sur 88 · CHAPITRE XXXVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIIL

Triste sort des Acadiens, | 173Nous n'avons pas encore fini de raconté Jos événements de 1755. Outre ceux qui se produisirént endant la guerre, dans la vallée de l'Ohio ot au lao George, il y en eut d’autres bien tristes on Acadie ou Nouvelle-Ecosse. IL y avait plus de 40 ans que la Nouvelle-Ecosse était province anglaise, la France en | ayant fait la cossion à la Grando-Bretagno en 1713. | quo toute sa population était française, Que los

‘habitants fussent loyaux envers la couronne britanniquo de cœur ou non, les gouverneurs des colonies de Ja Nouvelle-Angleterre les traitaient en sujets mécontonts. De plus, iorsque l’Angleterre et la France ou leurs colonics étaient en guerre, on se tenait pour sûr que les Acadiens soutiendraient les Français plutôt que les Anglais. En conséquence, dans le cours de l'année dont nous parlons, les gouverneurs des colonies anglaises résolurent de me à jamais court aux craintes que leur inspiraient les Acadiens. Nos jeunes lecteurs seront chagrins, sinon surpris d'apprendre la manière dont cette résolution devait s’exécuter. On décida d'éloigner les malheureux habitants de leurs foyers ct do leur patrie. Quelques-uns devaient être transportés dans lo Massachusetts, d’autres dans les provinces de New-York, de Pennsylvanie, de Virginie et do Maryland. Puis, la transportation de tous les anciens habitants effectuée, on devait les remplacer par une population tirée des autres colonies anglaises. 174. Aux jours fixéi, les familles de toutes los localités principales rezurent ordre de se réunir dans leurs églises près dosquelles stationnaient des corps de troupes. Puis, les officiers firent savoir aux Acadiens qu'il leur fallait abandonner terres, bétail et autres biens, excepté leurs articles de literie, leur vaisselle et leur argent, et qu'eux mêmes allaient être transportés Join de l’Acadio. On poat juger combien une semblable nouvelle dut consterner les malheureux Acadiens. Quelques-uns s’échappèrent et se sauvèrent dans les bois pour ne pas être forcés d'abandonner leur chère atrie. La plupart, néanmoins, furent embarqués, à ifféronts points, sur la côte, ou à la baie de Fundy. S'il se manifestait quelque indice de mauvais vouloir do la part des Acadiens, les soldats y mettaient ordre sans peine. C’est ainsi qu'on entassa, dit-on, dans les vaisseaux anglais des hommes, dos femme: et dos enfants, au nombrode plusieurs milliers. Dans plusieurs cas, il arriva que des membres de Ja même famille furent séparés los uns des autres.

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Finalement, les navires mirent à la voilo et s’éloièrent. Il va sans dire qu’une telle besogne était loin ’être agréable aux sentiments d'humanité des officicrs, soldats et marins chargés de l'accomplir ; maisil fallait ne aux ordres, quelque désagréables qu'ils pussenttre.

Les Acadiens ainsi enlevés de leur patrie furent débarqués sur les côtes des diverses colonics do la Nouvelle-Angleterre, où ils reçurent, dit-on, un accuoil hospitalier de la part des colons. Suivant quolques écrivains français, il n’y eut pas moins do 7000 Acadiens transportés à la Nouvello-Angleterro, mais on a de bonnes raisons pour croire qu'il n’y on eu pasrécllement plus de trois à quatre mille.

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