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CHAPITRE XXXVII

Les généraux Johnson et Dieskau.—Les Indiens.

171. Dans le cours de la même année 1755, les solons Anglais envoyèrent une armée attaquer les Français sur le lac Champlain. Ceux-ci y possédaient ane forteresse nommée St. Frédéric; il y avait aussi

‘ an autre poste connu sous les noms de Carillon et

T'iconderoga, situé, à une petite distance, au sud du lac Champlain, sur la pointe de terre qui sépare ce lac du lac St. Sacrement. Ils y placèrent de l'artillerie, des provisions et des hommes.

172. Les troupes envuyées de France pour secourir les Canadiens étaiont commandées par le baron Dieskau. Ce général se dirigea vers le lac Champlain avec trois mille hommes, tant soldats que milices et Indiens, dans le but d'empêcher que les postes St. Frédéric et Ticonderoga, défendus seulement par des forces peu considérables, ne tombassent au pouvoir des Anglais. Tl'arriva à temps. Les Anglais, dans leur marche vers

le nord, n'avaient encore atteint que la pointe sud du

Jac St. Sacrement.

Dieskau porta alors une partie de son armée au délà du lac St. Sacrement, afin de tomber sur le fort Lydius que les Anglais venaient de construire. En route, il rencontra une partie de l’armée anglaise, sous Îles

ù AS

Carte des Lacs St. Geo ges ct Champlain.

ordres du général Johnson. C'était le 8 dt 1555. Une bataillo sanglante s’engagea. D'abord, un: corps considérable- de milices anglaises et d’Iroquais fut repouseé; mais ensuite Dieskau fut battu. Luimême atteint de graves blessures fut fait prisonnier. Le général Johnson élova.sur le champ de bataille un fort auquel il donna lo nom de William Henry. ::Ce

d du

fort, qui fut aussi appelé le fort George, devint plus | delà tard unc place importante. Johnson donna au lac St. ydius - Sacrement le nom de lac George te, ‘il Il se livra plusieurs autres combats entre les Fran. s (os çais et les Indiens, d’un côté, et les Angluis de l’autre.

172. Dans les batailles dont nous avons parlé, on employait des Sauvages de part et d'autre. Ilsrervaient de messagers et d'éclaireurs dans les marches a travers les forèts, et fournissaient des informations sans être vus de l’ennemi. Mais on ne saurait entendre sans horreur le récit de leurs cruautés à l'égard des blessés qui tombaient entre leurs mains. Ils se Joignaient aux troupes des deux armées belligérantes dans le but de

iller et d'enlever les chevelures. Quelquefois, lorsqna es Anglais et les Français faisaient des prisonniers, c'est à peine si l’on pouvait empêcher les sauvages de

Couteau à scalper rouillé qu’on a trouvé enterré à peu de distaure du Fort William Henry.

les saisir cumime une proie qu'il leur appartenait. Le énéral Johnson lui-même eut de la difficulté sauvor a vie au baron Dieskau que se3 Indiens, los Iroquois, réclamaient et voulaient prendre do force. Lo blessé fut mis dans une tente autour do laquelle fut postée une garde de soldats. Malgré toutes ces précautions, un sauvage trouva le moyen de ec glisser en rampant jusque duns la tente, ot tâcha de tuer Dicskau é'endu sur su couche. À l’issuc d’une action, il était impossible d'empècher les Indiens de ro répandre sur le champ de bataille, de tuer les blessés, do dépouiller les cadavres et d'emporter toutes les chevelures. Les soldats Anglais qui n'avaient pas vécu dans les colonies avaient plus pour des Sauvages quo dos Fran’ais Le cri de guerre indien et le couteau à scalper leur sem-

blaient plus terribles que n'’importo quels sons ce!

quelles armes. :

Les Indiens auxiliaires des Français dans les luttes: : de cos derniers contre les colons Anglais, appartenaient : à diverses tribus de l’ouest; il en venait aussi des régions des grands lacs et du Haut-Outaouais. En outre de ces peuplades, les Français avaient les Hurons et les Abénaquis, ainsi que les Iroquois convertis, domiciliés à Caughnawaga ou Sault St. Louis. On ne | pouvat.pas toujours 5e fier à ceux.ci, lorsqu'ils avaient

combattre les Iroquois auxiliaires des Anglais. Dieskau dit que ce fut là la cause principale de sa | défaite.

| Les Indiens qui combattaient à côté des Anglais étaient des Iroquois, pour la plupart de la tribu des Mohawks. Ils aimaient beaucoup le général Johnson

et c’est: avec empressement qu’ils envoyaient leurs guerriers combattre sous lui. Cependant, ces Indiens étaient si cruels et si sanguinaires, que nous ne pouvons

que déplorer et condamner la pratique adoptée par

les colons de recourir à leurs services dans la guerre.

Ceux qui s'en servaient étaient parfois dans l’impossi-

bilité de s’en faire obéir. S'ils appartenaient à plusieurs

| tribus distinctes, comme du côté des Français, on ne | pouvait pas toujours les empêcher de se quereller et | de se battre entre eux à propos des prisonniers et du |! butin. Les Français avaient quelquefois avec eux des || guerriers appartenant à plus de vingt différentes tribus,

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