‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 56 sur 88 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

‘ Détresse au Canada.—M. Bigot, Intendant-Royal.

181. Depuis 1754, il n’y avait toujours eu que do mauvaises récoltes au Canada. Joignons à cela que, par suito de la guerre, les travaux des champs avaient dû être faits prir :ipalement par des vicillards ct dos onfants. La pa.ic la plus valide de la population était absente, à l’arméo, depuis les premiers jours du printemps jusqu’à la vonue do l'hiver. Aussi, la nourrituro était raro et chère. La viande de cheval était la scule que bien des familles pouvaient se procurer, ob l’on en vint à fixer la ration de pain à deux ou trois onces par jour pour chaque personne.

La disotte no fit qu'augmenter tous les ans jusqu’en 1758. Alors ce fut la famine. Pour comble de malhour, la petito vérole était très-commune.

cs navires qu'on envoyait de France chargés do

provisions étaient souvent capturés par les Anglais on

60 rendant au St. Laurent.

172. Digot avait à cotto époque la charge d’intendant-royal au Canada. Il était do son devoir d’avoir l'œil à toutes les affaires do finances ct de commerce do la colonio ct do prendre dans les magasins du roi, pour les distribuer aux soldats. provisions do bouche, Ésblllaments ctautrosarticles. Il avait aussi lo pouvoir do fixer les prix d'achat ct do vente do toutes sortos du marchandises. Mais M. Bigot était un malhonnèto intondant. Son proemior soin, c'était de s'enrichir. A

l'aide d’autres fonctionnaires, qui étaient ses agents,

: il réalisa d'énormes profits sur les fournitures destinées

à l’arméo ot aux difiéronts forts. Il usait de son autorité d’intendant pour prendre aux gens de la campagne lours grains ct leurs fourrages, moyennant les prix qu'il avait fixés lui-même.

Par ces moyens, M. Bigot et ses agents firent de grosses fortunes.

La conduite do Bigot paraîtra bien plus mauvaise, pus on saura quo les troupes régulièro:et les milices

taiont souvent à court de vivres, de hardes ct d’autres articles de première nécessité, tandis qu'il en faisait payer fort cher au roi des quantités beaucoup plus considérables qu’elles n’auraicnt pu consommer.

On rapporto qu'au temps mêmo où l'armée et le peuple souffraicnt du marque de nourriture, lui ct ses agonts monaicont la vio la plus somptucusc.

Avant de prendre congé de cet homme, il est bon de

‘dire qu’il fut subséquemment traduit devant les tribu. “naux en France et puni.

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